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Facebook : le message bouleversant du père d'un enfant autiste

Bob Cornelius a découvert la solitude de son fils de 11 ans en lisant les réponses données à un questionnaire proposé par son professeur. Son appel sur les réseaux sociaux a été entendu.

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Le message bouleversant du père d'un enfant autiste sur Facebook Crédit Image : AFP / Archives, Larry W.Smith | Crédit Média : Philippe Corbé | Durée : | Date : La page de l'émission
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et Loïc Farge

Ces quelques mots nous interpellent tous sur notre peur de l’autre. Dès l’enfance, est-ce qu’on apprend à nos petits à respecter la différence, à aimer leur prochain ? Bob Cornelius a trois enfants, dont un fils de 11 ans. Christopher est un enfant intelligent, drôle et sensible. Mais il souffre d’un léger autisme. "Léger", parce qu’il va à l’école comme tous ceux de son âge, mais il est légèrement différent. Par moment, il fait des fait des sons gutturaux, il tape dans ses mains ou répète la même question encore et encore.

Récemment Bob a donc posté la photo d’un questionnaire que Christopher avait du remplir en classe. Plat préféré ? "La pizza". Sport préféré ? "Le soccer" (le foot). Quel métier rêvez-vous d’exercer plus tard ? "Prof". Qui sont vos meilleurs amis ? Réponse écrite par Christopher : "No one" ("Je n’en ai aucun"). Le papa raconte que ces quelques lettres ont transpercé sa peau, une blessure profonde : son fils n’a aucun ami.

Bob s’était bien rendu compte qu’il n’avait jamais vu les camarades de Christopher. Quand ses deux grands fils organisent des soirées pyjamas avec des copains à la maison, Christopher demande s’il pourrait faire de même. "Bien entendu", lui répond le papa. Sauf qu’il n’a jamais personne à inviter. Si le message de ce père nous interpelle, c’est qu’il n’accuse pas les enfants eux-mêmes d’être cruels.

Clairement on ne leur a pas appris à accepter la différence des autres. Ni leurs enseignants, ni leur parents

Bob Cornelius
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"Clairement on ne leur a pas appris à accepter la différence des autres. Ni leurs enseignants, ni leur parents", écrit Bob. "Je ne veux pas dire que les parents qui n’ont jamais eu cette conversation avec leurs enfants sont de mauvaises personnes, mais seulement qu’entre leur travail, l’entraînement de foot et les devoirs, il ne leur est jamais venu à l’idée d’avoir cette conversation particulière". Bob reconnait que ça ne lui serait probablement jamais venu à l’esprit non plus, s’il n’avait eu un enfant légèrement différent comme Christopher qui a besoin d’une certaine attention.

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Christopher n'a pas été victime de cruauté particulière de la part de ses camarades, à part des moqueries de gamin derrière son dos. Ou en face de lui, car les autres pensent qu’il n’a pas l’intelligence de les comprendre, alors qu’évidemment l’enfant sait qu’il s’agit de lui. En fait, les autres ne s’intéressent pas à lui. Ils font comme s’il n’existait pas. Ils l’ont de fait exclu de leur regard.

Le devoir de Christopher, 11 ans, où il reconnaît ne côtoyer personne à l'école
Le devoir de Christopher, 11 ans, où il reconnaît ne côtoyer personne à l'école Crédit : Facebook/Bob Cornelius

Le papa écrit dans son message qu’il n’est pas naïf au point de penser que ses quelques lignes vont changer le monde. Mais il espère qu’il incitera quelques parents à avoir cette conversation avec leurs enfants, pour leur apprendre l’empathie, à tendre la main à leur prochain, même s’il est différent. Surtout s’il est différent.

Dans les nombreux commentaires que ce témoignage a suscité, on voit bien que cette peur de la différence va bien au-delà du cas de Christopher. Cela peut être un camarade un peu trop gros, ou qui s’exprime mal, ou qui est un peu efféminé, ou qui ne porte pas les mêmes vêtements que les autres. "Il faut de la bravoure, reconnaît Christopher, mais celui qui aura la bravoure de dépasser ce mur social sera le premier vrai ami de mon fils".

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