3 min de lecture Grèce

Grèce : l'Eurogroupe s'achève sans accord, le FMI maintient la pression

Les discussions à Bruxelles entre Athènes et ses créanciers pour sortir de la crise ont de nouveau été ajournées, à cinq jours d'un possible défaut de paiement de la Grèce.

Christine Lagarde et Yanis Varoufakis avant la réunion de l'Eurogroupe, le 25 juin 2015, à Bruxelles
Christine Lagarde et Yanis Varoufakis avant la réunion de l'Eurogroupe, le 25 juin 2015, à Bruxelles Crédit : THIERRY CHARLIER / AFP
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et AFP

Les ministres des Finances de la zone euro ont à nouveau échoué jeudi à trouver un accord pour reprendre le renflouement de la Grèce et ont ajourné une énième fois leurs discussions, à cinq jours d'un possible défaut de paiement du pays. Les grands argentiers de la zone étaient réunis pour la quatrième fois en une semaine, au chevet de la Grèce qui bataille avec FMI, BCE et Commission européenne pour obtenir de l'argent frais en échange de promesses de réformes. Au bout de trois ultimes heures d'échanges, ils se sont quittés sans résultat.

"C'est fini pour aujourd'hui. Les institutions et la Grèce continuent à travailler. L'Eurogroupe se réunira plus tard, mais pas aujourd'hui", a twitté le ministre finlandais des Finances, Alexander Stubb. Trois sources ont indiqué à l'AFP que la prochaine réunion pourrait avoir lieu samedi.

L'Allemagne dubitative

"La discussion continue aujourd'hui, demain, avec comme objectif d'arriver à la convergence", a déclaré pour sa part le ministre grec Yanis Varoufakis. Les 19 ministres réunis ont critiqué à la fois les propositions des institutions et celles de la Grèce, a-t-il expliqué.

Son confrère allemand Wolfgang Schäuble avait estimé, à son arrivée à la réunion, que la Grèce et ses créanciers étaient "encore plus éloignés" qu'avant, en dépit des discussions marathon entre les deux parties depuis mercredi. "D'après ce que j'ai entendu aujourd'hui, nous n'avons pas encore fait les progrès nécessaires", a également déclaré la chancelière Angela Merkel, à son arrivée à un sommet européen qui a débuté sensiblement au moment où l'Eurogroupe se terminait.

Tsipras veut y croire

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Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, n'en a pas moins tenu à afficher son traditionnel optimisme en arrivant lui aussi au sommet: "l'histoire européenne est pleine de désaccords, négociations et compromis (...) je suis confiant que nous allons atteindre un compromis qui aidera la zone euro et la Grèce à dépasser la crise", a-t-il affirmé. M. Tsipras avait refusé dans la matinée de donner son feu vert à de nouvelles propositions des créanciers, lors d'une rencontre avec le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, la directrice générale du FMI Christine Lagarde et le président de la BCE Mario Draghi.

"Il y a encore des écarts qui demeurent", a confirmé de son côté François Hollande, jugeant toutefois que les deux parties n'étaient "pas loin d'un accord". Mais il a appelé à ne plus perdre de temps: "il faut savoir terminer une négociation (...) il n'y aurait rien à gagner à laisser trop de temps encore" alors que "la Grèce n'en a plus". Les négociations pourraient durer, mais "un 'happy end' est en vue" a pour sa part assuré le président du Conseil européen, Donald Tusk. Il "faudra encore de nombreuses heures" pour y parvenir, a-t-il toutefois mis en garde. Les chefs d'Etat et de gouvernement, officiellement réunis pour discuter du dossier migratoire et du cas britannique, devraient prendre le relais des discussions.

Le mur se rapproche

Porté au pouvoir sur un engagement anti-austérité, M. Tsipras a toujours défendu la nécessité d'un arbitrage politique au plus haut niveau sur le sort de la Grèce. D'autant que les points d'achoppement ne varient pas vraiment depuis des mois, centrés sur le champ d'application de la TVA et son montant, et l'épineuse question d'une réforme du système des retraites, avec en arrière-fond la question de l'insoutenable dette publique grecque. Pendant ce temps, approche la date-butoir (30 juin) d'un remboursement au Fonds monétaire international (FMI) qui alimente les craintes de défaut de paiement du pays.

Le déblocage d'une tranche d'un prêt en suspens depuis presque un an, de 7,2 milliards d'euros, ou à défaut un geste financier de la BCE sera nécessaire pour qu'Athènes honore cette échéance. Derrière un défaut de paiement au FMI se profile la menace d'une sortie de la Grèce de la zone euro, un "Grexit", scénario catastrophe pour les responsables européens et pour beaucoup de Grecs qui veulent rester dans l'euro. A Washington, un porte-parole du FMI a déclaré jeudi "s'attendre à ce que le paiement soit fait le 30 juin", s'en référant aux assurances données récemment par Athènes.

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