3 min de lecture Terrorisme

Terrorisme : la nouvelle stratégie américaine pour éliminer les leaders jihadistes

DÉCRYPTAGE - Les États-Unis sont passés depuis plusieurs mois à une nouvelle stratégie, qui consiste à éliminer directement les chefs des organisations terroristes.

Le mollah Mansour a été tué par une frappe de drones américains le 21 mars 2016
Le mollah Mansour a été tué par une frappe de drones américains le 21 mars 2016 Crédit : AFP
Ryad Ouslimani
Ryad Ouslimani
Journaliste RTL

La guerre contre le terrorisme est-elle en train de prendre un nouveau virage ? La question se pose après la mort samedi 21 mai du mollah Akhtar Mansour, chef des Talibans d’Afghanistan, dans un bombardement de drone américain. Une action menée sur une route du Baloutchistan, une province du sud-ouest du Pakistan, qui n'est pas vraiment anodine. "Depuis le début de l'année 2015, nous avons tué plus de 40 cibles de haute valeur. Nous avons montré que nous pouvions les avoir où qu'ils se trouvent", avait déclaré il y a quelques semaines Steve Warren, l'un des porte-paroles de la coalition en Afghanistan.

Une déclaration calculée, alors que Barak Obama a annoncé un retrait des troupes américaines pour fin 2016. Les États-Unis en ont fini (pour le moment) avec les invasions massives et les bombardement de combattants. Washington serait plus encline actuellement à user de ce qui a aussi fait sa réputation : les frappes clandestines à travers sa puissante CIA

Des attaques ciblées et plus efficaces

Le 10 mai 2016, le Pentagone annonçait la mort d'Abou Wahib, un important chef militaire de l'État Islamique en Irak. Lui aussi a vu une frappe aérienne venir le faucher en compagnie d'autres jihadistes. Apparu dans plusieurs vidéos d'exécutions, et chef d'une région stratégique, il était devenu l'homme à abattre pour les Américains, qui se sont lancés dans des missions de ce genre qui ne sont pas sans rappeler certains films de cinéma. Ainsi, après avoir avoir envoyé des milliers d'hommes sur le terrain, sans grand succès, les États-Unis semblent opter désormais pour des solutions ciblées et radicales. Un groupe d'environ 200 hommes, tous issus des forces spéciales, serait dédié à la traque et à l'exécution des chefs d'Al-Qaïda, de Daesh ou des Talibans. 

Des hommes surentraînés des Delta Forces ou des Navy Seals capables de traquer les terroristes n'importe où et n'importe quand, quel que soit le territoire et ils ont carte blanche. Barak Obama a donné des moyens illimités en terme d'écoutes téléphoniques et de traque numérique à ces unités spéciales. En mars, c'est Abderrahmane Qadouli, considéré comme le ministres des Finances et numéro 2 de l'EI qui a vu les États-Unis l'éliminer, et ce afin de donner "un coup de frein aux capacités de l'EI à conduire des opérations en Irak et en Syrie, et à l'étranger", avait déclaré le secrétaire américain à la Défense, Ashton Carter. 

Un message envoyé à tous, même à l'allié pakistanais

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Parmi les cibles éliminées, Omar al-Tchitchani ex-commandant militaire de Daech et le Saoudien Amr al-Absi, responsable de plusieurs enlèvements, étaient des gros poissons. Syrie, Irak, Afghanistan ou Pakistan, il n'y nul endroit où les chefs des organisations terroristes sont à l'abri de l'intervention des escadrons US. Et peu importe si ça fait grincer des dents chez certaines alliés, à commencer par le Pakistan. En effet, Islamabad n'a semble-t-il pas vraiment goûté l'intervention de son allié américain sur son sol, ce qui ne pouvait se faire qu'avec l'autorisation personnelle de Barak Obama. Ce dernier se passerait donc de consulter son allié, auquel il verse des dizaines de milliards de dollars d'aides militaires, mais qui garde un peu trop une propension à jouer double jeu. 

Depuis un peu plus d'un an, le président afghan Ashraf Ghani tente de lancer un processus de paix avec les Talibans, entièrement soutenu par les États-Unis. Le Pakistan, soutien des Talibans, n'aurait quant à lui pas vraiment joué le jeu en coulisses et les violences ont connu une recrudescence depuis le début de l'année. Les attentats se multiplient en Afghanistan et les États-Unis ont donc décidé de revenir dans le jeu via leurs services de renseignements, et de frapper directement les têtes pensantes. En sous-titre il y a donc un rappel à l'ordre du Pakistan et de son Inter-Services Intelligence. En effet, le mollah Mansour était considéré comme l'homme d'Islamabad. 

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