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Corée du Nord : 3 questions pour comprendre les tensions avec les États-Unis

ÉCLAIRAGE - Donald Trump multiplie les fortes déclarations à l'encontre de Pyongyang et de son leader Kim Jong-un.

Kim Jong Un et Choe Ryong Hae à Pyongyang le 13 avril 2017.
Kim Jong Un et Choe Ryong Hae à Pyongyang le 13 avril 2017.
Julien Absalon
Julien Absalon
et AFP

Les tensions diplomatiques entre les États-Unis et la Corée du Nord sont à nouveau explosives. En congés dans le New Jersey, dans son golf de Bedminster, Donald Trump a clairement fait savoir mercredi 9 août que "la Corée du Nord ferait mieux de ne plus proférer de menaces envers les États-Unis", sous peine de se heurter "au feu et à la colère". Surtout, il a assuré que son pays était capable de répondre avec une ampleur "que le monde n'a jamais vue jusqu'ici". Peu après, il a ajouté sur Twitter que l'arsenal nucléaire était "plus fort et plus puissant que jamais auparavant".

En réaction à ces déclarations, la Corée du Nord a affirmé qu'elle envisageait de tirer des missiles balistiques à portée intermédiaire vers les bases américaines de l'île de Guam, dans le Pacifique. Pyongyang a déclaré qu'"actuellement, elle étudie avec attention le plan opérationnel afin de faire feu sur les zones situées autour de Guam avec une fusée balistique à portée intermédiaire Hwasong-12", selon l'agence KCNA.

Le bras de fer diplomatique entre la Corée du Nord et les États-Unis ne date pas d'hier. Le conflit puise en grande partie ses sources dans la guerre de de Corée survenue entre 1950 et 1953. Cependant, l'arrivée de Donald Trump au pouvoir a plus que jamais refroidi les relations. Le président américain semble ainsi particulièrement déterminé à engager un bras de fer. Pourquoi ?

1. Pourquoi Donald Trump hausse-t-il le ton ?

Donald Trump a sans doute été un peu plus échaudé par des déclarations du régime nord-coréen. Ce dernier, lundi 7 août, a assuré qu'un durcissement des sanctions des Nations Unies à son égard ne l'empêcherait pas de développer son arsenal nucléaire, tout en lançant aux États-Unis qu'il était prêt à leur "faire payer le prix de leur crime".

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Ce message découle d'une résolution de l'ONU adoptée le 5 août. À l'unanimité, les 15 pays du Conseil de sécurité ont voté à l'unanimité une résolution renforçant une résolution renforçant nettement les sanctions qui prévoient de priver Pyongyang d'un milliard de dollars de recettes annuelles. Depuis le premier essai nucléaire nord-coréen en 2006, l'ONU a imposé six trains de sanctions à la Corée du Nord, mais rien ne semble faire dévier le jeune leader Kim Jong-Un. Les essais nucléaires et les tests de missiles sont de plus en plus nombreux.

2. La menace nord-coréenne est-elle réelle ?

Parallèlement aux dernières saillies de Pyongyang, le Washington Post a eu connaissance d'un rapport confidentiel soulignant les progrès de la Corée du Nord sur l'armement. D'après ces conclusions secrètes de l'agence américaine de renseignement militaire, le pays a désormais la capacité d'embarquer une bombe nucléaire sur ses missiles balistiques, y compris ceux ayant une portée intercontinentale. Toujours d'après le journal, le ministère japonais de la Défense est arrivé aux mêmes conclusions. Il se pourrait par ailleurs que le dictateur nord-coréen ait la main sur 60 bombes atomiques, d'après un autre rapport officiel qui est néanmoins contesté par des experts jugeant ce nombre surestimé.

Auparavant, les analystes et autres membres du renseignement étaient, jusqu'ici convaincus que malgré les 10 ans qui se sont écoulés depuis le premier test nucléaire de Pyongyang en octobre 2006, la Corée du Nord était encore à quelques années de savoir maîtriser le processus de miniaturisation.

La Corée du Nord a mené cinq essais nucléaires, dont le dernier en date de septembre 2016. La bombe avait à peu près la puissance de celle lancée sur Nagasaki le 9 août 1945, soit environ 20 à 30 kilotonnes. Les missiles intercontinentaux pourraient avoir la capacité d'atteindre la côte ouest et la côte est des États-Unis avec une portée d'environ 10.000 kilomètres.

3. Quelles réactions internationales ?

Paris, par la voix de Christophe Castaner, considère que Donald Trump a fait preuve de "détermination" à l'égard de la Corée du Nord. Le porte-parole du gouvernement estime que cette attitude est celle que "tous les présidents américains auraient eue, parce qu'ils ne peuvent pas accepter qu'une partie de leur territoire puisse faire l'objet de tirs de missiles balistiques nucléarisés".

Berlin est un peu plus réservé. Le ministère allemand des Affaires étrangères a appelé les deux pays à faire preuve de "retenue" face à "l'escalade dans la rhétorique". "Rajouter des 'bruits de bottes' ne va certainement pas arranger les choses, la voie militaire ne peut être une solution", a souligné le porte-parole du ministère, Martin Schäfer.

La Chine, alliée de la Corée du Nord, a dénoncé de son côté des "paroles et actions" qui aggravent la situation. "La partie chinoise appelle toutes les parties à continuer sur la voie d'une résolution pacifique de la question nucléaire dans la péninsule coréenne, et à éviter les paroles et actions susceptibles d'intensifier les contradictions et d'aggraver la situation", a déclaré le ministère des Affaires étrangères.

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