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Brésil: après l'incendie, une marée noire de grande ampleur

Depuis le début du mois de septembre, de grandes galettes de pétrole ont souillé plus de 130 plages du nord-est du Brésil.

Une plage de Parambu au Brésil, recouverte de pétrole en octobre 2019
Crédit Image : HO / ADEMAS / AFP

Le Brésil doit faire face à un désastre "d'une ampleur inédite" depuis le début du mois de septembre. Ce sont plus de 130 plages sur au moins 2.000 km dans le nord-est du pays, qui ont été polluées aux hydrocarbures. De larges galettes de pétrole souillent des plages paradisiaques de cette région pauvre qui dépend grandement du tourisme.

Début octobre, la police brésilienne avait annoncé l'ouverture d'une enquête pour évaluer la possibilité d'un "crime environnemental", cette pollution ayant déjà causé la mort de tortues marines. "Les premiers éléments montrent que le pétrole qui pollue toutes ces plages aurait la même origine, qui n'a toujours pas été déterminée", expliquait le 2 octobre, l'agence environnementale publique Ibama.

Une semaine plus tard, le ministre brésilien de l'Environnement Ricardo Salles a rejeté la faute sur le Venezuela. "Ce pétrole vient probablement du Venezuela, comme le montre un rapport de Petrobras. Ce pétrole se trouvait dans un navire étranger qui naviguait près de la côte brésilienne", avait expliqué le ministre devant une commission parlementaire.

Le Venezuela nie les accusations

La compagnie pétrolière publique Petrobras, qui a pris part aux opérations de nettoyage, avait assuré début octobre, que ce pétrole n'était "ni produit ni commercialisé par l'entreprise", après avoir effectué des analyses sur des échantillons prélevés sur place.

Jeudi 10 octobre, la compagnie pétrolière d'Etat vénézuélienne PDVSA a nié être à l'origine de ces grandes galettes de pétrole. "PDVSA rejette catégoriquement les déclarations du ministre brésilien de l'Environnement, Ricardo Salles, qui accuse le Venezuela d'être à l'origine (des galettes de) brut qui contaminent les plages du nord-est du Brésil depuis début septembre", a déclaré le groupe dans un communiqué.

L'entreprise juge "infondées" les affirmations du Brésil, "étant donné qu'il n'existe aucune preuve d'une quelconque fuite de brut sur les champs pétroliers du Venezuela qui pourrait avoir provoqué des dommages à l'écosystème maritime du pays voisin".

"Un cas inédit"

Le mystère reste donc entier sur la provenance de ce pétrole, même si certaines hypothèses commencent à prendre forme. La Marine brésilienne, qui coordonne les investigations, souligne sur son site qu'il s'agit d'un "cas très complexe et inédit dans l'Histoire du Brésil". Plusieurs médias brésiliens font état du rapport de la compagnie pétrolière Petrobras affirmant que le pétrole serait bien d'origine vénézuélienne.

Les enquêteurs évoquent la possibilité d'une fuite provenant d'un "cargo pétrolier fantôme" qui transporterait des hydrocarbures clandestinement en raison de l'embargo pétrolier imposé par les Etats-Unis au Venezuela. "Hier, nous avons eu une réunion avec des représentants de divers organes publics comme l'agence environnementale Ibama, le parquet et la Marine et cette hypothèse d'un navire fantôme a été évoquée", explique à l'AFP Maria Christina Araujo, océanographe à l'Université fédérale de Rio Grande do Norte (UFRN), un des Etats affectés par la catastrophe.

"Il s'agirait d'un cargo qui naviguerait illégalement, suivant des routes maritimes peu connues, et transporterait du pétrole vénézuélien malgré ces sanctions", ajoute-t-elle.

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