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Egypte : emprisonné, un journaliste australien d'Al-Jazeera dénonce une "immense injustice"

Un journaliste australien, travaillant pour la chaine qatarie Al-Jazeera, est emprisonné en Egypte depuis quatre mois. Il est accusé d'avoir fourni "argent, équipements et informations" aux Frères Musulmans pour "diffuser de fausses nouvelles" et faire croire à une "guerre civile".

Peter Greste, le 5 mars 2014, au Caire. (archives)
Peter Greste, le 5 mars 2014, au Caire. (archives)
Crédit : KHALED DESOUKI / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

Peter Greste, journaliste australien d'Al-Jazeera emprisonné depuis plus de quatre mois en Egypte, a dénoncé samedi 3 mai une "immense injustice" lors d'une nouvelle audience au Caire du procès de journalistes de la chaîne qatarie accusés de soutien aux islamistes. "Nous relevons l'importance de la coïncidence qui fait que cette audience se tienne (ce samedi), Journée mondiale de la liberté de la presse. C'est un message très clair", a-t-il ajouté depuis la cage des prévenus lors de cette audience de routine. Ce procès, ouvert le 20 février, est "une immense injustice, quelle qu'en soit l'issue", a-t-il souligné.

Au total, huit détenus sont jugés, ainsi que 12 autres personnes par contumace. Parmi eux, 16 Egyptiens sont accusés d'appartenir à une "organisation terroriste" -les Frères musulmans- et quatre étrangers de leur avoir fourni "argent, équipements et informations" pour "diffuser de fausses nouvelles" et faire croire à une "guerre civile" en Egypte. La prochaine audience a été fixée au 15 mai.

Tensions entre l'Egypte et le Qatar

Après cette audience, un tribunal a prolongé pour 45 jours la détention d'un autre journaliste d'Al-Jazeera, Abdallah Elshamy qui avait été arrêté en août et attend toujours une date de procès. Selon sa famille, ce journaliste de l'antenne arabophone de la chaîne qatarie observe une grève de la faim depuis janvier. Apparu émacié dans la cage des prévenus, il a dénoncé à la presse ses conditions de détention: "Je n'ai pas vu mon avocat. Nous sommes détenus à 15 dans une cellule de 12 m2". 

L'Egypte et le Qatar sont à couteaux tirés depuis la destitution du président islamiste Mohamed Morsi par l'armée en juillet 2013. Le Caire reproche à Doha de soutenir les Frères musulmans, en particulier via sa chaîne Al-Jazeera très regardée dans le monde arabe, tandis que le petit émirat gazier dénonce la violente répression des pro-Morsi -1.400 morts, 15.000 arrestations selon des ONG.

À écouter aussi

Dans une lettre publiée vendredi, l'un des journalistes détenus jugés, le directeur égypto-canadien du bureau de la chaîne au Caire Mohamed Fadel Fahmy, a répété avoir été arrêté uniquement pour avoir fait son travail. "Je vous écris cette lettre à l'occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, dans ma cellule après 126 jours d'incarcération pour n'avoir rien fait d'autre que le travail que j'aime", écrit-il.

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