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Élection présidentielle américaine : ces outsiders qui pourraient (peut-être) changer la donne

PORTRAITS - Qu'ils soient businessman, avocat, médecin ou intellectuel, leur objectif est le même : faire pencher la balance de l'élection présidentielle aux États-Unis.

La Maison Blanche à Washington (illustration).
La Maison Blanche à Washington (illustration).
Crédit : BRENDAN SMIALOWSKI / AFP
Camille Kaelblen
Camille Kaelblen

Cet été, la campagne pour la présidentielle américaine de 2016 s'est teintée d'une tendance persistante : la montée en force des outsiders. On ne présente plus Donald Trump, le milliardaire magnat de la construction et candidat favori du parti qui, malgré - ou grâce- à ses bourdes et ses sorties spectaculaires, reste le premier choix des sympathisants républicains. Mais dans la très petite famille des candidats venus d'ailleurs que de la classe politique, d'autres noms ont récemment fait leur apparition dans les sondages.

Ben Carson, l'outsider qui veut faire de l'ombre à Donald Trump

Le candidat à la primaire républicaine durant une campagne à Mount Pleasant, en Caroline du Sud.
Le candidat à la primaire républicaine durant une campagne à Mount Pleasant, en Caroline du Sud.
Crédit : JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Longtemps passé en-dessous du radar de la classe politique de Washington, Ben Carson pourrait pourtant peser plus que prévu dans la primaire républicaine. L'ancien chirurgien et neurologue a récemment pris la seconde place dans les sondages, talonnant en toute discrétion son rival Donald Trump. Brillant orateur, il s'est également illustré lors d'un débat télévisé en prime time. Il y racontait, entre deux arguments politiques, comment il avait réussi à séparer deux siamois lors d'une opération chirurgicale

"Je crois que la plupart des Américains sont assez intelligents pour distinguer ce qui est réel ou n'est pas réel, et quel genre de tempérament et d'engagements intellectuels sont nécessaires pour être président", déclare-t-il au quotidien américain The Hill, avec un sarcasme à peine déguisé à l'égard de Donald Trump. Le candidat se félicite de sa récente percée dans les sondages. "Cela signifie simplement que les gens commencent à écouter, plutôt que de suivre aveuglément ce que les experts leurs disent de faire et c'est une bonne chose", déclare-t-il à CNN dimanche 16 août

Carly Fiorina, la businesswoman féministe

Carly Fiorina était candidate à la primaire républicaine, le 13 mai 2015 à Scottsdale, en Arizona.
Carly Fiorina était candidate à la primaire républicaine, le 13 mai 2015 à Scottsdale, en Arizona.
Crédit : Laura Segall / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Illustre inconnue du petit monde de Washington il y a encore quelques semaines, Carly Fiorina s'est petit à petit forgée un nom dans le cercle restreint des candidats républicains qui comptent. Dans le monde des affaires, la candidate est pourtant connue pour être l'une des plus grosses pointures des États-Unis : PDG de l'entreprise d'informatique Hewlett-Packard de 1999 à 2005, elle devient la première femme à diriger une entreprise classée dans le top 20. Après avoir été limogée, la businesswoman décide de se tourner vers la vie publique. Elle devient ainsi conseillère auprès de John McCain et Arnold Schwarzenegger.  

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Consciente de son statut d'outsider, elle en fait un argument qui devrait lui attirer l'attention de quelques électeurs, déçus du système politique traditionnel. "Quels que soient vos soucis, quel que soit le problème que vous espériez voir réglé tout de suite, la classe politique vous a trompés", déclare-t-elle à CNN lors d'un débat télévisé, en août 2015. 

Lincoln Chafee, le républicain reconverti

Le candidat à la primaire démocrate Lincoln Chaffy, le 17 juillet 2015.
Le candidat à la primaire démocrate Lincoln Chaffy, le 17 juillet 2015.
Crédit : SCOTT OLSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Côté démocrates, peu nombreux sont les candidats à tenter leur chance face à Hillary Clinton, toujours largement favorite dans les sondages. Parmi eux, Lincoln Chafee représente, sinon une menace, du moins une alternative aux propositions de l'ex-secrétaire d'État.

Ancien sénateur républicain de Rhode Island, Lincoln Chafee se distingue dès le début des années 2000 de la ligne politique traditionnelle des républicains. Farouchement opposé à la guerre en Irak et à la peine de mort, il soutient aussi le mariage homosexuel et le droit à l'avortement. En 2007, il annonce sa démission du part républicain et se déclare candidat indépendant jusqu'en 2010. Il soutient Barack Obama pour la présidentielle de 2008, et rejoint finalement le camp des démocrates deux ans plus tard. Tenace, compétent et expérimenté, il n'hésite pas à attaquer Hillary Clinton sur la question de la sécurité, une problématique qu'il maîtrise sur le bout des doigts. 

Lawrence Lessig, l'icône geek qui s'attaque à la corruption

Lawrence Lessig, intellectuel spécialiste d'Internet,  envisage de se présenter à la primaire démocrate en vue de la présidentielle de 2016.
Lawrence Lessig, intellectuel spécialiste d'Internet, envisage de se présenter à la primaire démocrate en vue de la présidentielle de 2016.
Crédit : Brad Barket / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Qualifié par certains comme le "Elvis du droit du numérique", Lawrence Lessig, professeur de droit spécialisé dans les questions liées au numérique, détone dans la liste des candidats à la présidence des États-Unis. Pourtant, sa candidature n'a rien d'une blague. Auteur du célèbre Code et autres lois du cyberespace, il s'intéresse dès le début du XXIème siècle aux problématiques que pose internet pour la vie privée, la liberté d'expression et la propriété intellectuelle. Au contraire des businessmen de la Silicon Valley, qui font souffler un vent libertaire sur ces questions, Lawrence Lessig tente de normaliser le droit informatique.

Mais son engagement ne s'arrête pas aux frontières du monde de l'informatique. En 2007, Lawrence Lessig donne un nouveau tournant à sa carrière : désormais, il se consacrera à la lutte contre la corruption dans la vie politique. L'universitaire dénonce "un système truqué", qui favorise l'immobilisme politique. "Aucun élu du Congrès ne s’est fait élire en se disant : 'Je vais m’occuper de ce problème'. La raison, c’est que si vous laissez planer l’incertitude sur votre position en tant qu’élu du Congrès sur un dossier, des millions de dollars vont vous tomber dessus", assène-t-il dans une interview au Boston Globe reprise par Le Monde. Son objectif : être un "candidat référendum". Et il s'engage sur un point unique : réformer le mode de financement de la vie politique américaine, pour éviter que les puissances économiques ne pèsent trop sur les choix du Congrès. 

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