2 min de lecture Ecosse

Indépendance de l'Ecosse : un sondage qui résonne au Canada

Et si le référendum sur l'indépendance de l'Ecosse insufflait de nouveau un élan au sein des partisans d'un Québec souverain ?

Un "Oui" pro-indépendance à la frontière entre l'Ecosse et l'Angleterre le 11 septembre 2014 (image d'illustration).
Un "Oui" pro-indépendance à la frontière entre l'Ecosse et l'Angleterre le 11 septembre 2014 (image d'illustration). Crédit : LESLEY MARTIN / AFP
Nicolas Marischaël avec sa famille dans son atelier-boutique
La rédaction numérique de RTL
et AFP

Redoutée par les fédéralistes canadiens, croyant l'idée indépendantiste morte à jamais au Québec, la perspective d'une victoire du "oui" en Ecosse donne en revanche du baume au coeur aux partisans d'une province francophone souveraine.

"La victoire du 'oui' pourrait redonner un élan au Parti québécois" (PQ), chassé du pouvoir au Québec ce printemps après une cuisante défaite, juge André Lamoureux, politologue et professeur à l'Université du Québec à Montréal. De fait les chefs de ce parti osent reparler d'indépendance, un mot encore tabou il y a peu.

"Redonner le goût de l'indépendance aux Québécois"

Ah si seulement le référendum écossais s'était tenu "avant celui que nous avons eu au Québec en 1995", se prend à rêver Jean-François Lisée dans une récente tribune au GuardianStratège à l'époque de la campagne du "oui", et aujourd'hui candidat potentiel à la direction du PQ, il a insisté mercredi 10 septembre sur l'objectif de "redonner le goût de l'indépendance aux Québécois".

Au terme d'un voyage en Ecosse en juillet, son concurrent au sein du parti indépendantiste, Bernard Drainville, a proposé un plan stratégique pour reprendre le pouvoir dès 2018 et tenir un référendum en 2023. Une chose est sûre, le pragmatisme écossais inspire les Québécois, bien décidés la prochaine fois à poser la question clairement aux électeurs. 

Lors d'une première expérience en 1980, la question référendaire était si alambiquée, le texte comportait pas moins de 114 mots, que certains y avaient vu la raison de l'échec. Puis lors d'un second référendum en 1995, plus courte mais guère plus claire, la question a été rejetée à une très faible majorité (50,58%), laissant la province francophone dans la confédération canadienne.

Une nouvelle consultation populaire est risquée car "une défaite à un troisième référendum serait catastrophique pour la cause de l'indépendance au Québec", assure par ailleurs André Lamoureux.

Nouveau souffle

L'onde de choc des sondages donnant du crédit à une victoire des indépendantistes écossais se répercute jusqu'au Canada, membre du Commonwealth. Il y a bientôt 20 ans, les Canadiens se perdaient en conjectures sur les conséquences d'un Québec indépendant, "maintenant, grâce aux Ecossais, nous sommes sur le point de le savoir", écrit l'éditorialiste Andrew Coyne dans le quotidien National Post.

"Quoiqu'il arrive le 18 septembre, au moins une chose est sûre : le référendum en Ecosse servira de modèle pour le Québec et le Canada" dans la perspective d'une nouvelle consultation populaire des huit millions de Québécois, note Lysiane Gagnon, éditorialiste du premier quotidien canadien Globe and Mail.

Mais le Premier ministre et fédéraliste conservateur Stephen Harper a manifesté il y a quelques jours à Londres son inquiétude, estimant que chacun devrait intimement se demander quelles sont "les choses qui comptent vraiment dans (sa) vie" avant de savoir si les réponses seraient apportées par "la partition d'un pays comme le Canada ou le Royaume-Uni", ajoutant que la partition du Royaume-Uni ou du Canada n'apporterait absolument rien au monde et "ne servirait pas les intérêts des individus de ces pays".

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