3 min de lecture Info

Edward Snowden, Julian Assange : l'Equateur, terre d'accueil des lanceurs d'alerte

DÉCRYPTAGE - Edward Snowden a demandé l'asile politique à l'Équateur. Il marche ainsi dans les pas de Julian Assange, toujours réfugié dans l'ambassade équatorienne à Londres. L'occasion pour ce pays de montrer son opposition aux États-Unis.

Edward Snowden, ancien employé de la CIA et de la NSA
Edward Snowden, ancien employé de la CIA et de la NSA Crédit : The Guardian - AFP
studio-rtl
La rédaction numérique de RTL

Edward Snowden a demandé l'asile politique à l’Équateur, qui protège Julian Assange dans son ambassade à Londres. Pour Wikileaks, l'auteur des fuites sur les programmes de surveillance américains rejoint ainsi un "pays démocratique". Du côté de l’Équateur, devenir la terre d'accueil des lanceurs d'alerte pourrait être un moyen de faire preuve de défiance envers les États-Unis.

Les droits de l'homme, une situation paradoxale

Selon Wikileaks, l'Equateur est un pays soucieux des droits de l'homme, désireux de protéger la liberté d'expression des lanceurs d'alerte. "Je recommande fortement [à Edward Snowden] d'aller en Amérique latine", a commenté Julian Assange au micro de la chaîne américaine CNN. "Elle a montré au cours des dix dernières années son soutien aux droits de l'homme, il y a une longue tradition d'asile."

Ce raisonnement rappelle les arguments présentés par Quito en août 2012, au moment où Julian Assange s'était réfugié dans l'ambassade de l’Équateur. Il souhaitait ainsi échapper à une extradition vers la Suède, où il était accusé d'agression sexuelle. Il aurait risqué d'être extradé vers les États-Unis, où il aurait été jugé pour espionnage.

Des atteintes à la liberté d'expression

À lire aussi
Des enfants jouent dans une fontaine pendant une canicule (Illustration) météo
Canicule : Météo France place 21 départements en vigilance orange

Pour le ministre des Affaires Etrangères équatorien, Ricardo Patiño, il s'agissait avant tout d'éviter à Julian Assange un procès inéquitable. "Il pourrait être jugé par des tribunaux spéciaux ou militaires", avait-il expliqué alors, "et il n'est pas improbable qu'un traitement cruel et dégradant lui soit réservé et qu'il soit condamné à la peine capitale."

Mais il y a un paradoxe à voir dans l’Équateur un pourfendeur de la liberté d'expression. La liberté de la presse y est souvent bafouée, et le pays figure en 119e position sur 179 au sein du classement de Reporters sans frontières. En août 2012, le journaliste d'opposition équatorien Emilio Palacio a demandé l'asile politique aux États-Unis après avoir été condamné à trois ans de prison et à une amende de 40 millions de dollars. Il avait été accusé de diffamation à l'encontre du Président, Rafael Correa. Quelques mois plus tôt, des câbles diplomatiques publiés par Wikileaks révélaient eux-mêmes des atteintes à la liberté de la presse en Équateur.

S'opposer aux Etats-Unis

En offrant l'asile politique à quelques-uns des plus redoutables opposants des Etats-Unis, l’Équateur fait une nouvelle fois acte de son opposition. En 2007, Quito avait déjà tenu tête à Washington à propos d'une base militaire américaine sur le sol équatorien jusqu'en 2009. Lorsque les Américains avaient tenté d'obtenir sa prolongation, Rafael Correa avait posé comme condition l'autorisation pour l’Équateur d'ouvrir une base militaire en Floride.

La même année, Quito avait expulsé deux diplomates américains, Amando Astorga et Marc Sullivan, accusant le premier d'avoir comparé l’Équateur à une colonie.

Se montrer anti-impérialiste

L’Équateur fait également partie de l'Alliance bolivarienne pour les Amériques, une organisation politique, économique et sociale visant à promouvoir l'intégration des pays d'Amérique latine, qui s'oppose à l'influence américaine. Matérialisée par un traité commercial entre les peuples, elle regroupe aux côtés de l’Équateur, Cuba et le Venezuela, deux des principaux  ennemis des États-Unis.

Dans ce contexte, accorder l'asile aux fugitifs comme Edward Snowden ou Julian Assange est un moyen pour l’Équateur de faire une nouvelle fois la démonstration de son anti-impérialisme, un thème très présent lors des élections présidentielles équatoriennes, en février 2013. "En s'engageant dans une confrontation diplomatique surmédiatisée avec le Royaume-Uni, Correa espère bien impressionner ses voisins socialistes d'Amérique du Sud et gagner en influence dans la région", expliquait alors le Figaro. "Le gouvernement compte également s'attirer la sympathie d'une grande partie de la population, très sensible aux thèmes de la souveraineté nationale et de l'anti-impérialisme." Le président Rafael Correa avait été réélu pour un nouveau mandat de quatre ans.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Info International Wikileaks
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7762579649
Edward Snowden, Julian Assange : l'Equateur, terre d'accueil des lanceurs d'alerte
Edward Snowden, Julian Assange : l'Equateur, terre d'accueil des lanceurs d'alerte
DÉCRYPTAGE - Edward Snowden a demandé l'asile politique à l'Équateur. Il marche ainsi dans les pas de Julian Assange, toujours réfugié dans l'ambassade équatorienne à Londres. L'occasion pour ce pays de montrer son opposition aux États-Unis.
https://www.rtl.fr/actu/international/edward-snowden-julian-assange-l-equateur-terre-d-accueil-des-lanceurs-d-alerte-7762579649
2013-06-24 18:55:00
https://cdn-media.rtl.fr/cache/TNuqtvz-jNMC5zkqhjtJyA/330v220-2/online/image/2013/0624/7762581107_l-equateur-analyse-la-demande-d-asile-de-snowden.jpg