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À Charlottesville, Donald Trump voit "des torts des deux côtés"

Le président américain a suscité un tollé en affirmant que la responsabilité des violences qui ont secoué Charlottesville devait être recherchée "des deux côtés".

Donald Trump en conférence de presse à la Trump Tower (New York) le 15 août 2017.
Donald Trump en conférence de presse à la Trump Tower (New York) le 15 août 2017.
Geoffroy Lang
Geoffroy Lang
et AFP

En tentant d'éteindre les violences qui ont embrasé Charlottesville (Virginie), Donald Trump n'a fait que souffler sur les braises mardi 15 août depuis sa Trump Tower à New York. Après avoir tardé a condamné fermement les affrontements qui ont agité la ville de Virginie durant le week-end, le président américain a suscité une nouvelle levée de boucliers mardi en affirmant que la responsabilité des violences qui ont secoué Charlottesville devait être recherchée "des deux côtés".

Lors d'une conférence de presse chaotique depuis la Trump Tower, le président américain a renvoyé dos-à-dos les membres de la droite suprémaciste qui s'étaient donné rendez-vous dans cette petite ville de Virginie et les manifestants qui s'étaient rassemblés pour les dénoncer. Ces propos contrastaient avec la déclaration solennelle de lundi à la Maison Blanche au cours de laquelle il avait dénoncé, avec retard mais sans détours, des "violences racistes" inacceptables.

Vous aviez un groupe d'un côté qui était agressif. Et vous aviez un groupe de l'autre côté qui était aussi très violent.

Donald Trump
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Une femme de 32 ans a été tuée à Charlottesville quand un sympathisant néo-nazi de 20 ans, James Fields, a intentionnellement percuté avec son véhicule des contre-manifestants. Debout devant les ascenseurs dorés de sa tour de Manhattan, le président américain a commencé par avancer que sa première déclaration, très évasive, samedi, s'expliquait par le manque d'informations dont il disposait. "Quand je fais une déclaration, j'aime être correct. Je veux les faits. Les événements venaient d'avoir lieu", a-t-il dit, pour justifier sa réaction en deux temps. 

Mais face au feu roulant des questions, Donald Trump a ensuite justifié sa première approche. "Je pense qu'il y a des torts des deux côtés", a-t-il lancé, vindicatif. "J'ai regardé de très près, de beaucoup plus près que la plupart des gens. Vous aviez un groupe d'un côté qui était agressif. Et vous aviez un groupe de l'autre côté qui était aussi très violent. Personne ne veut le dire", a-t-il affirmé.

Une déclaration condamnée par la classe politique et saluée par le Ku Klux Klan

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"Que dire de l'Alt left qui a attaqué l'Alt right (terme qui désigne la droite alternative) comme vous dites ? N'ont-ils pas une  part de culpabilité Ont-ils un problème ? Je pense que oui", a-t-il lancé. "J'ai condamné les néo-nazis. Mais tous les gens qui étaient là-bas n'étaient pas des néo-nazis ou des suprémacistes blancs, loin s'en faut", a-t-il poursuivi, répétant que ce fut "une terrible journée". Les propos présidentiels ont été immédiatement salués par David Duke, un ancien leader du Ku Klux Klan qui était présent à Charlottesville.

"Merci président Trump pour votre honnêteté et votre courage", a-t-il lancé sur Twitter, le remerciant d'avoir "dit la vérité" et dénoncé "les terroristes de gauche". Ils ont, dans le même temps, suscité une vague de réactions indignées. Ileana Ros-Lehtinen, élue américaine républicaine de Floride, a exprimé son désaccord profond. "Accuser 'les deux côtés' après Charlottesville?! Non. Le retour au relativisme lorsqu'on parle du KKK, des sympathisants nazis et des suprémacistes blancs ? Clairement non"

Donald Trump défend bec et ongles son conseiller Steve Bannon

"En tant que juif, qu'Américain, qu'être humain, je ne trouve pas les mots pour exprimer mon dégoût et ma déception. Ce n'est pas mon président", a lancé le sénateur démocrate de Hawaii Brian Schatz. Le président américain a par ailleurs profité de cet échange avec les journalistes pour défendre Steve Bannon, son très controversé conseiller stratégique, chantre de la droite alternative américaine.

"J'aime bien Steve Bannon, c'est un ami (...) c'est quelqu'un de bien, pas un raciste", a-t-il lancé, tout en laissant entendre que son départ, source d'intenses spéculations depuis plusieurs jours, n'était pas exclu. Soulignant qu'il était arrivé "tard" dans son équipe, il a laissé planer le doute sur son avenir. "Nous verrons ce qui arrivera à Steve Bannon", a-t-il simplement dit. Selon le New York Times, le puissant magnat des médias Rupert Murdoch, fondateur de la chaine Fox News, a récemment exhorté Donald Trump à limoger son conseiller à la crinière poivre et sel. 

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