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Hongrie : l'Europe se referme face aux réfugiés

REPLAY - Le blocage du point de passage à la frontière serbo-hongroise symbolise la complexité d'un problème sur lequel les États de l'UE peinent à s'accorder.

Adeline François
Adeline François
Crédit : Maxime Villalonga
Hongrie : l'Europe se referme face aux réfugiés
06:11
Adeline François

Le silence était impressionnant, déchiré à intervalles réguliers par le claquement d'une fixeuse métallique. Journalistes du monde entier, policiers et militaires hongrois ont observé sans un mot les gestes du policier qui a fermé à la tombée de la nuit hier soir la dernière portion encore ouverte de la clôture anti-migrants hongroise, à la frontière avec la Serbie. Plusieurs témoins en font le récit dont Jean Baptiste Chastand dans Le Monde.

Là, près de la petite ville de Roszke, le policier a fixé des barbelés  au wagon obstruant le chemin de fer qui constituait le dernier point de passage. Là même où passait le rideau  de fer il y a près de 26 ans. Quelques heures plus tôt, les policiers avaient subitement bloqué le passage, interrompant dans leur course une mère avec ses deux enfants, soudainement bloqués côté serbe. Elle a vite été rejointe par des dizaines d'autres migrants en larme. Il était trop tard? A minuit est entré en vigueur une nouvelle loi voulue par le premier ministre Viktor Orban pénalisant de trois ans de prison ferme toute traversée illégale de la clôture.

Une complexité qui surpasse les États

L'Europe dépassée est à nouveau en une de la plupart des journaux ce matin.  "Le retour des frontières" titre Le Parisien/Aujourd'hui en France, "Ces pays qui ferment la porte" en manchette de la Dépêche du Midi, et en une du Figaro "Les migrants font voler en éclats l'espace Schengen". Le Figaro publie une tribune de l'ambassadeur de Hongrie en France. "Assez de diffamation", dit il. "La Hongrie ne ferme pas sa frontière aux migrants, elle la sécurise. La situation est devenue  plus difficile à gérer il y a 15 jours" a partir du moment  ou les migrants ont massivement fait savoir qu'ils souhaitaient gagner l'Allemagne et qu'ils n'avaient aucune intention de se soumettre aux formalités administratives hongroises. La Hongrie ne peut-être blamée de la décision de ces migrants qui préfèrent continuer leur chemin vers la frontière autrichienne. On met cote à cote le récit du journal Le Monde et cette tribune et on est face à toute la complexité de cette crise.

On peut y mettre d'autres images aussi ce matin. Des images inédites et sidérantes que propose le site leparisien.fr. Il met en ligne depuis ce matin la vidéo tournée par un journaliste syrien dans les rues d'une ville syrienne dévastée par les bombardements, et les combats. Le reporter avait placé sur sa tête un casque surmonté de 6 caméras, et pendant des heures il a filmé la ville à 360°. Ces images ont été traitées bénévolement par une agence française spécialisée  dans la réalité virtuelle.

Nous sommes Jisr al Choughour  à une vingtaine de kilomètres de la frontière turque. Ici vivaient 40.000 personnes il y a 5 ans, le film est sidérant, et interactif. Avec la souris, on choisit d'un simple clic ce que l'on veut voir. Immeubles effondrés, rues désertes, fracas des détonations au loin, la guerre dans toute sa désolation. Voyeurisme ou nouvelle manière d'informer? C'est un bon moyen de montrer que ce que les réfugiés ont fui, dit une association de soutien aux journalistes syriens. Les internautes se forgeront leur avis, à désormais un clic de l'enfer syrien.

Le miracle du numérique à l'école n'a pas lieu

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Un autre document instructif et paradoxal sème le trouble : un rapport qui ne manquera pas d'interpeller ceux qui ne jurent que par le numérique pour guérir l'école de ses maux , un rapport qui va aussi donner des arguments à ceux qui doutent de la pertinence des nouvelles technologies  dans le champ de l'éducation. L'OCDE a étudié pour la première fois les compétences numériques des élèves de quinze ans et c'est La Croix et 20 Minutes qui s'en font l'écho ce matin. L'étude révèle un constat : le numérique n'a pas fait de miracle à l'école. Les pays qui ont investi massivement dans les tablettes et les ordinateurs n'ont pas enregistré d'amélioration notable des résultats en compréhension de l'écrit, mathématiques et sciences.

Les performances scolaires sont les meilleures dans les pays où les jeunes font un usage modéré des nouvelles technologies à l'école. Faut il pour autant mettre la pédale douce  en matière de numérique se demande La Croix? Tout est affaire de qualité répond l'auteur de l'étude, certains usages sont plus pertinents que d'autres. Utiliser le numérique pour rechercher des informations en classe en vue d'un exposé OK, mais si c'est pour écrire des mails non. Le numérique peut renforcer l'efficacité de ce qui marche mais aussi l'inefficacité de ce qui ne marche pas. Et c'est ainsi que les petits Espagnols sont parmi les plus mauvais des pays développés, eux qui travaillent pourtant chaque jour plus de 30 minutes sur un ordinateur. En cause : la formation des enseignants. A méditer avant la généralisation du plan pour le numérique à l'école à la rentrée 2016 en France.

Taxes sur les box et zones blanches

Le site des Echos revient lui ce matin sur cette taxe annoncée le week end dernier par le ministère de la Culture : une taxe sur les box pour financer l'audiovisuel public. La riposte ne s'est pas faite attendre. Les opérateurs télécoms vont en effet écrire à l'Elysée, à Matignon et à Bercy pour exprimer leur colère et demander rapidement une entrevue avec l'exécutif. C'est dit plus clairement en une de l'Opinion: "2200 communes privées d'internet a cause de la taxe télécom". En fait, les quatre opérateurs avaient conclu un accord au mois de mai pour couvrir ensemble, d'ici à mi-2017, ces derniers pans du territoire où le téléphone portable ne passe pas, on appelle ça les zones blanches. En échange de cette couverture, l'État s'était engagé a préserver la stabilité de la fiscalité, les termes du contrat ne sont plus les mêmes dit un cadre du secteur. Le pdg d'Orange Stéphane Richard dans l'Opinion y voit même une forme de mépris. "Une fois de plus on nous prend pour des vaches à lait".

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