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Catalogne : le "oui" à l'indépendance gagne à 90% selon le gouvernement catalan

Cette journée, marquée en Catalogne par le référendum sur l'indépendance de la région, a été le théâtre de violences policières et d'affrontement entre Madrid et le gouvernement catalan.

La police antiémeute s'oppose aux Catalans désirant voter pour leur autodétermination le 1er octobre 2017
La police antiémeute s'oppose aux Catalans désirant voter pour leur autodétermination le 1er octobre 2017 Crédit : LLUIS GENE / AFP
Émilie Jéhanno
Émilie Jéhanno
et AFP

La journée a tourné au chaos ce dimanche 1 octobre. Les bureaux de vote ont ouvert à 9 heures en Catalogne pour le référendum d’autodétermination de la région. Des milliers de Catalans se sont massés devant les locaux pour participer au référendum sur l'indépendance de leur région, qui avait été interdit par la Cour constitutionnelle espagnole. Le gouvernement espagnol le considère comme étant illégal et a mobilisé 10.000 policiers et gardes civils.  

La police espagnole a fait usage de la force pour empêcher des Catalans de voter, faisant plus de 90 blessés, Madrid et Barcelone se renvoyant la responsabilité des incidents. 
L'Etat de droit s'est imposé en Catalogne en empêchant le référendum, a déclaré le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, en ajoutant que les forces de sécurité "ont fait leur devoir" en Catalogne. Rapidement les policiers anti-émeutes ont forcé plusieurs bureaux de vote pour saisir bulletins de vote et urnes. À Barcelone, selon des témoins, ils ont tiré des balles en caoutchouc puis chargé à coups de matraques contre des milliers de personnes qui étaient descendues dans la rue pour participer au scrutin.

Le gouvernement séparatiste de Catalogne a affirmé dans la nuit de dimanche à lundi que le "oui" à l'indépendance de la région espagnole l'avait emporté, avec 90% des voix, à l'issue du référendum d'autodétermination interdit qu'il a tenté d'organiser. Le taux de participation atteindrait, selon les comptes de l'exécutif catalan, 42,3%. 

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Revivez la journée houleuse du référendum

00h39 - Le gouvernement catalan affirme que le "oui" à l'indépendance a gagné avec 90% des voix. 2,26 millions de personnes ont participé dimanche au scrutin et 2,02 millions ont voté pour le oui, a assuré le porte-parole du gouvernement Jordi Turull. 

00h05 - "Aujourd'hui, avec cette journée d'espoir et aussi de souffrances, nous avons gagné le droit d'avoir un État indépendant qui prenne la forme d'une République", a déclaré le président séparatiste catalan, Carles Puigdemont, mentionnant des "millions" de personnes dans les rues ce dimanche.

23h33 - Le président régional catalan Carles Puigdemont a appelé dimanche l'Union européenne (UE) à s'impliquer directement dans le conflit qui l'oppose à l'Etat espagnol et à ne "plus regarder ailleurs". "Nous sommes des citoyens européens et souffrons d'atteintes à [nos] droits et libertés", a-t-il ajouté, en demandant à l'UE "d'agir rapidement"

23h07 - Une quarantaine d'organisations syndicales, politiques et sociales ont lancé un appel à la grève générale mardi 3 octobre en Catalogne. "Nous appelons toute la société, les organisations patronales, les chefs d'entreprise, les syndicats, les travailleurs, les indépendants, les institutions et tous les citoyens de Catalogne à un arrêt du 'pays'", ont écrit ces organisations dans leur communiqué. 

22h33 - Au total, 844 personnes ont sollicité une "assistance médicale" après les heurts de la journée, selon le gouvernement régional.

21h59 - Le référendum a suscité nombre de réactions internationales parmi lesquelles celle, inattendue, du président venezuelien 
Nicolas Maduro, pointé du doigt pour des répressions massives dans son propre pays. "
La répression semble avoir été brutale, brutale, vraiment brutale. Si un peuple est pacifique et tranquille, laissez-le tranquille. Mariano Rajoy devra rendre des comptes au monde pour ce qu'il a fait au peuple catalan", a-t-il affirmé, comparant les faits avec "l'époque de la dictature" franquiste sur une chaîne de télévision locale.


20h52 - "Aujourd'hui, il n'y a pas eu de référendum d'autodétermination en Catalogne. L'État de droit reste en vigueur avec toute sa force", s'est félicité ce soir le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy lors d'une allocution télévisée. Les violences policières ont fait plus de 90 blessés ce dimanche.

20h24 - Au moins 300 bureaux de vote ont été fermés par les forces de l'ordre au cours de la journée, selon le gouvernement régional, mais de nombreux catalans ont malgré tout pu voter, selon des journalistes de l'AFP présents sur place.

19h46 - La maire de Barcelone Ada Colau appelle le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy à la démission. Il "a dépassé toutes les bornes", "c'est un lâche et il n'est pas à la hauteur de sa responsabilité d'homme d'État (...) Par conséquent, Mariano Rajoy doit démissionner", a déclaré l'élue, opposée à l'indépendance de la Catalogne.

19h08 - La rencontre entre le Barça et Las Palmas s'est déroulée dans un Camp Nou désespérément vide, un huis clos ayant été demandé par le club catalan "préoccupé" par les heurts autour du référendum. Le FC Barcelone s'est imposé 3 à 0 face à son adversaire. 

18h41 - Des policiers masqués, certains armés de bâtons, ont pénétré dans des centres de vote au cours de cette journée de référendum. La police n'hésite pas à tirer des balles en caoutchouc. "C'est inacceptable de voir comme ils nous attaquent, nous sommes pacifiques", déplore au micro de RTL une femme catalane ensanglantée qui souhaitait aller voter.

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La police a usé de la violence en Catalogne pour empêcher des personnes d'aller voter Crédit Média : Gautier Delhon-Bugard, Martine Audusseau | Durée : | Date :

18h06 - "Ne vous trompez pas, la Catalogne est espagnole !", "Moi, je suis espagnol, espagnol, espagnol !". Brandissant des drapeaux aux couleurs de l'Espagne, un millier de personnes ont manifesté ce dimanche à Madrid contre l'indépendance de la Catalogne.

17h26 - L'enjeu de ce référendum est de taille, car la Catalogne est l'un des moteurs de l'économie espagnole. Il s'agit de la première région exportatrice, en pointe sur l'industrie, la recherche et le tourisme, bien qu'encombrée d'une lourde dette. La Catalogne, avec 19% du PIB espagnol en 2016, est au coude-à-coude avec Madrid (18,9%) pour le titre de région la plus riche du pays.

16h37 - Les personnalités politiques françaises se succèdent pour réagir à la situation en Catalogne. De Anne Hidalgo à Christian Jacob en passant par Jean-Luc Mélenchon, les commentaires se multiplient. "Je suis andalouse d'origine et j'ai une partie de ma famille qui est catalane. Ce qui se passe est très triste. J'avoue que je ne comprends pas que la Catalogne veuille se détacher de l'Espagne, je ne le comprends pas. (...) J'espère que l'Espagne arrivera avec la Catalogne à trouver un chemin", a déclaré Anne Hidalgo au Parisien. Christian Jacob, lui, se dit dans Le Grand Rendez-vous d'Europe 1, Les Échos, CNews, "toujours très inquiet des divisions des États-nations".

15h58 - Le match qui se joue ce dimanche à 16h15 entre le Barça et Las Palmas (Canaries), placé sous haute tension en raison du référendum, va se jouer à huis clos au Camp Nou, a annoncé le club barcelonais. La décision a été prise face au "refus" de la Ligue espagnole de reporter la rencontre.

15h14 - Une porte-parole des services de santé catalan a déclaré que 91 personnes ont été blessées dans les heurts entre la police et les pro-référendum. 90 personnes ont été blessées et une autre grièvement, touchée à l'oeil. Au total, "337 personnes" ont été reçues "dans les hôpitaux et centres de santé".

14h00 - 11 policiers blessés selon le ministère de l'Intérieur. "Pour l'heure et au total, neuf agents de police et deux de la Garde civile ont été blessés en exécutant les ordres" de la justice, a tweeté le ministère, ajoutant que des agents avaient été visés par des jets de pierres.

13h15 - Le gouvernement espagnol presse les dirigeants catalans d'arrêter la "farce" du référendum. Lors d'une conférence de presse, le préfet de Catalogne Enric Millo a expliqué que le président régional de Catalogne Carles "Puigdemont et son équipe sont seuls responsables de tout ce qui s'est passé aujourd'hui et de tout ce qui pourra se passer s'ils ne mettent pas fin à cette farce".

13h05 - Des figures du Barça s'affichent pour défendre le référendum. Sur son compte Twitter, le défenseur Gerard Piqué a fait savoir dimanche qu'il avait déposé son bulletin dans l'urne. Les anciens capitaines Xavi Hernandez et Carles Puyol ont également apporté leur soutien aux Catalans désireux de voter.

12h10 - Invité du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, a réagi à la situation en Catalogne expliquant qu'il souhaite que "la paix civile règne en Espagne" mais indique que "tout cela est de l’ordre du gouvernement espagnol et c'est sa responsabilité exclusive". "Je crois à l'Europe des nations", ajoute-t-il.

11h45 - 38 personnes ont été blessées par des charges policières. "Sur le total des blessés, 35 l'ont été légèrement, trois plus gravement. Neuf d'entre eux ont dû être transportés vers un centre médical. Il s'agit essentiellement de contusions, de vertiges et d'attaques de panique", ont précisé les services d'urgence de Catalogne dans deux tweets successifs.

11h37 - Le président catalan dénonce la "violence injustifiée" de l'État espagnol, en évoquant "coups de matraque, balles en caoutchouc et agressions indiscriminées" contre des personnes qui manifestaient "pacifiquement".

11h35 - La police tire des balles en caoutchouc, selon des témoins.

11h30 - Un média barcelonais, BTV Noticies, montre sur Twitter des policiers charger des manifestants, pacifiquement rassemblés.

11h10 - Le représentant de l'État en Catalogne a dénoncé l'attitude de la police régionale catalane qui n'est pas intervenue pour faire fermer les bureaux de vote.

11h05 - Une journaliste locale a posté sur Twitter une vidéo montrant des policiers saisir les urnes dans une école.

10h50 - La police a chargé des manifestants dans le centre de Barcelone, près d'une école du centre-ville où elle était entrée de force pour saisir des urnes qui devaient servir au référendum interdit, selon des témoins.

10h30 - Le président catalan a voté malgré les mesures policières. Il s'est rendu au bureau de Cornella del Terri, à quelques kilomètres du bureau où il aurait dû voter, fermé par des policiers anti-émeutes. 

9h00 - Des centaines de personnes se massent pacifiquement devant les bureaux de vote.

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Catalogne : le "oui" à l'indépendance gagne à 90% selon le gouvernement catalan
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Cette journée, marquée en Catalogne par le référendum sur l'indépendance de la région, a été le théâtre de violences policières et d'affrontement entre Madrid et le gouvernement catalan.
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2017-10-01 11:02:00
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