2 min de lecture Terrorisme

Daesh : la Russie a-t-elle tué le chef Abou Bakr al-Baghdadi ?

ÉCLAIRAGE - L'armée russe pense avoir peut-être tué le chef jihadiste, dans un bombardement survenu fin mai. La coalition ne confirme pas cette information.

Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de l'État Islamique
Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de l'État Islamique Crédit : Capture d'écran / YouTube
Julien Absalon
Julien Absalon
et AFP

Abou Bakr al-Baghdadi est-il mort ? Tous les services de renseignement occidentaux ont sans doute activé leurs meilleures canaux d'informations pour tenter de percer ce mystère qui subsiste depuis quelques temps. Le chef du groupe État islamique pourrait avoir été tué en Syrie, fin mai, au cours d'un raid de l'aviation russe. Vendredi 16 juin, la Russie a fait savoir qu'elle effectuait des vérifications pour savoir si cette opération, visant une réunion de hauts dirigeants, avait permis d'éliminer l'homme le plus traqué au monde. "Pour l'instant, je n'ai pas de confirmation à 100% que Abou Bakr al-Baghdadi ait été tué", a fait savoir Sergei Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères.

Si Moscou s'est permis d'évoquer cette possibilité, la coalition internationale préfère se montrer prudente et reste dans l'expectative des futures conclusions que le Kremlin apportera. "Nous ne pouvons pas confirmer ces informations à ce stade", a déclaré à l'AFP le colonel américain Ryan Dillon.

La rumeur provient d'un bombardement effectué par des avions de chasse Soukhoï le 28 mai dernier entre 0h35 et 0h45, heure de Moscou. La cible se situait dans la banlieue sud de Raqqa, ville syrienne considérée comme le fief de l'organisation jihadiste. L'armée russe avait reçu des informations sur la tenue d'une réunion avec des éminents responsables de Daesh. Selon leur bilan, 300 combattants et une trentaine de chefs de guerre auraient été tués dans cette opération. Parmi eux, figurent notamment Souleimane al-Chawakh, le chef de la sécurité Abou Bakr al-Baghdadi. Impossible cependant de savoir si ce dernier était sur place.

Des incohérences

L'homme fort de Daesh, pour la capture duquel Washington offre 25 millions de dollars, a été donné pour mort à plusieurs reprises ces dernières années. De précédentes rumeurs avaient émané des Américains ou encore, quelques jours avant cette dernière nouvelle, des militaires syriens, rapporte The Guardian.

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L'annonce de l'armée russe sème cependant le trouble chez plusieurs spécialistes du jihad et du combat militaire contre l'organisation. Certains s'interrogent sur l'imprudence dont aurait fait preuve les dirigeants de Daesh pour se regrouper en un seul et même endroit en compagnie d'Abou Bakr al-Baghdadi, indique par exemple CNN. La chaîne américaine cite également une spécialiste remettant en doute les dernières affirmations de Moscou, alliée de Damas. Le spécialiste Wassim Nasr, journaliste pour France 24, remarque par ailleurs que Daesh n'hésite en principe pas à annoncer elle-même les décès de ses plus hauts dignitaires

Un leader discret

Invisible depuis son dernier signe de vie dans un enregistrement audio en novembre 2016, Abou Bakr al-Baghdadi a fait sa seule apparition publique connue en juillet 2014 à Mossoul en Irak. En turban et habit noirs, barbe grisonnante, il avait proclamé le "califat" sur les vastes territoires conquis par Daesh. Il serait né en 1971 dans une famille pauvre de la région de Bagdad. Passionné de football, il a échoué à devenir avocat puis militaire avant d'étudier la théologie.

C'est lors de l'invasion américaine de l'Irak en 2003 qu'il créé un groupuscule jihadiste sans grand rayonnement avant d'être arrêté et emprisonné dans la gigantesque prison de Bucca. Libéré faute de preuves, il rejoint un groupe de guérilla sunnite sous tutelle d'Al-Qaïda et en prend la tête quelques années plus tard. Profitant du chaos de la guerre civile, ses combattants s'installent en Syrie en 2013 avant une offensive fulgurante en Irak. Le groupe, rebaptisé État islamique, supplante Al-Qaïda, et ses succès militaires initiaux et sa propagande soigneusement réalisée attirent des milliers de partisans du monde entier.

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