2 min de lecture Égypte

François Hollande et l'épineuse question des droits de l'Homme en Égypte

Des ONG accusent le président al-Sissi d'organiser les répressions contre les opposants. Plusieurs disparitions mystérieuses ont été relevées dans le pays.

François Hollande et le président al-Sissi lors du voyage officiel du chef de l'État au Moyen-Orient.
François Hollande et le président al-Sissi lors du voyage officiel du chef de l'État au Moyen-Orient. Crédit : WITT/SIPA
Nicolas Ledain et AFP

Il est déconseillé de critiquer le pouvoir en place en Égypte. Depuis l'élection du président Abdel Fattah al-Sissi en mai 2014 - lors d'un scrutin contesté où il avait obtenu plus de 96% des suffrages - des opposants au régime ont mystérieusement disparu et les corps de certains ont été retrouvés avec des traces de tortures. La question des droits de l'Homme était donc logiquement au cœur du voyage officiel de François Hollande qui était au Caire ce dimanche, dans le cadre de sa tournée de quatre jours au Moyen-Orient.

Mais le chef de l'État français a botté en touche après des questions pressantes des journalistes dépêchés sur place. François Hollande s'est contenté d'une déclaration générale, toutefois pleine de sous-entendus pour répondre sans froisser son hôte. En parlant de la lutte contre le terrorisme, François Hollande a expliqué que cela "suppose de la fermeté, mais aussi un État, et un État de droit, c'est le sens de ce que la France évoque quand elle parle des droits de l'Homme. Les droits de l'Homme, ce n'est pas une contrainte, c'est aussi une façon de lutter contre le terrorisme." Son homologue égyptien est apparu manifestement agacé par les questions sur ce sujet.

Les cas sensibles ont été évoqués

Face à l'insistance de la presse, le président s'est montré plus précis en indiquant que le sujet avait été traité. "Nous avons évoqué avec le président al-Sissi les droits de l'Homme, y compris les sujets les plus sensibles", a indiqué François Hollande à propos des cas du Français Éric Lang et de l'Italien Giulio Regeni. Il a également insisté sur la nécessite de préservation de la "liberté de la presse et la liberté d'expression". 

Éric Lang avait été retrouvé mort dans sa cellule après avoir été arrêté pour défaut de passeport au Caire. Le parquet de la capitale avait indiqué qu'il avait été "battu par des co-détenus", mais cette version est contestée. Le cas de l'Italien a provoqué un incident diplomatique, car le corps de Giulio Regeni avait été retrouvé début février dans un fossé avec les stigmates d'épouvantables tortures. L'étudiant avait été enlevé au Caire le 25 janvier. La presse et des diplomates affirment que ce sont des membres de services de sécurité qui sont responsables de cet assassinat, l'Egypte nie jusqu'ici. En signe de protestation, Rome a rappelé son ambassadeur au Caire.

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