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Brexit : peut-on croire les sondages ?

Le référendum sur le Brexit au Royaume-Uni s'annonce tellement indécis que les instituts ont renoncé à publier des estimations le soir du 23 juin.

Une vue de Big Ben, à Londres
Une vue de Big Ben, à Londres
Crédit : SIPA
Brexit : peut-on croire les sondages ?
03:06
Loïc Farge
Loïc Farge

Il faudra attendre le vendredi 24 juin, vers 3 ou 4 heures du matin (voire plus si c’est ultra-serré) pour savoir si le Royaume-Uni reste dans l'Union européenne. Les instituts de sondages britanniques sortent des chiffres et des tendances différentes tous les jours en ce moment. Aujourd'hui, il y a quatre points d’avance pour la sortie de l’Europe (le Brexit). Les sondeurs voulaient publier des projections à 22 heures, à l’heure de fermeture des bureaux de vote. Mais ils pataugent tellement pour savoir ce qui se passent dans la tête des Britanniques que la BBC, qui donne le "la" pour les soirées électorales, a choisi de ne pas publier d’estimation le soir. C’est trop risqué.

On va donc compter les bulletins britanniques toute la nuit, comme au bon vieux temps. L’Europe va devoir suivre le dépouillement circonscription par circonscription. La BBC et les sondeurs britanniques ne sont pas remis de l’immense ratage l’année dernière. Ils annonçaient les législatives les plus serrée depuis quarante, et les conservateurs de David Cameron ont été réélus avec sept points d’avance. Le fiasco a déclenché une enquête indépendante. "Les sondeurs ont dû dévoiler les secrets de leurs méthodologies", précise Marie Billion, la correspondante de RTL à Londres, pour tirer les leçons de cet accident industriel.

Les sondeurs condamnés au marc de café ?

L'électeur moderne est-il donc devenu insondable ? "Nous n’arrivons pas à jauger le volume d’électeurs qui s’autorisent un vote de protestation et qui changeront d’avis au dernier moment", explique le politologue Tony Travers. Les sondeurs sont-ils condamnés au marc de café ? Non, se défend Gaël Sliman. Le président de l’institut français Odoxa souligne que les Français ont tiré les leçons de leur grand ratage, le 21 avril 2002.
"Depuis 2002, les sondages réalisés à quelques jours d'une élection présidentielle en France sont le juste reflet de ce qui se passe dans les urnes, à un ou deux points près", décrypte-t-il. "On n'a pas vécu depuis 2002 le choc que viennent de vivre nos confrères britanniques. Le métier de sondeur, à quelques jours d'une élection, est de plus en plus difficile pour les élections où l'indécision est très forte (...) Mais en même temps on a des méthodologies bien plus fines grâce au développement des nouvelles technologies, ce qui compense un petit peu cette nouvelle difficulté", remarque-t-il encore.

Pour les parieurs, le Brexit n'aura pas lieu

Les sondeurs britanniques, eux, n’ont semble-t-il pas encore trouvé la bonne méthode. Si on regarde de près pour le Brexit, les études effectuées par téléphone plutôt que par Internet donnent, par exemple, systématiquement plus d’avance au camp du maintien dans l’Union européenne. Comme si c’était moins "avouable" d’être partisan du Brexit.
Pour le référendum du 23 juin, on ne donc peut pas se fier aux sondages britanniques ? Disons qu'il est conseillé de regarder aussi ce que disent les bookmakers de Londres. Les sondages n’arrivent pas à trancher, mais les bookmakers eux, depuis des mois, sont persuadés que la Grande-Bretagne va rester dans l’Union. Neuf parieurs sur dix misent sur le maintien. Pour les bookmarkers, le Brexit n'aura pas lieu. Quand on regarde leurs performances sur les dernières élections, ils se trompent... moins souvent que les sondages.

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