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Corée du Nord : pour ressembler à son grand-père, Kim Jong-Un lifte son visage et toutes les statues de Kim-Il-Sung

REPLAY - Dans les jours qui viennent, la propagande nord-coréenne devrait annoncer comment il conviendra d'appeler le dictateur, qui semble installé pour de longues années à la tête du pays.

Rémi Sulmont RTL vous en parle déjà
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Corée du Nord : pour ressembler à son grand-père, Kim Jong-Un lifte son visage et toutes les statues de Kim-Il-Sung Crédit Média : Rémi Sulmont | Durée : | Date : La page de l'émission
Loïc Farge
Loïc Farge
Journaliste RTL

Jusqu'à maintenant, les Nord-Coréens devaient l'appeler le "grand maréchal". Ils devront très probablement dire bientôt le "grand président Kim Jong-Un". "Probablement" parce que la propagande de Pyongyang n'a pas encore annoncé le titre à utiliser. Ce qui est officiel en revanche, c'est que lundi 9 mai le dirigeant a été élu "président du Parti des travailleurs de Corée". Les 3.400 délégués, presque tous identiques, rangés dans un palais stalinien de la capitale, l'ont acclamé debout. Les images sont tellement caricaturales qu'on dirait les dessins d'une BD.

Après quatre ans et demi de pouvoir, Kim Jong-Un, 35 ans selon sa bio officielle, signifie qu'il est durablement installé à la tête de la Corée du Nord. Il a fait exécuter son oncle-mentor et des centaines d'autres. Il a changé la moitié des cadres, estime Sébastien Falletti spécialiste de la région. Le congrès du parti, qui ne s'était pas réuni depuis 36 ans, c’est-à-dire depuis la naissance de Kim Jong-Un, couronne sa prise de pouvoir totale.

Capacités de dissuasion

Les Nord-Coréens en ont-ils "pour des années" ? Ce qui est certain, c'est que l'effondrement de la Corée du Nord que les spécialistes prédisaient, ne s'est pas produit. Les espoirs d'ouverture placés dans ce jeune chef d'État francophone, éduqué une partie de son temps en Suisse, se sont en revanche bien effondrés. À leur décharge, être spécialiste de la Corée du Nord c’est déchiffrer le régime le plus opaque du monde. C'est un métier difficile.

Mais objectivement, ils ne voient pas aujourd'hui ce qui pourrait provoquer la chute du tyran de Pyongyang. Les décennies d'embargo n'ont pas eu d'impact sur l'économie du pays. C'était fait pour obliger le régime à changer, comme la Chine. Mais ça ne marche pas. La Corée du Nord a franchi le seuil nucléaire. Kim Jong-Un prépare un cinquième test.

Kim Jong-Un peut désormais gouverner tranquillement pour les décennies à venir

Antoine Bondaz, chef de programme à l'Asia Center de Paris
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Kim, numéro 3, a assuré la survie du régime, souligne l'un des meilleurs experts de la Corée du Nord, Antoine Bondaz, chef de programme à l'Asia Center de Paris. "La Corée du Nord aujourd'hui a des capacités de dissuasion, ce qui limite fortement toute intervention étrangère. La situation du pays est beaucoup plus stable que celle des années 90, tant sur le plan politique que sur le plan économique ou militaire", explique-t-il.

"La question demeure de savoir ce qui peut faire changer le régime, bien peu de personnes ont la réponse. Kim Jong-Un est jeune, il a fait le ménage d'une certaine façon autour de lui. Il peut désormais gouverner tranquillement pour les décennies à venir", poursuit Antoine Bondaz.

Il a fait lifter les statues de Kim-Il-Sung

Kim Jong-Un s'inscrit dans la lignée de son grand-père. Pas de son père, mais du fondateur du régime Kim-Il-Sung. Au congrès, pour son sacre, on a vu Kim Jong-Un en costume-cravate comme Kim-Il-Sung, et pas en costume kaki comme son père. D'ailleurs, le dictateur nord-coréen a fait modifier les statues de son grand-père pour mieux lui ressembler. Il a fait lifter les effigies de son aïeul. En visitant le musée de l'armée de Pyongyang, Antoine Bondaz raconte qu'il a, un instant, cru voir Kim Jong-Un tellement les ressemblances étaient frappantes.

Pour que les traits de son visage se rapprochent encore, le despote aurait lui-même fait un peu de chirurgie esthétique. Le message subliminal envoyé est le suivant : Kim Jong-Un veut que ses sujets se réfèrent à la Corée du Nord "prospère" de son grand-père. Pas à celle de son père où ils ont vécu la grande famine. On parle de "sujets" car la Corée du Nord n'est pas un pays communiste mais une monarchie absolue qui se transmet de père en fils.

Celui qui est destiné à prendre la succession de Kim Jong-Un est peut-être déjà né. On n'en est pas sûr. Les Nord-Coréens ont vu sa femme enceinte, sans qu'une naissance soit annoncée ensuite officiellement. Ce qui est une habitude dans la dynastie rouge des Kim. Pour protéger l'héritier d'un assassinat.

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