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Donald Trump Junior admet des contacts avec Moscou pour nuire à Hillary Clinton

À la suite d'une enquête du "New York Times" publiée le 9 juillet, le fils aîné du président américain a divulgué plusieurs pages de messages démontrant des contacts entre lui et une avocate proche du gouvernement russe, durant la dernière campagne présidentielle, en vue de faire élire son père face à la démocrate Hillary Clinton.

Donald Trump Jr
Donald Trump Jr
Maxime Magnier et AFP

Le dossier de la justice américaine contre Donald Trump ne cesse de s'alourdir. Déjà visé par une enquête pour obstruction dans le cadre des investigations sur des soupçons d'ingérence russe dans la dernière campagne présidentielle, le locataire de la Maison Blanche voit désormais son fils impliqué. De son propre aveu, Donald Trump Junior a rencontré, en juin 2016, une avocate proche du pouvoir russe censée lui procurer des informations compromettantes contre Hillary Clinton, alors adversaire du milliardaire américain dans la campagne présidentielle.

Devançant leur divulgation imminente par le New York Times, Donald Trump Junior., 39 ans, a publié sur Twitter quatre pages de messages échangés en juin 2016 avec un intermédiaire britannique nommé Rob Goldstone, en contact avec des proches du pouvoir russe. Ce dernier est un agent représentant le chanteur russe Emin Agalarov, dont la famille connaît bien celle de Donald Trump. Dans un e-mail daté du 3 juin 2016, il informe le fils Trump que le procureur général de Russie (qu'il appelle, selon une formulation britannique, "procureur de la Couronne") a proposé au père d'Emin Agalarov, Aras, de "donner à la campagne Trump des informations et documents officiels qui incrimineraient Hillary et ses transactions avec la Russie et qui seraient très utiles à votre père".

Dans les échanges publiés, on peut notamment constater que Rob Goldstone évoque "des informations de très haut niveau et sensibles, mais qui font partie du soutien de la Russie et de son gouvernement pour M. Trump". "Si c'est ce que vous dites, j'adore (l'idée), surtout plus tard cet été", répond alors le fils aîné de Donald Trump. 

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Mon fils est une personne de grande qualité et j'applaudis sa transparence

Donald Trump à propos de son fil aîné
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S'ensuivent des messages pour tenter de caler d'abord une conversation téléphonique entre Emin Agalarov et Donald Trump Junior., puis un rendez-vous, le 9 juin 2016 à la Trump Tower, avec une avocate russe venue de Moscou et présentée comme "avocate du gouvernement russe", Natalia Veselnitskaya. La rencontre a bien eu lieu à Manhattan, au 25e étage de l'immeuble, en compagnie du gendre du milliardaire, Jared Kushner, et de son directeur de campagne, Paul Manafort. 

Dans un communiqué, Donald Trump Junior affirme que "la femme, comme elle l'a dit publiquement, n'était pas une responsable gouvernementale" et n'avait finalement "pas d'information à donner". Il a ajouté qu'en réalité, elle aurait voulu évoquer la loi américaine Magnitski sanctionnant des Russes pour des violations de droits de l'homme. Dans une interview à MSNBC, Natalia Veselnitskay a elle-même expliqué que le trio qu'elle a rencontré "voulait probablement de telles informations. Ils les voulaient vraiment", selon la traduction fournie par la chaîne. 

Dans une interview à la chaîne Fox News, le fils du président américain a assuré qu'il n'avait pas parlé à son père de sa rencontre avec l'avocate russe. "Non, ce n'était rien, il n'y avait rien à rapporter", a-t-il déclaré.

"Mon fils est une personne de grande qualité et j'applaudis sa transparence", a déclaré Donald Trump dans un texte lu par sa porte-parole à la Maison Blanche. Dans le même temps, du côté de la classe politique américaine, plusieurs voix se sont déjà élevées pour dénoncer cette collusion entre la famille du milliardaire et le pouvoir russe. 

"Quand quelqu'un reçoit un message disant que le gouvernement russe veut aider faire élire son père, et qu'une avocate du gouvernement russe arrive de Moscou pour le voir, toute personne normale tirerait le signal d'alarme et appellerait les forces de l'ordre", a déclaré le sénateur démocrate Tim Kaine, ancien colistier d'Hillary Clinton

L'ancien directeur de campagne d'Hillary Clinton, Robby Mook, a quant à lui posé la question qui devrait désormais être au centre des débats : "Que savait le président, et quand l'a-t-il appris ?". Une question célèbre, passée à la postérité après avoir été posée par un sénateur en 1973 lors de l'enquête sur le scandale du Watergate, qui fit tomber le président Richard Nixon.

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À la suite d'une enquête du "New York Times" publiée le 9 juillet, le fils aîné du président américain a divulgué plusieurs pages de messages démontrant des contacts entre lui et une avocate proche du gouvernement russe, durant la dernière campagne présidentielle, en vue de faire élire son père face à la démocrate Hillary Clinton.
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2017-07-12 00:11:00
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