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G7 : Donald Trump torpille l'accord final, le fossé se creuse avec les alliés

Le président américain a annoncé qu'il retirait son soutien au communiqué du G7, signé par les États-Unis samedi 9 juin.

Donald Trump au G7
Donald Trump au G7 Crédit : SAUL LOEB / AFP
Caroline Drzewinski
Caroline Drzewinski
et AFP

Dernier arrivé, premier parti. Le G7 s'est conclu samedi 9 juin sur un fossé toujours aussi béant entre un Donald Trump, très remonté sur le commerce, et des alliés à bout de patience. Et ce malgré tous les efforts déployés pour sauver la face. 

Lorsque Justin Trudeau prend la parole pour présenter les résultats de deux jours de débats à La Malbaie, le président américain s'est déjà envolé depuis des heures pour une rencontre historique avec Kim Jong-Un. "C'est une occasion unique" qui "ne se représentera jamais", avait déclaré Donald Trump lors d'une conférence de presse.

Sujet d'inquiétude à l'ouverture du sommet, le "communiqué commun" a été signé par tous les membres du G7, y compris les États-Unis. Pourtant, à la surprise générale, Donald Trump s'est désolidarisé samedi soir de ce texte, négocié de haute lutte. Ce communiqué fustige le "protectionnisme" et s'engage entre autre à "moderniser" l'Organisation mondiale du commerce. 

"En raison des fausses déclarations de Justin à sa conférence de presse, et du fait que le Canada impose des taxes massives sur nos agriculteurs, travailleurs et entreprises américains, j'ai demandé à nos représentants américains de retirer le soutien au communiqué, tandis que nous envisageons des tarifs sur les automobiles qui inondent le marché américain !" a tweeté le président américain depuis l'avion qui l'emmène vers Singapour. 

Échange de mises en garde

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Mais que pèsent ces quelques lignes négociées à la virgule près face à un Donald Trump qui a encore livré samedi une diatribe féroce sur le commerce? "Nous sommes la tirelire que le monde entier pille. Cela va cesser", a annoncé le président américain. Il a ensuite enfoncé le clou sur Twitter, estimant que les États-Unis avaient "subi des abus commerciaux pendant des décennies" et que "ça suffit". 

Donald Trump a mis en garde les partenaires tentés de répondre à ses taxes.  "S'ils répliquent, ce sera une erreur", a-t-il dit, alors même que l'Union européenne ou le Canada ont confirmé des tarifs douaniers de représailles, dès juillet. Des déclarations auxquelles le Premier ministre canadien a répondu dans sa conférence de presse finale. 

Justin Trudeau a répliqué qu'il défendrait "sans ciller" les intérêts canadiens face à des tarifs américains "insultants". Emmanuel Macron a lui prévenu qu'il n'y avait "pas de changement" en ce qui concerne les contre-mesures européennes annoncées sur le bourbon ou les motos américaines. Il a particulièrement vanté l'"efficacité d'un front européen", face à des Américains qui menacent déjà d'aller bien plus loin en matière de protectionnisme. 

Un "6+1" partiel

Comme lors de précédents grands sommets, Washington a par ailleurs fait bande à part sur le climat, ne s'associant pas à un passage qui redit le soutien des 6 à l'accord de Paris. Sur l'Iran, autre grande ligne de fracture, le "Groupe des Sept" s'engage à empêcher Téhéran de développer l'arme nucléaire. Mais sans mentionner l'accord sur le nucléaire iranien, que les États-Unis ont quitté. 

Le G7 appelle aussi la Russie à "cesser de saper les systèmes démocratiques" et à abandonner "son soutien au régime syrien". Mais nul mot de la proposition provocatrice de Donald Trump de réintégrer Moscou, exclu après l'annexion de la Crimée en 2014. Dans l'immédiat, la Russie est de toute façon occupée à accorder ses violons avec la Chine et l'Iran, à l'occasion de la réunion annuelle de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS).  

Une photo lourde de sens

Derrière les sourires et les accolades, le G7 a lui été bousculé tout du long par un Donald Trump qui goûte bien plus la confrontation bilatérale brutale que les longues négociations multilatérales. Le président américain a d'ailleurs multiplié les provocations : il est arrivé le dernier et reparti le premier, a séché une réunion sur le climat, et est arrivé en retard à celle sur l'égalité entre les sexes

Au final c'est peut-être une photo partagée par le porte-parole d'Angela Merkel qui illustre le mieux les tensions de ce G7 ayant tourné au G6+1 : les États-Unis d'un côté et leurs vieux alliés de l'autre. Sur ce cliché devenu viral, la chancelière allemande, entourée de ses alliés, tous debout, se penche vers Donald Trump, assis les bras croisés, et auquel elle semble faire la leçon.

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Le président américain a annoncé qu'il retirait son soutien au communiqué du G7, signé par les États-Unis samedi 9 juin.
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2018-06-10 01:34:00
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