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Glyphosate : l'avenir de l'herbicide de Monsanto se joue peut-être aux États-Unis

Un Américain de 46 ans, qui souffre d'un cancer en phase terminale, accuse le géant agrochimique Monsanto d'être responsable de sa maladie causée, selon lui, par le désherbant Roundup.

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Glyphosate : l'avenir de l'herbicide de Monsanto se joue peut-être aux États-Unis Crédit Image : AFP / ROBYN BECK | Crédit Média : Philippe Corbé | Durée : | Date : La page de l'émission
Philippe Corbé
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et Loïc Farge

Direction la Californie, où vient de s'ouvrir le premier procès du glyphosate. On en est pour l'instant à la sélection du jury. Mais les audiences, dans les prochaines jours, pourraient être particulièrement intéressantes sur les dangers éventuels du produit emblématique de la firme américaine.

C'est un homme de 46 ans qui attaque Monsanto. DeWayne Johnson a un cancer en phase terminale. Ses médecins ne pensaient pas d'ailleurs qu'il survivrait jusqu'au procès. Il était jardinier dans des établissements scolaires et utilisait du Roundup pour désherber, vingt à trente fois par an.

Il en a répandu des milliers de litres. Depuis que son cancer a été diagnostiqué il y a quatre ans, il est convaincu que c'est le glyphosate qui l'a rendu malade. C'est pour cela qu'il va en justice.

"Un canari dans une mine de charbon"

Il y a eu des milliers de plaintes : il y a au moins 300 procédures en cours. D'ailleurs un certain nombre de plaignants ont fait appel aux mêmes avocats que Johnson, qui espèrent obtenir dans cette histoire une victoire juridique déterminante.

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S'ils gagnent dans cette affaire, ils espèrent que d'autres tribunaux suivront, et que Monsanto, accablé de dommages et intérêts, sera obligé de retiré le glyphosate. Ou au moins de reconnaître la dangerosité de son herbicide, de prévenir les utilisateurs des risques de cancer.

En fait les avocats veulent faire de cette affaire un indicateur de tendance, ce qu'il appelle "un canari dans une mine de charbon". C'est important car il pourrait y avoir plus tard un procès dans une action de groupe (une "class action"), comme il y a eu autrefois pour le tabac.

La décision de douze jurés est toujours incertaine. Mais l'issue de cette affaire n'est pas gagnée d'avance pour le plaignant. Car Monsanto met en avant les mêmes arguments et les mêmes études qui ont été présentées en Europe ces derniers mois dans le débat politique.

La firme maintient que le glyphosate est l'herbicide le plus contrôlé de l'Histoire, qu'il ne présente pas de danger, qu'il n'a jamais été établi qu'il pourrait être dangereux pour les jardiniers ou les agriculteurs qui l'utilisent. Cela ne va pas être simple pour les avocats du plaignant de prouver le lien entre l'herbicide et la maladie.

Un enjeu fort pour Monsanto

Les avocats de Monsanto expliquent aussi que le type de lymphoïdes détectés sur le jardinier mettent des années à se former, alors qu'il a commencé à utiliser du Roundup deux ans avant que sa maladie ne soit diagnostiquée.

Mais l’enjeu est très important pour Monsanto. Car la firme américaine vient d'être rachetée par l'Allemand Bayer pour 66 milliards de dollars. Si les jurés, touchés par l'histoire de ce jardinier, condamnaient Monsanto, et que cet home touchait des dommages et intérêts substantiels, ce serait une catastrophe pour l'entreprise, qui a mis de côté 277 millions de dollars pour financer d'éventuelles poursuites.

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