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Brexit : le bras de fer entre l'UE et les Britanniques

REPLAY - Le Royaume-Uni serait prêt à payer 40 milliards d'euros pour sa sortie de l'Union européenne. Une somme bien moins importante que le chiffres évoqués par Bruxelles.

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Brexit : le bras de fer entre l'UE et les Britanniques Crédit Image : LDD/ZJOG/WENN.COM/SIPA | Crédit Média : RTLnet | Date :
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Bénédicte Tassart
Journaliste RTL

On commence à savoir combien le Royaume-Uni est prêt à payer pour sortir de l'Union européenne. 40 milliards d'euros, selon le chiffre révélé dimanche 6 août par le Sunday Telegraph, on est loin des 100 milliards d'euros évoqués du côté de Bruxelles, ou même des 60 milliards retenus dans les hypothèses les plus basses du côté de l'Union Européenne...

Le chiffre n'est pas officiel mais les négociateurs britanniques le font circuler pour montrer leurs muscles, pour prouver que dans les négociations qui vont encore durer plusieurs mois, ils ne se laisseront pas faire.

Bruxelles prend une image pour expliquer le fait que les Britanniques doivent payer : c'est la même chose que lorsqu'on sort au pub entre amis, il faut régler la tournée de bières, même si la fête continue sans vous ! Le Brexit devrait être effectif le 1er avril 2019, les Britanniques ont voté l'année dernière par référendum cette sortie de l'Union européenne, mais auparavant, Londres s’était engagé à financer des dépenses décidées et votées avec les 27 autres pays de l'UE : les aides aux agriculteurs, de nouvelles routes, ou encore la construction de satellites européens. Il y a aussi le plan de relance Juncker, et enfin qui va financer les vieux jours des fonctionnaires européens ? Les Britanniques doivent participer, ils ont profité du travail de ces fonctionnaires. 

Londres, quatrième contributeur du budget européen

En règle générale, le budget européen prévoit des investissements sur 7 ans. Les Britanniques ont promis de l'argent, ils doivent payer, Londres est d'ailleurs d'accord pour respecter ses obligations, mais déjà politiquement, à l'intérieur du pays, c'est difficilement explicable devant les britanniques et deuxièmement, 40 milliards d'euros est une fourchette basse. 

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Les Britanniques ne participent pas beaucoup au budget européen, c'est pour ça aussi qu'ils ne nous manqueront pas beaucoup : leur apport c'est un peu plus de 9% du budget européen, Londres est le quatrième contributeur, loin derrière l'Allemagne, la France et l'Italie. Une faveur qu'avait obtenu le Royaume-Uni en 1979, c'est le fameux coup de sang de Margaret Thatcher, "I want my money back", à l'époque, la Grande-Bretagne avait négocié un énorme rabais sur sa contribution.

Londres veut négocier un accord de libre-échange

40 milliards, c'est un chiffre négociable, mais ça va être ardu. Les Britanniques avaient tiré des premières flèches il y a quelques semaines, Boris Johnson, eurosceptique convaincu, avait déclaré que les Européens pouvaient toujours courir pour obtenir 100 milliards. Et puis les Britanniques se disent prêts à verser 40 milliards mais sous condition, parce qu'ils ne sont pas fous à Londres, leur priorité, c'est surtout d'obtenir un accord de libre-échange, de ne pas payer de taxe sur les produits qui passent leurs frontières. À Bruxelles on n'est pas d'accord pour évoquer dans les discussions les relations commerciales avec le Royaume-Uni. 

L'Union européenne veut d'abord obtenir ce chèque, parvenir à un accord sur les citoyens européens résidant au Royaume-Uni, ils sont quand même 3 millions d'expatriés européens là-bas, et régler cette question de la frontière entre l'Ulster et l'Irlande. Trois dossiers sur lesquels planchent en ce moments trois groupes de travail. Mais personne n'est dupe, ces négociations pour le Brexit vont être plus que difficiles. En juillet dernier, Michel Barnier, négociateur en chef pour l'Union Européenne, avait offert au ministre britannique en charge du Brexit un bâton de randonnée et il avait reçu en échange un livre intitulé Regards sur l'Annapurna... C'est vous dire que le chemin sera rude.

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