1 min de lecture Centrafrique

Centrafrique : "Les miliciens ont tué ma mère d'une balle dans la tête et dans le ventre", dit un Banguissois

TÉMOIGNAGE - Un habitant de Bangui raconte comment les miliciens de la Séléka ont assassiné froidement sa mère et ses deux frères.

Les blessés recueillis à l'hôpital de Bangui (image d'illustration).
Les blessés recueillis à l'hôpital de Bangui (image d'illustration). Crédit : AFP/FRED DUFOUR
Brice Dugénie Journaliste RTL

La tension a baissé d'un cran en Centrafrique, après un début de semaine marqué par la mort de deux soldats français. Aucun pillage massif n'a été signalé à Bangui. On a même vu quelques taxis circuler à nouveau dans la capitale. Mais la population est encore sous le choc après les violences des derniers jours. RTL a rencontré un habitant de Bangui victime des horreurs des rebelles de la Séléka.

La haine du voisin

Il était 10 heures quand les miliciens sont entrés dans la maison que Boris partageait avec sa mère et ses deux frères. "Ils voulaient me tuer je leurs ai dit 'non s'il vous plaît'", relate le jeune centrafricain au micro de RTL.

Les hommes ont demandé à sa mère de leur donner de l'argent. Elle n'en avait pas, alors ils l'ont traînée en dehors de la maison. Un des miliciens s'est tourné vers Boris et lui a dit : "Tire-toi !" Boris fuit et laisse derrière lui les corps de ses deux frères.

Je ne peux pas laisser la mort de ma maman comme ça

Boris, habitant de Bangui
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Quelques minutes plus tard, il retrouve sa mère sur le bord de la route, à plus d'un kilomètre, gravement blessée. "Ils l'ont tuée d'une balle dans la tête et dans le ventre…", explique Boris avec émotion. Elle est morte chez elle quatre heures plus tard, sans aucune assistance médicale.

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Une semaine après, Boris a enterré sa maman. Il a soif de représailles mais espère trouver la force de se raisonner. "Je ne peux pas laisser la mort de ma maman comme ça. Si Dieu me calme je n'ai pas l'intention de vengeance…", affirme le jeune homme, "la paix et la démocratie, c'est ça que moi je veux."

Cette haine de son voisin, Boris ne la connaissait pas jusqu'à la semaine dernière. Comme des milliers de Centrafricains.

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"La paix c'est ça que moi je veux", dit un Centrafricain victime des miliciens Crédit Image : RTL | Crédit Média : Brice Dugénie | Durée : | Date :
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