2 min de lecture Dalaï Lama

Barack Obama et le dalaï lama sous le même toit, le face-à-face qui irrite Pékin

Le dalaï lama est invité ce jeudi à l'occasion du traditionnel "petit déjeuner national de prière" à Washington.

Le dalaï lama le 13 décembre 2014 à Rome (archives).
Le dalaï lama le 13 décembre 2014 à Rome (archives). Crédit : ANDREAS SOLARO / AFP
micro générique
La rédaction numérique de RTL
et AFP

Rendez-vous traditionnel au cœur de l'hiver à Washington, Barack Obama s'exprimera ce jeudi 5 février s'exprime devant quelque 3.000 personnes à l'occasion du "petit déjeuner national de prière". Un événement qui aura une consonance toute particulière cette année, car le dalaï lama figure sur la liste des invités.

Le président américain prononcera un discours depuis une estrade, tandis que le chef spirituel des Tibétains, qui ne s'exprimera pas publiquement, sera dans l'assistance, non loin de là. Ce ne sera pas un long face-à-face, peut-être à peine quelques mots, mais c'est suffisant pour irriter Pékin.

"Aucune rencontre prévue"

Un bref échange entre les deux prix Nobel de la paix n'est pas exclu lors de ce rendez-vous, où le président salue traditionnellement nombre de leaders religieux. Mais la Maison Blanche souligne qu'aucune "rencontre spécifique" entre les deux hommes n'est prévue.

Reprenant une formule soigneusement calibrée, l'exécutif américain a rappelé cette semaine que Barack Obama soutenait les enseignements du dalaï lama ainsi que son souci de préserver "les traditions religieuses, culturelles et linguistiques" du Tibet.

La Chine opposée à toute rencontre

À lire aussi
Le dalaï lama, pendant une conférence à New Delhi, le 27 avril 2017 Dalaï Lama
Le dalaï lama présente des excuses à la suite de propos jugés sexistes

Sans surprise, la Chine, qui met invariablement en garde contre toute ingérence dans ses "affaires intérieures", a vivement réagi. "Nous sommes opposés à toute rencontre, quelle que soit sa forme, entre un dirigeant étranger et le dalaï lama", a déclaré Hong Lei, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Ce dernier a appelé les États-Unis à "agir sur la question comme il se doit, en prenant en compte les intérêts de la relation bilatérale" entre Pékin et Washington.

Comme un air de déjà-vu

De nombreux Tibétains dénoncent la répression de leur religion et de leur culture, estimant par ailleurs ne pas profiter du développement économique de leur région. Officiellement en retrait de l'action politique, le dalaï lama appelle à davantage d'autonomie pour le Tibet plutôt qu'à une indépendance formelle.

Barack Obama et le chef spirituel des Tibétains se sont déjà rencontrés à trois reprises. Lors de leur dernière rencontre, en février 2014, la Maison Blanche avait pris soin de souligner que ce dernier était reçu "en tant que chef spirituel et culturel respecté internationalement", sous-entendant qu'il n'était pas convié en qualité de dirigeant politique. Et la rencontre - qui n'était pas ouverte à la presse - n'avait pas eu lieu dans le prestigieux Bureau ovale.

En dépit de ces précautions de forme, Pékin avait immédiatement qualifié l'entrevue de "grossière ingérence" dans ses affaires intérieures.

Le dalaï lama très populaire aux États-Unis

Quelques semaines plus tard, le dalaï lama s'était de nouveau rendu à Washington, où il jouit d'une réelle popularité des deux côtés de l'échiquier politique, pour prononcer la traditionnelle prière qui ouvre une session du Sénat.

Lors d'une rencontre avec les élus, il avait exhorté Washington à défendre avec confiance la démocratie. "Vous êtes la nation à la tête du monde libre", avait lancé le chef religieux. Furieuse, la Chine avait transmis à Washington "des protestations solennelles".

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Dalaï Lama Barack Obama Chine
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants