1 min de lecture Crise en Egypte

Egypte : vers de nouveaux affrontements ?

Moins d'une semaine après les affrontements sanglants autour du Palais présidentiel, qui avaient fait sept morts et des centaines de blessés, Le Caire s'apprête à vivre des heures à nouveau troublées. Partisans et adversaires de Mohamed Morsi ont appelé, ce mardi, à manifester. Les partisans du Président veulent faire une démonstration de force pour assommer la contestation. L'opposition veut obtenir un report du référendum sur la Constitution rédigée par les Islamistes. Une centaine d'entre eux sont d'ailleurs parvenus dans le calme à franchir un barrage érigé à proximité du palais présidentiel, gardé par des soldats et des chars de l'armée.

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La rédaction numérique de RTL
et Olivier Geay

La crise la plus grave depuis juin

L’Égypte se prépare ce mardi à une journée sous tension, avec des manifestations rivales des partisans du président Mohamed Morsi et de ses détracteurs, sous l’œil de l'armée chargée de préserver la sécurité jusqu'aux résultats du référendum controversé de samedi.
  
Cette crise, la plus grave depuis l'élection du président issu des Frères musulmans en juin dernier, traduit un pays profondément divisé près de deux ans après la révolte populaire qui avait poussé Hosni Moubarak à la démission.
  
7 morts mercredi

Ces manifestations concurrentes font craindre de nouveaux affrontements, après la mort dans la nuit de mercredi à jeudi derniers de sept personnes lors d'accrochages entre opposants et partisans de Mohamed Morsi.
  
Une coalition de partis et mouvements islamistes qui le soutient doit se retrouver à Nasr City, à moins de 2 km du palais présidentiel, vers midi.
  
Grand absent, le parti Al-Nour, principale force salafiste du pays, a appelé à s'abstenir de manifester pour ne pas aviver les tensions.
  
Un Prix Nobel dans la rue

L'opposition, emmenée par le Front du salut national (FSN) dirigé par le Prix Nobel de la paix Mohamed ElBaradei, compte défiler à partir de 16H00 sur la Place Tahrir, haut lieu de la contestation dans le centre du Caire, et aux abords du palais présidentiel à Héliopolis, dans la grande banlieue, protégé par l'armée.
  
Le FSN, qui rassemble des partis et groupes en majorité de tendance libérale et de gauche, a rejeté le référendum de samedi et le projet de Constitution soumis au vote. Pour lui, le texte ouvre la voie à une islamisation accrue de la législation et manque de garanties pour les libertés.
  
"Mardi décisif", titrait le journal gouvernemental Al-Gomhouria qui parlait aussi d'un "nouveau bras de fer avant le référendum".
  
De son côté Al-Wafd, organe du parti libéral du même nom, appelait à "refuser de donner toute légitimité à la Constitution du confessionnalisme et de la division".
  
Liberté et Justice, le quotidien des Frères musulmans, affirmait en revanche que "la Constitution est entre les mains du peuple" et pronostiquait des "manifestations énormes pour soutenir la légitimité" de Mohamed Morsi. 
  
Procès militaires
 
Ce dernier a pris un décret lundi par lequel l'armée retrouve le pouvoir d'arrêter des civils jusqu'aux résultats du vote. Ce droit très décrié rappelle la période où les militaires ont dirigé le pays, de la chute de Hosni Moubarak en février 2011 à l'élection de M. Morsi en juin 2012.
  
Cette décision remet au premier plan l'influente armée égyptienne, qui se faisait discrète depuis la mise en retraite de son chef, le maréchal Hussein Tantaoui, en août dernier par Mohamed Morsi.
  
Samedi, elle est réapparue dans le jeu politique en exigeant le "dialogue" pour sortir de la crise actuelle. L'institution militaire s'est posée en garante de la stabilité du pays, en mettant en garde contre un "désastre" qu'elle ne "laisserait pas faire".
  
Des organisations de défense des droits de l'Homme comme Amnesty International ont dénoncé la possibilité de voir revenir les "procès de civils devant des tribunaux militaires", qui avaient marqué la période où l'armée assurait le pouvoir de transition.
  
"De graves abus"

L'organisation Human Rights Watch, basée à New York, souligne que cette transition militaire avait été marquée par "de graves abus, comprenant un usage excessif de la force, des tortures et des agressions sexuelles" de la part des forces armées.
  
La porte-parole du département d’État américain Victoria Nuland a déclaré que les États-Unis voulaient "que ceux qui sont chargés de maintenir la sécurité le fassent d'une manière qui respecte les droits de l'Homme, qui respecte la liberté d'expression, et qu'ils le fassent avec retenue".
  
"Nous ne voulons pas voir se répéter les erreurs de l'ère Moubarak", a-t-elle déclaré dans un avertissement au régime du président Morsi.

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