2 min de lecture Économie

Brexit : Theresa May veut réindustrialiser l'Angleterre

ÉDITO - La Grande-Bretagne est en train de lancer un tournant dans sa politique économique. La Première ministre veut que l'État intervienne en force en faveur de l’industrie.

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Christian Menanteau : Theresa May veut réindustrialiser l'Angleterre Crédit Image : SIPA | Crédit Média : RTLnet | Date :
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Christian Menanteau
Christian Menanteau et Loïc Farge

Arnaud Montebourg en rêvait. La très conservatrice Theresa May va le faire. Le gouvernement britannique veut moins de finance et plus d’industries. C'est un événement qui nous concerne directement : nous risquons de nous trouver pris en tenaille entre le "made in Germany" à l'Est et un "made in England" adossé à une fiscalité de combat à l’Ouest. Nos voisins anglais doivent beaucoup de leur poids économique actuel dans le jeu mondial à leur spécialisation financière.

La City, c’est le plus important centre financier de la planète. C’est aussi l’usine bancaire de l’Europe. Même si la Grande-Bretagne n’est pas dans la zone Euro, c'est là que se négocie l’essentiel des opérations de notre monnaie unique. Pour son plus grand profit. La contrepartie de cette spécialisation c’est sa dépendance à l’Union européenne, le plus important marché commercial du monde, sa première source de revenu.

Le Brexit musclé décidé par nos amis anglais va couper ces liens et tarir le flot d’argent qui inonde la City. Il était donc impératif de rééquilibrer l’économie avec un appareil industriel fort pour continuer de jouer la carte de la mondialisation.

Le Brexit musclé décidé par nos amis va tarir le flot d'argent qui inonde la City

Christian Menanteau
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La Grande-Bretagne n'en a pas les moyens aujourd'hui. Ses pôles d’excellence sont majoritairement pilotés par des investisseurs étrangers. Mais ce pays possède des filières d'excellence : l'aéronautique, les véhicules propres, la numérisation et la robotique industrielle, les sciences de la vie à fortes capacités de recherche. Ils disposeront de plusieurs dizaines de milliards d’aides publiques.

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C’est un plan à long terme qui repose sur deux axes. D'abord, profiter du Brexit pour reconstruire une économie moins dépendante de la finance et de l’immobilier, et mieux répartie (le revenu d’un Londonien est 2,5 fois supérieur à celui d'un habitant de Glasgow). Ensuite, Londres, dégagée des règles européennes qui limitent les interventions des États et leur liberté budgétaire, espère prendre de l’avance sur les technologies et les marchés du XXIe siècle.

C’est audacieux : ce "made in England" est à bâtir et il devra lutter avec le "made in China", "Japan" et "America" sans le confort du Marché unique. Mais comme dirait la Reine : "À vaincre sans péril..."

La note du jour

03/20 à Michel Combes. SFR, l’opérateur dont il est le patron, a réussi l’invraisemblable : couper la ligne fixe d’un couple nonagénaire qui a refusée une box maison. SFR s’était déjà fait épingler par 60 millions de consommateurs. Cela ne s'arrange pas.

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