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Bamako : 5 morts dont 1 Français dans une attaque

Cinq personnes ont été tuées dans un restaurant de Bamako au Mali. Deux suspects ont été arrêtés.

L'attaque contre le restaurant a fait cinq morts.
L'attaque contre le restaurant a fait cinq morts. Crédit : ISSOUF SANOGO / AFP
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Un Français, un Belge et trois Maliens ont été abattus dans la nuit de vendredi à samedi dans un restaurant en plein coeur de Bamako, premier attentat visant des Occidentaux dans la capitale du Mali qui vit depuis 2012 sous la menace jihadiste.

L'attaque, qualifiée de "terroriste" par un policier, n'a pas été revendiquée. Elle survient à un moment crucial des négociations de paix entre le gouvernement malien et la rébellion armée à dominante touareg. "C'est le premier attentat de ce type à Bamako", explique Pierre Boilley, directeur de l'Institut des mondes africains (IMAF), selon qui "la cible est confuse parce qu'il y a un Français qui a été tué certes, mais il y a quand même trois Maliens, un Belge..."

Outre les tués, la fusillade a fait au moins huit blessés, dont trois Suisses parmi lesquels une femme très grièvement touchée, selon des sources hospitalières. Le ministère suisse des Affaires étrangères a indiqué ne pouvoir confirmer qu'une Suisse était blessée, mais l'armée suisse a indiqué que deux militaires suisses envoyés au Mali pour s'occuper de déminage et de la sécurisation de stocks d'armement, touchés dans l'attaque, avaient été hospitalisés dans un état "stable mais critique".

"Mort aux blancs" crié avant d'entrer dans le restaurant

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Selon des témoins et des sources policières, au moins un homme armé est entré peu après minuit (heure locale et GMT) à "La Terrasse", un établissement sur deux niveaux (boîte de nuit au rez-de-chaussée et bar-restaurant à l'étage) apprécié des expatriés. La Terrasse se trouve dans une rue très animée de la capitale, dans le quartier de l'Hippodrome qui compte de nombreux bars, restaurants et discothèques. Il a lancé des grenades avant d'ouvrir le feu, puis jeté deux autres grenades en partant en direction d'une patrouille de police, tuant un policier.

Une source diplomatique a expliqué que le ou les auteurs de l'attaque ont tué le Belge et deux Maliens dans la rue, à proximité du restaurant, avant d'entrer et d'ouvrir le feu. "Ils auraient crié 'Mort aux blancs' en rentrant dans le restaurant (...) Ca fait penser à un attentat contre la présence des Européens. Puis ils auraient visé le Français", a ajouté cette source. Un ami de ce dernier, Zakaria Maïga, a dit avoir "identifié sa dépouille" à la morgue, évoquant un seul tireur. Dans une rue voisine ont été retrouvées les dépouilles d'un policier malien et d'un gardien d'un domicile privé, et à quelques mètres de là, celle d'un ressortissant belge.

Deux suspects, dont ni l'identité ni la nationalité n'ont été précisées,ont été arrêtés samedi, selon des sources policières maliennes. Ils "sont en train d'être interrogés" et fournissent des informations "intéressantes", a affirmé une de ces sources.

La communauté internationale condamne d'un attentat "lâche"

Le chef de l'Etat français François Hollande a dénoncé "avec la plus grande force le lâche attentat" de Bamako. Mongi Hamdi, le chef de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma) qui a déployé quelque 10.000 militaires et policiers dans le pays, a condamné une "attaque odieuse et lâche". Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a fustigé une attaque "horrible et lâche".

Le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders a condamné "cette terreur lâche, ignoble qui a frappé à Bamako", et confirmé la mort d'un citoyen belge. Il s'agit d'un ex-militaire responsable de la sécurité pour la délégation de l'Union européenne (UE) au Mali, père de deux enfants, selon une source diplomatique.

La rébellion touareg sous pression

Le nord du Mali était tombé au printemps 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda. Ils ont été en grande partie chassés par l'opération militaire "Serval", lancée par la France en janvier 2013, à laquelle a succédé en août 2014 l'opération "Barkhane", dont le rayon d'action s'étend à l'ensemble de la zone sahélo-saharienne. Des zones entières du nord du pays échappent toujours au pouvoir central, mais les attaques jihadistes, qui s'étaient multipliées depuis l'été contre la Minusma, ont diminué d'intensité.

L'attentat se produit au moment où la rébellion à dominante touareg est sous forte pression internationale, y compris de l'ONU, pour parapher d'ici fin mars un accord de paix, comme l'a déjà fait le gouvernement malien le 1er mars à Alger.

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Cinq personnes ont été tuées dans un restaurant de Bamako au Mali. Deux suspects ont été arrêtés.
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2015-03-07 05:39:00
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