2 min de lecture Algérie

Échange tendu entre Emmanuel Macron et un Algérien sur la colonisation

Le président français a réaffirmé mercredi 6 décembre sa position sur la colonisation. "On a cette histoire entre nous mais je n'en suis pas prisonnier", a-t-il lancé.

Emmanuel Macron a été interpellé à Alger.
Crédit Image : LUDOVIC MARIN / AFP

Emmanuel Macron était en visite officielle mercredi 6 décembre en Algérie. Le président français s'est offert un bain de foule dans le centre d'Alger. Un homme l'a interpellé à son passage sur le sujet épineux de la colonisation

"Il faut que la France assume son passé colonial", a lancé l'Algérien, dans une séquence captée par franceinfo. Emmanuel Macron lui a alors répondu avec fermeté, pour réaffirmer sa position.

"Cela fait longtemps qu'elle l'a assumé", rétorque le chef de l'État. Son interlocuteur lui reproche alors d'éviter le sujet. "Qui évite quoi ? J'évite de venir vous voir ? J'évite de dire ce qui s'est passé ? Mais il s'est passé des choses, comme je l'ai dit, enchaîne Emmanuel Macron. Il y a des gens qui ont vécu des histoires d'amour ici. Il y a des Français qui aiment encore terriblement l'Algérie, qui ont contribué et qui ont fait des belles choses, il y en a qui ont fait des choses atroces. On a cette histoire entre nous mais moi je n'en suis pas prisonnier."

J'ai reconnu avec beaucoup de force le mal qui a été fait

Emmanuel Macron
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"Mais vous, vous avez quel âge ?", lui demande Emmanuel Macron. "26 ans", répond l'Algérien. "Mais vous n'avez jamais connu la colonisation ! Qu'est-ce que vous venez m'embrouiller avec ça ? Vous, votre génération, elle doit regarder l'avenir", insiste le président français.

La colonisation s'était invitée dans le débat de la campagne présidentielle quand le candidat Emmanuel Macron, à l'occasion d'un déplacement en Algérie, l'avait qualifiée de "crime contre l'humanité". 

"L'ambition que j'ai pour la relation entre l'Algérie et la France n'a rien à voir avec ce qu'on a fait depuis des décennies", a déclaré le chef de l'État, premier président de la Ve République à être né après la Guerre d'Algérie (1954-1962).

"Je ne suis pas bloqué, je suis très décomplexé" par rapport à ce passé, a-t-il ajouté devant la presse. "Le piège est de rester dans le déni et de ne jamais en parler, ou d'être dans la repentance et de ne jamais en sortir. Le coeur de notre relation, c'est de reconnaître ce qui a été fait de bien comme de mal. J'ai reconnu avec beaucoup de force le mal qui a été fait", a-t-il précisé dans un entretien au site algérien TSA.

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