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Egypte : la feuille de route de l'armée

Si Morsi ne répond pas aux "revendications du peuple", l'armée prévoit de mettre en place un gouvernement intérimaire et de suspendre la Constitution. Aperçu de cette feuille de route.

Des manifestants appellent à la démission de Morsi le 2 juillet. L'armée a dévoilé sa feuille de route si le président ne répond pas aux revendications du peuple.
Des manifestants appellent à la démission de Morsi le 2 juillet. L'armée a dévoilé sa feuille de route si le président ne répond pas aux revendications du peuple. Crédit : KHALED DESOUKI / AFP
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La rédaction numérique de RTL
et AFP

Les militaires égyptiens ont donné lundi 1er juillet 48 heures à Mohamed Morsi, dont des manifestations monstres réclament le départ, pour "satisfaire les revendications du peuple", faute de quoi ils présenteraient une "feuille de route" visant à sortir de la crise. Le chef d'Etat a rejeté une nouvelle fois cet ultimatum dans une allocution télévisée mardi 2 juillet.

Sous le titre "Aujourd'hui, le licenciement ou la démission", faisant allusion au chef d'Etat contesté, la version électronique du quotidien gouvernemental Al-Ahram, propriété de l'Etat égyptien révèle les principaux points de cette "feuille de route".

Suspension de la Constitution

Selon Al-Ahram, elle prévoit une "suspension de la Constitution" votée en décembre mais accusée par les détracteurs de Mohamed Morsi d'ouvrir la voie à une islamisation de la législation. Des experts seront chargés de la rédaction d'une nouvelle loi fondamentale "tenant compte des exigences des différentes composantes du peuple avant d'être soumise à référendum", poursuit le journal. Par ailleurs, ajoute-t-il, le texte devra être approuvé par Al-Azhar, la plus instance religieuse sunnite du pays.

Dans le même temps, "un Conseil présidentiel de trois membres, dirigé par le président de la Cour suprême constitutionnelle" sera chargé "d'administrer les affaires du pays" pendant "une période transitoire allant de neuf mois à un an". Ce Conseil est une revendication de l'opposition, notamment du mouvement Tamarrod (rébellion en arabe) à l'origine des manifestations monstres réclamant le départ de M. Morsi.

Gouvernement intérimaire

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En outre, "un gouvernement intérimaire sans appartenance politique" sera formé pour "la période de transition" sous "la direction d'un des chefs de l'armée". Ces autorités de transition devront "préparer des élections présidentielles et législatives dans l'ordre qui sera déterminé par la nouvelle Constitution", ajoute Al-Ahram.

"L'armée, durant toute la période de transition, supervisera ces procédures (...) afin d'assurer leur mise en oeuvre en toute impartialité", conclut le journal. Les militaires avaient pris les rênes de l'exécutif pour un intérim controversé entre la chute du président Hosni Moubarak en février 2011 et l'arrivée au pouvoir de Mohamed Morsi, premier président démocratiquement élu du pays, en juin 2012.

Placer “sous contrôle" les Frères musulmans

Le journal ajoute, citant "des sources fiables", que les personnes qui s'opposeraient à ces mesures pourront être placées "en résidence surveillée, avant d'être soumis aux tribunaux" révolutionnaires. De mêmes sources, Al-Ahram ajoute l'armée s'est assurée de placer "sous contrôle les Frères musulmans" dont est issu M. Morsi, évoquant des "résidences surveillées", des "avoirs bloqués" et des interdictions de quitter le pays à l'encontre d'"un grand nombre" de membres des Frères musulmans et de leur vitrine politique, le Parti de la liberté et de la justice (PLJ).

Selon le journal, les forces de sécurité ont perquisitionné des sièges de la puissante confrérie et découvert des armes et des munitions. L'opposition a salué l'ultimatum du commandement militaire  y voyant un appui de poids dans sa volonté de pousser vers la sortie Mohamed Morsi, accusé de vouloir instaurer un régime autoritaire au profit des Frères musulmans.

Les partisans du chef de l'Etat insistent quant à eux sur la "légitimité" du premier président démocratiquement élu de l'histoire du pays, et dénoncent une tentative de coup de force pour le démettre.

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