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Glyphosate : les traces de l'herbicide toujours plus présentes dans l'organisme

La substance chimique controversée, présente dans certains pesticides, est considérée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) comme une molécule cancérogène.

Des fruits et des légumes sur un étal à Rungis, le 11 décembre 2015
Des fruits et des légumes sur un étal à Rungis, le 11 décembre 2015
Crédit : AFP / Éric Piermont
Lucie Valais & AFP

Les Californiens ont toujours plus de traces de glyphosate dans l'organisme. C'est ce que montre une étude, publiée mardi 24 octobre dans le Journal of the American Medical Association (JAMA). D'après l'enquête, le taux de glyphosate, cette substance chimique controversée présente dans certains herbicides, a nettement augmenté en près d'un quart de siècle dans l'organisme d'une population témoin de Californie.

Dans cette étude, sont comparés les taux de glyphosate dans l'urine de cent personnes âgées vivant en Californie, sur une période de 23 ans à partir de 1993. Aux États-Unis, les premières cultures génétiquement modifiées, traitées avec du RoundUp, sont apparues et ont été commercialisées depuis 1994. Au début, le RoundUp était utilisé sur des cultures de soja et de maïs génétiquement modifiées, avant d'être aussi appliqué sur les récoltes de blé et d'avoine aux États-Unis, explique-t-il.

"Avant l'introduction des cultures génétiquement modifiées, peu de personnes avaient des niveaux détectables de glyphosate dans leur urine", explique Paul Mills, professeur de médecine à l'Université de Californie, à San Diego, et principal auteur de l'étude. 

Une substance cancérogène

Dans ce groupe de personnes âgées - 77.7 ans de moyenne d'âge en 2014*2016 -, les taux détectables de glyphosate ont grimpé en moyenne de 0,20 microgramme par litre au cours de la période 1993-1996 à 0,44 entre 2014 à 2016. Ces concentrations restent encore loin de la limite quotidienne de 1,75 milligramme par kilo fixée par l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA) voire de la limite plus stricte de 0,3 mg/kilo de l'Union européenne.

"Nous sommes exposés de plus en plus au glyphosate et la plupart des gens ne sont même pas conscients qu'ils en absorbent dans leur nourriture", relève le Professeur Mills. En juillet dernier, l'État de Californie a classé le glyphosate comme substance cancérigène.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) considère quant à elle cette molécule "comme cancérogène probable" depuis 2015.

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Le professeur Mills ajoute dans le rapport qu'il existe peu d'études sur les effets du glyphosate sur les humains, mais celles réalisées sur des animaux montrent qu'une exposition chronique à cette substance peut avoir des effets néfastes.

Une problématique mondiale

Aux États-Unis, des milliers de personnes atteintes de cancer ont engagé une action en justice contre le géant de l'agrochimie Monsanto, un des principaux producteurs de glyphosate et propriétaire du RoundUp.

Et l'Europe n'échappe pas au scandale du glyphosate. De nombreuses ONG réclament l'interdiction de la substance chimique. Le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, plaide quant à lui pour une "sortie rationnelle et programmée" des pesticides, en France.

La Commission européenne a révisé mardi sa proposition sur le renouvellement du glyphosate, désormais ouverte à une période d'autorisation réduite de cinq à sept ans, juste après l'appel du Parlement européen le même jour à éliminer progressivement l'herbicide controversé d'ici fin 2022.

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