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Et si Trump et le Brexit dopaient la croissance ?

ÉDITO - Il faut prendre les prévisions de croissance avec des pincettes. Le FMI vient de nous en donner deux exemples.

Le sigle du FMI à Washington
Le sigle du FMI à Washington
Crédit : AFP
François Lenglet : et si Trump et le Brexit dopaient la croissance ?
03:45
Et si Trump et le Brexit dopaient la croissance ?
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François Lenglet & Loïc Farge

Le Fonds monétaire international, l’un des organismes économiques les plus réputés, a publié lundi 16 janvier deux corrections importantes sur ses prévisions. Tout d’abord sur la croissance américaine, qui sera plus forte que prévu, alors que les économistes du FMI avaient parié sur des effets très négatifs de la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle. Ensuite, sur la croissance britannique, également revue à la hausse, parce que le Brexit avait été analysé, là aussi, comme une catastrophe. Ces deux erreurs ont été faites par la quasi-totalité des prévisionnistes avec, en tête, les organismes internationaux comme le FMI et des grandes banques comme Citigroup, qui prédisait la récession mondiale si Trump était élu.

Des prévisions démenties par les faits. C’est manifeste au Royaume-Uni. L’économie n’a que très peu fléchi, la bourse a même fortement progressé. Et là où l’on annonçait une débâcle après la sortie de l’Europe du pays, on voit au contraire des entreprises comme Google ou McDonald's qui choisissent d’installer leur siège européen à Londres. Theresa May, le Premier ministre britannique, devrait d’ailleurs annoncer que le Brexit se fera dans des conditions nettes, sans compromis avec l’Europe, car les conséquences économiques pour le Royaume-Uni effrayent beaucoup moins les entreprises aujourd'hui.

On a moins de recul aux États-Unis, car Trump ne sera en fonction qu’à partir du 20 janvier. Mais on a quand même observé que sa victoire avait déclenché une reprise boursière mondiale.

Pourquoi les experts ont-ils hurlé à la mort à propos de ces événements ? Pour deux raisons, qui figurent parmi les causes habituelles des erreurs de prévisions. Tout d’abord, ces prévisionnistes ont considéré l’économie comme une mécanique, sans prendre en compte les réactions aux événements. Au moment du Brexit, ce qui a sauvé l’économie anglaise,  c’est la chute de la livre sterling (la monnaie britannique) qui a donné aux entreprises un avantage compétitif important, et a permis de compenser l’incertitude politique causée par le vote. Autre événement non pris en cause : les perspectives de baisse d’impôt, de forte baisse d’impôt, annoncée par le gouvernement, pour amortir le choc.

Tout protectionnisme n’est pas mauvais en soi : tout dépend des pays et des époques

François Lenglet
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L'économie est trop complexe pour être anticipée. Mais il y a encore autre chose, c’est le biais idéologique. La sortie du Royaume-Uni de l’Europe et la victoire de Trump sont deux événements avec une forte dimension protectionniste. L’une et l’autre visent à rétablir des frontières nationales.

L’une et l’autre contreviennent donc aux grands principes de l’économie mondialisée, qui sont aussi ceux des principaux émetteurs de prévisions, qu’il s’agisse des banques ou du FMI. Les études de ceux-là prennent pour hypothèse de départ ce qu’elles sont censées démontrer, c’est-à-dire que le protectionnisme est mauvais pour la croissance. Pas étonnant qu’elles soient fausses, elles tournent en rond.

Cela veut dire qu’il n’y a pas de prévisions fiables à 100%
, parce que tout cela repose sur l’esprit humain, ses limites et ses préjugés. Cela veut dire aussi que tout protectionnisme n’est pas mauvais en soi : tout dépend des pays et des époques. Il y a, par exemple, à l’évidence un futur possible pour le Royaume-Uni hors de l’Europe : celui d’une sorte de Singapour atlantique, avec des impôts faibles et une flexibilité sociale et réglementaire maximale. Cela veut dire enfin que même des personnages intempérants et inquiétants comme Trump peuvent mener une politique économique qui fonctionne, et que cela les rend d’autant plus dangereux.

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