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Centrafrique : l'ONU dénonce des crimes contre l'Humanité

Une enquête des Nations unies révèle que des crimes contre l'humanité avaient été commis en Centrafrique par les 2 camps.

Les forces françaises à l'entrée de Sibut en Centrafrique le 1er février 2014 (illustration)
Les forces françaises à l'entrée de Sibut en Centrafrique le 1er février 2014 (illustration)
Crédit : AFP / JEAN-PIERRE CAMPAGNE /
La rédaction numérique de RTL & AFP

Une commission des Nations unies enquêtant sur les violences qui ravagent la République centrafricaine depuis deux ans a conclu que les deux camps avaient commis des crimes contre l'humanité, y compris un "nettoyage ethnique", mais que l'intervention internationale avait évité un génocide.

Cette commission créée par le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon en janvier 2014 estime que le conflit a fait "des milliers de morts", sans doute plus de 6.000, et fixe comme priorité de "mettre fin à l'impunité".

Des violations des droits de l'homme ont été commises par toutes les parties

La commission d'enquête de l'ONU

Elle avait commencé son travail en avril et remis son premier rapport en juin au Conseil de sécurité. Son rapport final, de 127 pages, transmis au Conseil en décembre, confirme en grande partie ses conclusions initiales.

"Des violations des droits de l'homme ont été commises par toutes les parties", conclut la commission. "La coalition Séléka et les (milices) anti-balaka sont aussi responsables de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité". Le rapport détaille une longue série d'exactions: viols, meurtres, recrutement d'enfants-soldats, torture, incendies d'habitations.

"Nettoyage ethnique", "crime contre l'humanité"

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"Bien que la commission ne puisse conclure qu'il y a eu génocide, le nettoyage ethnique de la population musulmane par les anti-balaka constitue un crime contre l'humanité", soulignent les enquêteurs.

L'action "opportune de la France"

L'absence de preuves d'un génocide, évoqué comme un risque par des responsables de l'ONU, "ne diminue en rien la gravité des crimes commis" et il n'est pas certain qu'un génocide pourra être évité à l'avenir. Les enquêteurs rendent à cet égard hommage à "l'action opportune menée par les forces de l'Union africaine et les forces françaises ainsi que la Minusca" (Mission de l'ONU en RCA).

De 3.000 à 6.000 morts dans les violences

La commission n'est pas en mesure de donner un bilan précis des deux années sur lesquelles elle a enquêté: "Les diverses estimations disponibles vont de 3.000 à 6.000 tués mais la commission considère qu'elles ne rendent pas pleinement compte de l'ampleur des tueries".

Le Conseil de sécurité avait voté en avril 2014 l'envoi de 12.000 Casques bleus en RCA, déchirée par des violences entre l'ex-rebellion Séléka à majorité musulmane, qui avait pris le pouvoir en mars 2013 avant d'être évincée en janvier 2014, et les milices anti-balaka en majorité chrétiennes.

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