2 min de lecture Crise en Grèce

Grèce : Athènes ne veut plus du FMI

Face à une crise qui fait planer le spectre d'un défaut de paiement fin juin, le ministre grec Nikos Pappas s'est montré hostile au Fonds monétaire international, qui selon lui "ne devrait pas être en Europe".

Une manifestation anti-austérité, à Paris (photo d'illustration)
Une manifestation anti-austérité, à Paris (photo d'illustration) Crédit : KENZO TRIBOUILLARD / AFP
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et AFP

La poursuite de l'assistance financière du FMI à la Grèce, aux côtés de l'UE et de la BCE, n'est pas souhaitable, a estimé dimanche le ministre d'Etat grec, Nikos Pappas, l'un des responsables des négociations avec les créanciers d'Athènes.

"Je suis de ceux qui pensent que le FMI ne devrait pas être en Europe. J'espère que nous trouverons une solution sans sa participation", a déclaré ce proche du Premier ministre Alexis Tsipras au journal Ethnos. Il estime que l'Europe "n'a pas besoin" de l'institution de Washington, qui a un "agenda unilatéral et pas du tout européen" et qu'elle "peut continuer sans lui et son argent". Le FMI a été appelé à la rescousse de la Grèce fin 2009 et s'est associé aux institutions européennes pour mettre sur pied un plan d'assistance financière au pays privé d'accès aux marchés d'emprunts en raison de son énorme dette publique.

Reprise économique contre austérité

Le programme d'aide, qui a prévu 240 milliards d'euros de prêts en échange d'une austérité drastique et de réformes, arrive à échéance fin juin s'agissant de l'UE et en mars 2016 s'agissant du FMI, faisant craindre un défaut de paiement qui plongerait l'État grec dans la crise. Des différences d'approche entre le FMI et l'UE ont régulièrement été mises en avant. La Grèce et ses créanciers qui cherchent depuis neuf mois un accord sur le versement d'une tranche de prêts de ce programme, soit 7,2 milliards d'euros, ont commencé à discuter d'une extension de plusieurs mois du plan d'assistance européen. Pour le gouvernement grec, cette prolongation devrait se faire sous la forme d'un plan de reprise économique, et non d'austérité, et devrait être combinée avec un allègement de dette. "L'accord doit présenter des dispositions et une durée telles qu'il recrée de la confiance. Il ne peut pas être de courte durée et entretenir l'incertitude", affirme Nikos Pappas.

Il énumère les trois axes de l'accord souhaité par la Grèce: échange des 27 milliards d'obligations grecques détenues par la BCE, dont une partie arrive à échéance cet été, via le Mécanisme européen de stabilité (MES, dispositif de gestion des crises financières de la zone euro) afin de donner de l'air aux finances grecques; restructuration de la dette due au FMI; programme de développement économique pour la période 2016-2021.

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Pour l'instant les propositions grecques, associées à des mesures d'économies budgétaires, ont été rejetées par les représentants des créanciers qui ont leurs propres propositions. Mais la dernière offre faite à Athènes par les créanciers "est inacceptable pour quelque parti politique grec que ce soit", a jugé M. Pappas.
Alexis Tsipras et les dirigeants des 18 autres pays de la zone euro doivent se retrouver lundi lors d'un sommet exceptionnel à Bruxelles pour tenter de trouver un terrain d'entente sur ces questions et éviter un défaut de paiement à la Grèce fin juin.

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