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Ingérences russes : l'enquête avance, un ex-proche de Trump coopère

Michael Flynn, ancien conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, a plaidé coupable pour avoir menti au FBI et accepté de coopérer avec la justice.

Donald Trump en conférence de presse à la Trump Tower (New York) le 15 août 2017.

L'enquête sur l'affaire sur l'ingérence russe a connu un spectaculaire coup d'accélérateur vendredi 1er décembre. Michael Flynn, ancien conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, a reconnu avoir menti au FBI et accepté de coopérer avec la justice. L'ancien lieutenant-général a plaidé coupable en milieu de matinée, devant un juge fédéral à Washington, d'avoir notamment fait de fausses déclarations aux enquêteurs sur ses conversations avec l'ambassadeur de Russie, Sergueï Kisliak. 

D'après les documents d'accusation, cet ancien proche du président américain aurait obéi aux instructions d'un "très haut responsable" de l'équipe de transition présidentielle. Selon plusieurs médias américains, il s'agirait de Jared Kuschner, l'époux d'Ivanka Trump, la fille du locataire de la Maison Blanche. 

J'accepte l'entière responsabilité de mes actions

Michael Flynn, ancien conseiller de Donald Trump
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Les contacts avec l'envoyé de Moscou sont postérieurs à la campagne électorale et à la victoire de Donald Trump. Michael Flynn se voit par ailleurs reprocher d'avoir dissimulé qu'il a tenté d'influencer un vote du Conseil de sécurité de l'ONU sur la colonisation menée par Israël. Ces manœuvres intervenues fin 2016 devaient affaiblir l'action de Barack Obama, à l'époque encore président des États-Unis. 

Par ses omissions et fausses déclarations, Michael Flynn est accusé d'avoir "entravé" l'enquête ultrasensible du FBI sur une possible connivence entre Trump et Moscou, a dit le procureur. "Les actions que j'ai admises aujourd'hui devant le tribunal constituent une grave erreur, a expliqué Michael Flynn dans un communiqué. J'accepte l'entière responsabilité de mes actions." Il est la quatrième personne proche de Donald Trump à être mise en cause dans cette enquête menée par Robert Mueller

Un témoignage décisif

Ces révélations ont mis en ébullition la capitale américaine et fait chuter Wall Street. Le Dow Jones a baissé de plus de 1%, avant de réduire ses pertes. Quelles informations cet homme de 58 ans aux traits sévères s'est-il engagé à livrer aux enquêteurs ? Jusqu'où ira-t-il pour échapper à la prison ? Mettra-t-il directement en cause des proches de Donald Trump, voire le président lui-même ?  

La vaste enquête sur l'ingérence de la Russie dans la présidentielle de 2016 - et l'entente présumée entre des proches de Donald Trump et Moscou - fait peser une lourde épée de Damoclès au-dessus du 45e président des États-Unis. Si le procureur parvenait à prouver une collusion avec la Russie, une procédure de destitution du président ne pourrait être exclue. Michael Flynn a plaidé coupable d'avoir notamment fait de fausses déclarations aux enquêteurs sur ses conversations avec l'ambassadeur de Russie, Sergueï Kisliak.  

Ancien général poussé à la démission du gouvernement Trump, il est connu pour son indulgence à l'égard de la Russie et sa ligne très dure face à l'extrémisme islamique. Durant la campagne, il encourageait avec virulence les foules à crier "Enfermez-la !" à chaque évocation de la démocrate Hillary Clinton. Au final toutefois, les contacts révélés vendredi n'ont pas conforté la thèse d'une concertation entre les Russes et l'entourage de Donald Trump pour truquer l'élection. Et les médias se demandaient pourquoi Michael Flynn avait pu mentir au FBI sur ces conversations. 

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