4 min de lecture Corée du Nord

Corée du Nord : que se passe-t-il entre Kim Jong-Un et Donald Trump ?

ÉCLAIRAGE - Pyongyang et Washington se livrent à une surenchère sans précédent sur fond de menace nucléaire.

Donald Trump et le président chinois Xi-Jinping.
Donald Trump et le président chinois Xi-Jinping. Crédit : JIM WATSON / AFP
Ludovic Galtier
Ludovic Galtier
et AFP

"Sans pitié", "impitoyable". Ce début de printemps est des plus glacials entre la Corée du Nord et les États-Unis. La dictature, qui fête ce samedi les 105 ans de son fondateur Kim-Il-Sung avec un défilé de chars et la présentation de 56 missiles de 10 types différents, est soupçonnée de vouloir mener un essai nucléaire entre le 15 et le 16 avril. L'escalade n'en finit plus : le régime se dit désormais prêt à répondre par le nucléaire à toute attaque nucléaire qui le viserait et à une guerre totale par une guerre totale. Une mise en garde du régime de Pyongyang adressée directement à Donald Trump, qui avait assuré que le "problème" de la Corée du Nord, déjà auteur de cinq tests nucléaires, serait "traité".

L'importance de l'arsenal nucléaire nord-coréen est donc au cœur de cette guerre froide. Selon les services de renseignement américains, la Corée du Nord pourrait être à même de disposer d'un missile à tête nucléaire capable de frapper le sol américain d'ici moins de deux ans. En retour, KCNA, l'agence de presse du régime de Kim Jong-Un a affirmé que l'administration de Donald Trump était "entrée dans l'ère des menaces ouvertes et du chantage" contre la Corée du Nord.

Le régime nord-coréen fait référence ici à l'envoi d'un porte-avions américain et sa flotte en direction de la péninsule coréenne, samedi 8 avril. Un tel porte-avions transporte en général 70 à 80 avions et hélicoptères, dont une cinquantaine d'avions de combat. En effet, "le commandement américain dans le Pacifique a ordonné au groupe aéronaval déployé autour du porte-avions USS Carl Vinson d'être à disposition et présent dans l'ouest du Pacifique, et ce par mesure de précaution", a déclaré le porte-parole du commandement américain dans le Pacifique, le commandant Dave Benham, invoquant "le programme de missiles irresponsable, déstabilisateur et imprudent" de la Corée du Nord. "Plus de grosses cibles comme des porte-avions à propulsion nucléaire se rapprochent (de la péninsule coréenne), plus l'effet de frappes sans pitié sera grand", a répliqué l'armée de Pyongyang.

Ambiance de guerre froide entre les deux régimes

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Les États-Unis sont persuadés que la Corée du Nord procédera incessamment sous peu à un nouveau test de missile balistique ou nucléaire. En retour, l'armée du régime asiatique assure que les bases américaines en Corée du Sud, "tout comme les quartiers généraux du Mal" tels que la présidence sud-coréenne à Séoul seraient "pulvérisés en quelques minutes" en cas de guerre.

Une guerre à laquelle Kim Jong-Un se dit "prêt". "Notre armée l'a déjà déclaré : s'il y a la moindre provocation des États-Unis lors d'exercices (militaires), nous sommes prêts à porter le plus impitoyable des coups (...) Nous possédons désormais des armes nucléaires et d'autres armes modernes. Nous sommes prêts et capables de contrer tout défi de la part des États-Unis", a-t-il menacé.

Trump prêt à "résoudre le problème" nord-coréen sans l'aide de la Chine

Donald Trump a de nouveau prévenu jeudi que les États-Unis allaient s'occuper du "problème" nord-coréen, au moment où des informations faisaient état de l'imminence d'un nouveau test de missile par Pyongyang. Le 11 avril, le président américain avait réaffirmé être prêt à "résoudre le problème" nord-coréen sans l'aide de la Chine, quelques jours après un sommet avec son homologue chinois Xi Jinping. "La Corée du Nord cherche des ennuis. Si la Chine décide d'aider, ça serait formidable. Sinon, nous résoudrons le problème sans eux ! USA", a-t-il écrit sur son compte Twitter personnel.

Interrogé sur les intentions de Donald Trump par nos confrères de LCI, Antoine Bondaz, chargé de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) explique qu'il s'agit avant tout d'une "opération de communication de la part de Donald Trump à destination de Pyongyang, des alliés des États-Unis, de la Chine, mais aussi de l'opinion publique américaine."

Le Japon suspecte la Corée du Nord d'être en possession de gaz sarin

Dans ce contexte de tension, le Japon est, lui aussi, allé de sa petite phrase. Selon le premier ministre, "il est probable que la Corée du Nord entretienne plusieurs sites de production d'armes chimiques et qu'elle en possède déjà un nombre considérable", a-t-il déclaré. "Des scientifiques britanniques qui ont analysé des échantillons du site d'une attaque chimique présumée en Syrie, ont conclu à l'usage de sarin ou d'un agent neurotoxique similaire", a affirmé de son côté l'ambassadeur du Royaume-Uni à l'ONU.

La Chine et la Russie jouent les médiateurs pour éviter un conflit

"Le dialogue est la seule issue", a martelé le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi lors d'un point de presse à Pékin en compagnie de son homologue français Jean-Marc Ayrault, prévenant qu'un "conflit pourrait éclater à tout moment" en Corée du Nord.

"Quiconque provoquerait un conflit dans la péninsule coréenne "devra assumer une responsabilité historique et en payer le prix", a martelé vendredi le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, après de nouvelles menaces de Donald Trump envers Pyongyang. Dans le dossier du nucléaire nord-coréen, "le vainqueur ne sera pas celui qui tient des propos les plus durs ou qui montre le plus ses muscles. Si une guerre a lieu, le résultat sera une situation dont personne ne sortira vainqueur", a averti M. Wang. La Chine, seule alliée de la Corée du Nord, s'oppose pourtant au programme nucléaire à visée militaire du régime de Kim Jong-Un.

De son côté, la Russie, "très inquiète", a appelé toutes les parties à la "retenue" et mis en garde contre "toute action qui pourrait être interprétée comme une provocation". "Moscou suit avec une grande inquiétude la montée des tensions dans la péninsule coréenne. Nous appelons tous les pays à la retenue et les mettons en garde contre toute action qui pourrait être interprétée comme une provocation", a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, à des journalistes.

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2017-04-15 08:35:00
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