3 min de lecture Jérusalem

Donald Trump reconnaît officiellement Jérusalem comme capitale d'Israël

Le président américain a reconnu Jérusalem comme capitale de d'Israël, contre les conseils appuyés de certains dirigeants du monde musulman, à l'instar de Recep Tayyip Erdogan, le président turc.

Le président américain Donald Trump
Crédit Image : AFP / ERIK DE CASTRO

Un électron libre incontrôlable ? Donald Trump semble une nouvelle fois foncer sans écouter les conseils venus de l'extérieur. Le 45e chef d'État américain a reconnu Jérusalem comme capitale de l'État d'Israël. Une décision accompagnée dans les faits du déménagement de l'ambassade américaine de Tel-Avive à Jérusalem, dont il a ordonné les préparatifs. Ce, malgré les nombreuses contradictions et mises en garde des dirigeants du arabo-musulman. À commencer par la Palestine.

A la suite de cette annonce, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a rapidement réagi et a salué un "jour historique". Le dirigeant du pays a assuré dans la foulée le maintien du "statu quo" sur les lieux saints à Jérusalem. 

En France, le Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (Crif), a appelé Emmanuel Macron a reconnaître à son tour Jérusalem comme capitale d'Israël. Mais le président français a qualifié de "regrettable" la décision de Donald Trump et a quant à lui appelé à "éviter à tout prix les violences".

La première ministre britannique Theresa May s'est également exprimé un peu plus tard disant qu'elle n'est "pas d'accord" avec le président américain. Angela Merkel pour l'Allemagne "ne soutient pas" cette décision. Et l'Union européenne a exprimé sa "sérieuse préoccupation". L'Iran prévient que la décision de Trump provoquera une "nouvelle Intifada".



Les groupes palestiniens ont appelé à partir de mercredi à trois "jours de rage", expression consacrée pour rallier les manifestants devant les chekpoints israéliens ou les murs et les miradors de béton qui coupent la Cisjordanie et la bande de Gaza du territoire israélien. 
Dans les villes de Gaza et de Rafah, dans la bande de Gaza, des centaines de Palestiniens ont brûlé des drapeaux américains et israéliens et des portraits de Donald Trump, ont constaté les journalistes de l'AFP.

Une telle mesure ne servira qu'à faire le jeu des groupes terroristes

Recep Tayyip Erdogan, président turc
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Le président turc a également averti le président des États-Unis. Selon lui, "une telle mesure ne servira qu'à faire le jeu des groupes terroristes". "J'adresse d'ici un appel au monde entier : gardez-vous de prendre toute mesure qui viserait à modifier le statut légal de Jérusalem, a ajouté Recep Tayyip Erdogan. Personne n'a le droit de jouer avec le destin de milliards de personnes pour satisfaire ses envies personnelles".


"Ignorer les droits des musulmans, des Palestiniens et des chrétiens à Jérusalem ne fera que nourrir l'extrémisme et saper la guerre contre le terrorisme", a ajouté le roi Abdallah II de Jordanie, dont le pays est le gardien des lieux saints musulmans à Jérusalem. Erdogan avait invité les dirigeants des pays musulmans pour un sommet à Istanbul le 13 décembre axé sur la question de Jérusalem. 

Cette décision saperait la paix régionale

Shahid Khaqan Abbasi, premier ministre du Pakistan
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Le Pakistan, deuxième pays musulman le plus peuplé au monde et allié des États-Unis depuis la guerre froide, s'est dit "opposé sans équivoque" à cette décision. "Le peuple et le gouvernement du Pakistan ont pris note avec grave préoccupation de la décision rapportée".

Un tel pas, qui "constituerait une claire violation du droit international et des résolutions onusiennes", "mettrait de côté des décennies de consensus sur la question, saperait la paix régionale et la sécurité de même qu'il empêcherait toute perspective de paix durable au Moyen-Orient", insiste le communiqué du bureau du Premier ministre. Le Pakistan s'est prononcé contre cette démarche après l'Iran, l'Arabie saoudite, l'Egypte, l'Union européenne, la France, l'Allemagne et même le pape François.

Je ne peux taire ma profonde inquiétude

Le Pape François
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"Je ne peux taire ma profonde inquiétude, a déclaré quant à lui le souverain pontife. J'adresse un appel vibrant pour que tous s'engagent à respecter le statu quo de la ville, en conformité avec les résolutions pertinentes de l'ONU". Le Pape ne peut qu'accorder un intérêt tout particulier à la ville qui abrite les lieux les plus saints de trois grandes religions monothéistes, y compris le Saint-Sépulcre. 

En reconnaissant Jérusalem comme la capitale d'Israël et en y transférant l'ambassade américaine, actuellement à Tel-Aviv, Donald Trump romprait avec le positionnement de la communauté internationale et des décennies de politique américaine. Le statut de Jérusalem, considérée par chrétiens, juifs et musulmans comme un lieu saint, est une question majeure dans le conflit iraélo-palestinien, les deux camps revendiquant cette ville comme leur capitale. La communauté internationale n'a jamais reconnu Jérusalem comme capitale d'Israël ni l'annexion de sa partie orientale occupée en 1967. 

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