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Boudé par l'Occident, Vladimir Poutine espère trouver le soutien du pape François

Le président russe va rencontrer mercredi le pape François pour la deuxième fois au Vatican pour évoquer la situation en Ukraine et au Moyen-Orient.

Vladimir Poutine le 2 juin 2015.
Vladimir Poutine le 2 juin 2015.
Crédit : PAVEL GOLOVKIN / POOL / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

Isolé sur la scène internationale, Vladimir Poutine va chercher au Vatican une oreille attentive auprès du pape François, qu'il rencontrera mercredi pour la seconde fois. Le président russe profitera d'une visite au pavillon russe de l'Expo-2015 à Milan pour faire un crochet par le Vatican, où il évoquera avec le pape argentin la situation en Ukraine et au Moyen-Orient, selon des sources proches du Saint-Siège.

Champion d’un modèle alternatif au modèle occidental, reposant en grande partie sur des valeurs conservatrices et fustigeant par exemple le mariage gay, le chef d’État espère trouver avec le souverain pontife un interlocuteur à l'écoute au moment où l’ensemble des capitales occidentales le boudent. Il l'avait déjà trouvé en 2013. François avait alors écrit à Vladimir Poutine, en tant que président du G20, pour plaider pour une solution diplomatique et contre une intervention militaire extérieure dans le conflit syrien. Une attitude qui avait satisfait le chef du Kremlin.

Sortir du statut de paria, pas si simple

"Poutine veut sortir de son statut de paria. Et il espère que cela marchera avec le pape", estime ainsi Boris Falikov, du Centre d’études des religions de l’Université en sciences humaines de Moscou. "Mais le calcul de Poutine est mauvais : depuis il y a eu l’annexion de la Crimée, l’invasion de l’est de l’Ukraine", explique-t-il. En Ukraine, les rebelles sont en majorité des orthodoxes rattachés au patriarcat de Moscou et se battent contre d'autres orthodoxes et contre les grecs-catholiques (uniates) rattachés à Rome.

Le 25 novembre 2013, le chef de l’État russe, qui se présente en fervent orthodoxe, ami de l’Église russe, avait déjà été reçu par le nouveau pape. Depuis lors, la guerre civile syrienne est devenu incontrôlable, et le conflit ukrainien a placé le Vatican et le pape face à un nouveau défi, illustrant l'étroitesse de leur marge de manœuvre.

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Le Saint-Siège et le pape n'ont cessé d'appeler les Ukrainiens à se réconcilier et à cesser une guerre entre "frères" chrétiens. Mais le Vatican est resté très prudent dans cette crise. Le pape est critiqué avec amertume à Kiev par les catholiques uniates pour son absence de condamnation directe de la politique russe en Ukraine.

Le dialogue entre le Vatican et le patriarcat russe au cœur du débat

Car pour le Saint-Siège, le dialogue entamé depuis des décennies entre le Vatican et le patriarcat russe, la branche la plus importante de l'orthodoxie, est aussi un enjeu. Les deux Églises avaient fait un bout de chemin l’une vers l’autre suffisant pour que soit envisagée une visite du pape François à Moscou. Un tel déplacement aurait constitué un événement historique puisqu’aucun pape ne s’est rendu en Russie depuis la séparation des Églises d’Orient et d’Occident lors du "schisme" de 1054.

La crise en Ukraine a marqué un brusque coup de frein dans ce dialogue
, et les orthodoxes ont marqué leur mécontentement à l'égard des catholiques par divers gestes. Le patriarche de l’Église orthodoxe Kirill a par exemple décidé de décliner l'invitation aux Journée mondiales de la jeunesse (JMJ) en 2016 de Cracovie en Pologne très catholique, ferme soutien de Kiev.

Plusieurs points de convergences

Vladimir Poutine pourra faire valoir au pape que la Russie reste fidèle à son rôle traditionnel depuis le 19ème siècle de protecteur des chrétiens d'Orient, catholiques ou orthodoxes, en défendant des régimes comme le régime de Bachar al-Assad qui les a toujours protégés.

Selon le vaticaniste Giuseppe Rusconi du site conservateur Rossoporpora, il y aurait aussi "une convergence entre la Russie et le Vatican pour défendre les valeurs non négociables", par exemple le refus de la légalisation du mariage gay. L’Église russe ne cesse fustiger la "décadence" de l'Occident. Le Saint-Siège peut aussi trouver un allié dans la Russie pour sa tentative de longue haleine de se rapprocher de la Chine, estiment certains observateurs qui suivent le Vatican.

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