2 min de lecture États-Unis

Etats-Unis : innocent, il a passé 30 ans dans le couloir de la mort

Après des années de bataille judiciaire, Anthony Ray Hinton a réussi à prouver qu'il n'avait pas commis les meurtres qui l'ont conduit en prison.

La Cour suprême des Etats-Unis à Washington
La Cour suprême des Etats-Unis à Washington Crédit : MANDEL NGAN / AFP
Nicolas Marischaël avec sa famille dans son atelier-boutique
La rédaction numérique de RTL
et AFP

Enfin libre. Un homme condamné pour deux meurtres dont il a finalement été disculpé, devait être libéré ce vendredi 3 avril, après avoir passé presque 30 ans dans le couloir de la mort en Alabama (sud-ouest des Etats-Unis). Toutes les charges retenues contre Anthony Ray Hinton ont été abandonnées jeudi par décision de la juge Laura Petro de la cour de district du comté de Jefferson. 

Anthony Ray Hinton est la 152e personne condamnée à mort à être innocentée depuis 1973 aux Etats-Unis et la deuxième en 2015, selon un décompte du Centre d'information sur la peine capitale (DPIC). C'est l'un des prisonniers innocentés qui a passé le plus de temps dans le couloir de la mort en Alabama.

Deux patrons de fast-foods abattus en 1985

En 1985, deux responsables de deux fast-foods de la région de Birmingham avait été tués par balles au cours de hold-ups. La police n'avait relevé aucun indice. Le 25 juillet 1985, le patron d'un restaurant de la même région, à Bessemer, avait été légèrement blessé par balles lors d'un vol.

Anthony Hinton, 29 ans à l'époque, un Noir, avait été arrêté et reconnu par le patron. Le jeune homme, qui a toujours affirmé son innocence, travaillait au moment des faits à quelque 25 km de là dans un entrepôt. Son superviseur et ses collègues de travail avaient témoigné en sa faveur et un détecteur de mensonge l'avait également exonéré.

Un procureur réputé raciste

À lire aussi
États-Unis
États-Unis : Biden démarre son mandat plus populaire que Trump ne l'a jamais été

Toute l'accusation reposait sur la découverte, chez la mère de l'accusé, d'une arme qui, pour les experts appointés par l'Etat, avait servi aux attaques. Mais le procureur était "connu pour ses préjugés raciaux", selon l'association Equal Justice Initiative (EJI). La défense n'avait pas pu présenter d'expert crédible, faute de moyens. L'accusé avait donc été condamné à mort.

Un cas d'école de l'injustice

Bryan Stevenson, avocat du condamné
Partager la citation

L'organisation EJI s'était emparée du cas en 1999, bataillant pour prouver son innocence. En 2002, des experts dont un ancien responsable du FBI avaient témoigné du fait que l'arme saisie ne pouvait pas avoir tiré les balles des meurtres. L'an dernier, la Cour Suprême des Etats-Unis a annulé la condamnation et la juge Petro a ordonné un nouveau procès.

"La race, la pauvreté, une défense inadéquate et le mépris de l'innocence montré par l'accusation, font de cette affaire un cas d'école de l'injustice", affirme Bryan Stevenson, avocat du condamné et directeur de l'EJI.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
États-Unis Justice Peine de mort
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants