3 min de lecture Océanie

Cyclone au Vanuatu : le président appelle à l'aide

Le président du Vanuatu demande de l'aide, humanitaire notamment, après le passage du cyclone Pam qui a ravagé l'archipel.

Port Vila, la capitale du Vanuatu, ravagée par le cyclone, le 14 mars 2015.
Port Vila, la capitale du Vanuatu, ravagée par le cyclone, le 14 mars 2015. Crédit : INGA MEPHAM / CARE / AFP
Nicolas Marischaël avec sa famille dans son atelier-boutique
La rédaction numérique de RTL
et AFP

Le président du Vanuatu a demandé de l'aide à la communauté internationale lundi alors que l'archipel est dévasté par le passage du cyclone Pam et que les associations humanitaires éprouvaient les pires difficultés pour secourir les habitants. Baldwin Lonsdale, président de ce pays parmi les plus pauvres du monde, a expliqué, la voix étranglée par l'émotion, que tout était à reconstruire. 

"Dans l'immédiat, il nous faut un soutien humanitaire, à plus long terme nous avons besoin d'une aide financière et d'assistance pour commencer à reconstruire nos infrastructures. Nous avons tout à reconstruire", a dit le chef de l'Etat à l'AFP au moment de quitter le Japon, où il participait à une conférence des Nations unies sur la prévention des catastrophes naturelles.

Le cyclone de catégorie 5 - la plus élevée - a ravagé l'archipel de 270.000 habitants vendredi, accompagné de rafales de vent supérieures à 320 km/h. "Je vous assure que c'était vraiment effrayant", a témoigné le Premier ministre Joe Natuman sur la chaîne australienne ABC. "Ca a fait comme un grand bruit. Dans la nuit, un grand bruit, le tonnerre, la foudre.. Quand on regardait dehors, on ne voyait rien".

Le bilan humain semble "gérable"

Le bilan officiel fait état de six morts et plus de 30 blessés, tous à Port-Vila, capitale de cet ancien condominium franco-britannique des Nouvelles-Hébrides, dont les rues étaient jonchées d'arbres arrachés, de toitures de tôle et débris divers. Selon les secouristes, 90% des habitations de la ville ont été endommagées.

À lire aussi
météo
Ouragans : plus de prénoms disponibles pour les nommer

Le bilan humain pourrait s'alourdir, l'étendue exacte des dégâts et besoins dans les plus de 80 îles qui constituent l'archipel restant difficile à mesurer. L'ambassadeur de France au Vanuatu, Alain du Boispéan, a déclaré à l'AFP que si la situation était "grave" pour beaucoup d'habitants de Port-Vila, privés de toit et de vivres, le bilan humain y semblait en revanche "gérable".

Si l'eau a été à 80% rétablie, l'électricité fait encore défaut dans de nombreux quartiers. L'état d'urgence a été décrété dimanche dans tout le pays et un couvre-feu instauré à partir de 18 heures pour éviter les pillages. Malgré le ballet d'avions militaires français, australien et néo-zélandais débarquant dans l'archipel chargés de vivres, les ONG n'ont en revanche aucun moyen de distribuer les vivres dans les îles les plus reculées.

La première urgence, c'était le cyclone, la deuxième urgence, ce sera les maladies si l'eau potable et les conditions d'hygiène sont insuffisantes

Partager la citation

Il faudra des jours, disent-elles, pour réussir à atteindre chaque village rasé par la tempête et elles craignent désormais la propagation de maladies. 

Il faut évaluer rapidement les besoins en eau potable, en toilettes portatives, en pastilles de purification de l'eau, a expliqué le directeur de l'ONG Oxfam pour le Vanuatu, Colin Colette. "La première urgence, c'était le cyclone, la deuxième urgence, ce sera les maladies si l'eau potable et les conditions d'hygiène sont insuffisantes", a-t-il dit. "Il y a vraisemblablement 100.000 sans abris, les écoles sont détruites, les centres d'hébergement sont pleins, les cliniques et la morgue sont endommagées".

Pour le directeur de l'ONG Save the Children, Tom Skirrow, les conditions sont pires qu'après le super typhon Haiyan, qui a ravagé les Philippines en novembre 2013, faisant plus de 7.350 morts et disparus.

J'étais là pour Haiyan et je peux vous dire à 100% que la logistique est bien plus problématique ici

Charlotte Gillan
Partager la citation

"J'étais là pour Haiyan et je peux vous dire à 100% que la logistique est bien plus problématique ici", a-t-il dit à l'AFP. Charlotte Gillan, une soignante australienne qui habite le village de Tango, près de Port-Vila, dit elle aussi craindre les épidémies.

"Avec toute cette pluie et les détritus qui abondent, il va y avoir la malaria et la dengue, la contamination de l'eau va provoquer diarrhées et vomissements. Les gens dépendent de leur potager pour manger, mais tout ça a disparu", a-t-elle expliqué à l'Australian Associated Press.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Océanie Cyclone
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants