2 min de lecture Bactérie toxique

De l'anthrax envoyé par erreur par l'armée américaine

22 militaires d'une base sud-coréenne pourraient avoir été exposés à la maladie du charbon, potentiellement mortelle.

La base américaine d'Osan en Corée du Sud le 28 mai 2015
La base américaine d'Osan en Corée du Sud le 28 mai 2015 Crédit : YONHAP / AFP
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La rédaction numérique de RTL
et AFP

Cette boulette aurait pu avoir des conséquences graves. Un laboratoire militaire américain a expédié par erreur des bacilles actifs de la maladie du charbon, l'anthrax, a indiqué le Pentagone mercredi 27 mai. 

Les bacilles se trouvaient dans un lot qui avait été irradié pour tuer tous les bacilles actifs, puis partagé en plusieurs échantillons pour être expédiés à différents laboratoires, selon les explications d'un responsable américain. Au moins l'un de ces laboratoires, situé dans le Maryland, a constaté la présence de bacilles actifs le 22 mai dans son échantillon, et donné l'alerte aux autorités.

Le Pentagone a indiqué que des laboratoires de neuf États américains avaient reçu des échantillons de ce lot, ainsi qu'un laboratoire militaire situé sur la base aérienne d'Osan, en Corée du Sud. 

22 militaires exposés

Dans la base sud-coréenne, "22 militaires ont peut-être été exposés" durant un entraînement, a indiqué l'armée jeudi. Mais sucun de ces soldats ne présente de symptômes de contamination.

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Aux États-Unis, quatre employés de trois sociétés différentes "qui ont travaillé avec le bacille actif" ont reçu par précaution un traitement préventif (prophylactique). toutefois, dans tous les laboratoires concernés, "il n'y a pas de risque identifié pour le public, et il n'y a pas de cas confirmé ou suspecté de contamination", a insisté le colonel Steven Warren, porte-parole du Pentagone. 

Bévue d'un centre de recherches

Le laboratoire militaire américain à l'origine de l'envoi est le centre d'essai de Dugway, dans l'Utah. Il participe actuellement à un programme de recherche militaire, visant à fabriquer des tests de détection des menaces biologiques utilisables sur le terrain. Dans le cadre de ces recherches, il envoie des échantillons inactifs à des laboratoires privés.

"Par mesure de précaution", le département de la Défense "a suspendu" ces expéditions, "dans l'attente des résultats de l'enquête", a précisé le colonel Warren.

Neuf États concernés

Outre le Maryland, les laboratoires susceptibles de recevoir les échantillons de bacille irradié se trouvent en Californie, en Virginie, dans le Delaware, le New Jersey, à New York, dans le Tennessee, le Texas et le Wisconsin

De son côté, la direction des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) a indiqué avoir envoyé des agents dans les laboratoires potentiellement détenteurs d'échantillons actifs pour y conduire des investigations.

Il s'agit notamment de mener "une consultation épidémiologique", de vérifier les "mesures de sécurité pour les salariés" et "la gestion des déchets" des laboratoires. 

Pas une première

Les laboratoires publics américains ont avoué l'année dernière plusieurs erreurs de manipulation de bactéries dangereuses

En juillet dernier, le directeur des CDC Tom Frieden avait reconnu devant le Congrès des manquements aux protocoles de sécurité dans ses propres laboratoires. "Il y a eu une série de ratés dans des protocoles importants", avait-il admis, en pointant "un manque de culture" en matière de respect des procédures de sécurité.

Des laborantins pas protégés

Parmi les incidents recensés, qui n'avaient pas donné lieu à des contaminations, l'envoi dans trois laboratoires de bacilles de la maladie du charbon non désactivés, alors que ces laboratoires n'étaient pas équipés pour manipuler ces éléments dangereux. Les laborantins pensaient que ces bactéries avaient été inactivées et ne portaient pas de combinaisons de protection.

La maladie du charbon, ou anthrax, est une infection aiguë qui touche aussi bien l'animal que l'homme. La bactérie responsable (Bacillius anthracis) peut être aussi utilisée comme arme bactériologique.

Le centre d'essai de Dugway, à l'origine des envois actuellement en cause, appartient à l'armée de terre américaine. Il travaille à la lutte contre les risques chimiques, biologiques, radio-actifs ou explosifs. 

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