1 min de lecture Birmanie

Birmanie : au moins 32 morts dans des émeutes communautaires

L'armée birmane, qui a repris samedi le contrôle de la ville de Meiktila (centre) après trois jours de violences entre bouddhistes et musulmans, a découvert 21 corps supplémentaires, ce qui porte le bilan provisoire des émeutes à 32 morts.

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La rédaction numérique de RTL

Lourd bilan
En vertu de l'état d'urgence décrété vendredi, une cinquantaine de camions militaires ont été dépêchés dans cette bourgade située à 130 km de la capitale Naypyidaw afin d'y rétablir l'ordre. Et leur journée aura été particulièrement macabre. "Une fois la stabilité et la paix restaurée dans la région par les forces de sécurité, 21 corps supplémentaires ont été découverts dans les décombres", a déclaré le ministère de l'Information dans un communiqué posté sur son site internet. "Ces cadavres ont été complètement détruits et ne permettent pas une identification par le nom, l'ethnie ou la religion", a-t-il précisé.

Birmanie sous tension.
  
Le nouveau bilan s'établissait donc à 32 morts, en comptant les onze morts déjà enregistrés dans la presse officielle, a confirmé un responsable sous couvert de l'anonymat. Il a précisé que ce chiffre n'était pas définitif.
  
Par ailleurs, un total de 8.800 personnes se sont réfugiées dans des lieux sûrs, notamment les écoles et les monastères. "Les autorités locales ramènent chez eux ceux qui veulent rentrer en toute sécurité", selon le ministère.
  
Violences religieuses
Pendant trois jours, des quartiers entiers et plusieurs mosquées sont partis en fumée tandis des corps calcinés restaient dans la rue. Des violences qui soulignent une tension croissante entre bouddhistes et musulmans, et qui posent un défi majeur au régime réformateur au pouvoir depuis le départ de la junte militaire il y a deux ans.
  
Le chef de l'Etat birman, l'ancien général Thein Sein, est crédité du mouvement de réformes qui a emporté le pays dans un tourbillon d'espoir depuis deux ans. Mais sa gestion de ces violences est contestée, certaines organisations comme Human Rights Watch accusant les forces de sécurité de passivité, voire de complicité. Une commission d'enquête a été mise en place.
  
L'Etat d'urgence, qui donne aux militaires des pouvoirs étendus, s'était déjà révélé nécessaire l'an passé dans l'Etat de Rakhine (ouest), où des affrontements entre bouddhistes de l'ethnie rakhine et musulmans de la minorité apatride des Rohingyas avaient fait plus de 180 morts et 115.000 déplacés. Ces violences mettent en lumière un racisme profondément inscrit dans la société, dont une frange importante considère le bouddhisme comme indissociable de l'appartenance à la nation birmane.
Les musulmans représentent officiellement 4% des 60 millions de Birmans, mais aucun recensement n'a été mené dans le pays depuis 30 ans. Beaucoup sont d'origine indienne, chinoise ou bangladaise, installés de longue date dans le pays.

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