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États-Unis : condamné à mort, il échappe à son exécution 6 heures avant l'injection

L'Américain de 48 ans a été condamné à la peine capitale après avoir été reconnu coupable du meurtre d'une femme en août 1998.

Une salle d'exécution au Texas
Une salle d'exécution au Texas Crédit : AFP
lucie valais
Lucie Valais
et AFP

Il clame son innocence depuis près de vingt ans. Marcellus Williams, un américain noir de 48 ans, avait été condamné à la peine capitale pour avoir été reconnu coupable du meurtre d'une femme blanche en 1998. Alors que son exécution devait avoir lieu à 18H00, c'est quelques heures seulement avant l'injection létale que le gouverneur de l'État américain du Missouri a offert un sursis inespéré au détenu. 

"La peine capitale est le châtiment ultime et permanent. Pour procéder à une mise à mort, la population du Missouri doit avoir pleine confiance dans le jugement de culpabilité", a-t-il été justifié dans un communiqué. Une commission d'enquête est désormais chargée du dossier. 

Voilà deux décennies que le détenu clame son innocence, criant à l'erreur judiciaire. La décision du gouverneur du Missouri de suspendre in extremis l'exécution de Marcellus Williams confirme en tout cas que les arguments avancés par les soutiens du prisonnier méritaient d'être examinés.

Le jugement remis en cause

L'Américain avait été, en 2001, reconnu coupable du meurtre de Felicia Gayle, qu'il aurait poignardé à 43 reprises à son domicile, en août 1998. Ce sont deux témoignages qui ont appuyé le jugement, celui d'un détenu ayant partagé sa cellule et de l'une de ses ex-compagnes, Laura Asaro. Pour les défenseurs du condamné, ces témoignages recueillis auprès de personnes au passé trouble n'avaient aucune valeur, d'autant plus que les deux intéressés avaient été rétribués financièrement par le bureau du procureur. 

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Mardi 22 août, c'est une nouvelle analyse ADN, réalisée sur l'arme du crime, qui a fait douter les enquêteurs. Cette dernière a établi un profil masculin différent de celui de l'accusé. "Pas une seule preuve matérielle n'a été présentée (au procès) et aujourd'hui il existe une preuve matérielle qui l'innocente complètement", a déclaré mardi à l'AFP Kent Gipson, l'avocat du condamné.

Une "injustice raciale" pointée du doigt

Le jury à l'origine de la condamnation de Marcellus Williams était composé de 11 Blancs et d'un Noir, après que six jurés noirs eurent été écartés lors d'un processus de récusation controversé. La NAACP, première organisation de défense des Noirs américains pointe du doigt une "injustice raciale", des "disparités dans la défense et la sentence" ainsi que des "fautes des procureurs".

Dans le Missouri, un accusé a 14 fois plus de chances d'être condamné à la peine capitale quand la victime est une femme blanche. Constatant le "manque de preuves solides" contre Marcellus Williams, Amnesty International avait exhorté le Missouri à ne pas l'exécuter. 

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