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Hongrie : trafiquants, barbelés, xénophobie... Le parcours du combattant des migrants

EN IMAGES - La Hongrie est au cœur du défi migratoire qui inquiète l'Europe et ses dirigeants. Des milliers de personnes tentent de franchir le territoire magyar pour rejoindre la Suède ou l'Allemagne.

Un groupe de migrants syriens rejoignants la Hongrie par la Serbie Crédits : Philippe Maillet | Date : 31/08/2015
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Un groupe de migrants syriens rejoignants la Hongrie par la Serbie Crédits : Philippe Maillet | Date : 31/08/2015
Des centaines de migrants longent cette zone proche de la ville de Röske Crédits : Philippe Maillet | Date : 31/08/2015
Depuis dimanche 30 septembre, les policiers hongrois leur demande de se déplacer en file indienne Crédits : Philippe Maillet | Date : 31/08/2015
Des militaires en train de construire la clôture de 4m entre Serbie et Hongrie à Asotthalom Crédits : Philippe Maillet | Date : 31/08/2015
Un groupe de migrants syriens rejoignants la Hongrie par la Serbie Crédits : Philippe Maillet | Date : 31/08/2015
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Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud
et Brice Dugénie

La Hongrie continue d'être un carrefour pour de nombreux migrants. Lundi 31 août, un train hongrois transportant entre 300 et 400 migrants à destination de Munich a été bloqué à la frontière autrichienne peu après son départ de Budapest, a annoncé la police autrichienne. "Il y a à peu près 300 à 400 migrants à bord. Ils sont en train d'être débarqués", a déclaré le porte-parole de la police Roman Haslinger. Les migrants qui ont déposé une demande d'asile en Hongrie seront renvoyés à Budapest, où ils doivent attendre, selon les règles européennes, que leur dossier soit traité, tandis que les autres seront autorisés à continuer leur route, a-t-il précisé.

Les migrants, pour la plupart des réfugiés syriens, font partie des quelque 2.000 personnes qui attendaient dans les gares de Budapest transformées en camps de réfugiés improvisés ces derniers jours. Les autorités hongroises, qui les empêchaient auparavant d'accéder aux trains en l'absence du visa nécessaire pour entrer dans l'espace de libre-circulation Schengen, les ont finalement laissés partir lundi à bord de trains à destination de l'Autriche et de l'Allemagne. À la gare Keleti de Budapest, aucune force de sécurité n'était visible alors que les migrants se précipitaient vers les trains à destination de Vienne, Munich ou Berlin. Des personnes couraient le long du quai pour attraper un train en direction de l'Autriche prévu pour partir. Certaines aidaient à hisser une femme en chaise roulante dans un wagon.

La situation était un peu confuse. Un employé des services de chemins de fer hongrois a tout d'abord refusé de faire partir le train, arguant qu'il était chargé au-delà de la capacité autorisée et que les migrants ne possédaient pas les papiers nécessaires. Le train est finalement parti avec 20 minutes de retard. 

Des kilomètres de barbelés

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Hongrie : trafiquants, barbelés, xénophobie... Le parcours du combattant des migrants Crédit Image : RTL | Crédit Média : Brice Dugénie | Durée : | Date :

Pour résoudre la problématique migratoire, le gouvernement hongrois a souhaité la construction d'un barrage physique : une muraille de barbelés. En théorie, la clôture devrait être terminée mais les travaux ont pris du retard. L'armée hongroise s'affaire pourtant pour monter cette barrière de grillage surmontée de poteaux métalliques ornés de barbelés de quatre mètres de haut. Actuellement il y a encore beaucoup de kilomètres de grillage provisoire d'un mètre et demi seulement. Les migrants tentent donc toujours leur chance dans ces zones. Parmi les migrants, ce sont les plus déterminés, ceux qui veulent échapper à) la police afin de ne pas être enregistrés en Hongrie car ils craignent de devoir rester dans ce pays alors que leur objectif reste de rejoindre l'Allemagne ou la Suède.

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Sur cette frontière figure un autre cas de figure : des passages que les policiers hongrois laissent ouverts pour inciter les migrants à emprunter ce chemin, une façon pour les forces de l'ordre - totalement débordées - de faciliter la prise en charge des réfugiés.

Une Hongrie tiraillée entre xénophobie et solidarité

Les Hongrois sur place qui habitent de petits villages ne sont pas habitués à ces flux migratoires. Des milliers d'Afghans, des Pakistanais, de Syriens qui par groupe de plusieurs dizaines qui marchent sur les routes, dorment sur les places et traversent les jardins en jouant au chat et à la souris avec la police. "Ils ont des couteaux, de la drogue... Ils ont frappé mon adjoint. Maintenant c'est la guerre, explique un garde-champêtre d'extrême droite au micro de RTL. Ils sont partout et agressifs. Certains sont entraînés pour nuire. Mais je n'ai pas peur on est nombreux. On ne veut pas qu'ils traînent par ici. Que ce soient les flics qui les arrêtent ou les trafiquants qui l'en emmènent je m'en fiche mais qu'ils dégagent d'ici".

Un discours très dur et une conséquence direct de la politique anti-immigration du gouvernement hongrois. "Le gouvernement hongrois utilise des arguments primaires pour manipuler les Hongrois en générant de la peur et je pense que c'est dangereux, explique Marc, un autre habitant qui a créé une association pour venir en aide aux migrants. Nous essayons de notre côté d'expliquer à la population que ce n'est pas en haïssant les migrants que la situation va s'améliorer mais que cette haine peut créer une escalade de violence. Un climat qui est devenu particulièrement électrique depuis que les trafiquants ont aussi décidé de quadriller la région en voiture surtout la nuit en quête de plus de migrants et donc de plus d'argent.

Selon les règles européennes actuelles définies par le règlement de Dublin, les demandeurs d'asile doivent rester dans le premier pays de l'Union européenne dans lequel ils sont arrivés dans l'attente du traitement de leur dossier. Les migrants voyageant dans d'autres États-membres risquent d'être renvoyés vers le pays par lequel ils sont entrés dans l'UE. La Hongrie, membre de l'UE mais pas de l'espace Schengen, est devenue la porte d'entrée privilégiée pour les migrants transitant par les Balkans, fuyant la guerre ou la pauvreté au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie.

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