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En Corée du Nord, la police fouille les maisons pour brûler la musique anti-régime

Les fonctionnaires de la propagande font le tour des maisons pour veiller au bon respect de la liste des chansons interdites par le régime de Pyongyang.

Le dictateur nord-coréen Kim Jong-un (illustration)
Le dictateur nord-coréen Kim Jong-un (illustration)
Crédit : AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue

La paranoïa de Kim Jong-un a de beaux jours devant elle. Toujours aussi alerte sur les menaces susceptibles de peser sur son régime, le dictateur nord-coréen a émis un décret pour étendre la censure musicale, rapporte le Guardian, citant des sources nord-coréennes. La musique locale s'ajoute désormais à la liste des airs interdits, composée pour l'essentiel de morceaux étrangers. L'autocrate a chargé le département "agitation et propagande" du parti des travailleurs de Corée du Nord de faire du porte-à-porte pour détruire les CD et cassettes bannies par la République populaire.

Étouffer la contestation

Cette décision trahit les craintes de Pyongyang de voir monter un sentiment de contestation de la souveraineté au sein du peuple. Selon certaines sources du Daily NK, le site internet sud-coréen qui a révélé l'information, "certaines paroles de chansons locales pourraient motiver la dissidence populaire". Pour étouffer toute possibilité, "le département local de propagande écume les habitations afin de collecter les cassettes et CD", a affirmé un membre du régime. 

Fait nouveau par rapport à la liste précédente, il suffit d'une chanson interdite pour que les agents de "l'unité du peuple" du régime soient autorisés à incinérer l'ensemble de la discothèque du foyer concerné. La liste noire comprend de nombreux titres très populaires au sein de la population. Parmi les morceaux prohibés figure la bande-originale du film nord-coréen Im Kkeok Jeong - récit des aventures du leader d'une rébellion paysanne au XVIe siècle, sorte de Robin des Bois nord-coréen - dont l'intitulé de certains titres,  "Vengeance" ou "Levez-vous, frères de sang" frise l'appel à l'insurrection. La chanson populaire Nation sans larme, tirée d'un téléfilm local, est également blacklistée.

Effet boomerang

L'extension de la censure au support physique des titres "criminels" a provoqué quelques résistances chez les citoyens. Certains ont demandé aux agents de l'unité du peuple pourquoi ils ne pouvaient plus écouter des titres inclus dans des œuvres composées par le régime, mettant les fonctionnaires de la propagande dans une situation inconfortable, précise le Daily NK. Quelques heurts auraient éclaté entre les civils et les agents. Des femmes auraient aussi fait irruption dans les locaux de l'administration pour demander des comptes.

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Selon une autre source citée par le site internet sud-coréen, l'initiative aurait même provoqué un regain d'intérêt de la population pour d'anciens titres anti-régime qui avaient disparu de la mémoire collective et sont à nouveau synonymes de résistance au pouvoir central.

Ce décret intervient alors que Pyongyang a convié le groupe de rock slovène à l'imagerie nationaliste et paramilitaire Laibach, du nom de l'ancienne appellation de Ljubjana sous l'Occupation nazie, à se produire en Corée du Nord les 19 et 20 août prochains en marge des célébrations du 70e anniversaire de la fin de la colonisation japonaise.

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