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Autriche : les corps de plusieurs dizaines de migrants découverts dans un camion

20 à 50 personnes décédées ont été trouvées dans une remorque sur le bord d'une autoroute. Un drame qui doit servir d'"avertissement", selon Angela Merkel.

Le camion dans lequel les corps de 20 à 50 migrants ont été découverts, le 27 août 2015, en Autriche.
Le camion dans lequel les corps de 20 à 50 migrants ont été découverts, le 27 août 2015, en Autriche.
Crédit : DIETER NAGL / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

Les corps de plusieurs dizaines de migrants ont été découverts par la police autrichienne, ce jeudi 27 août, dans un camion. La chancelière allemande Angle Merkel lance un appel pressant à l'Europe pour trouver une issue à cette crise. 

Cette découverte macabre a été révélée alors qu'Angela Merkel participait à Vienne à un sommet avec les dirigeants des Balkans de l'Ouest. Entre 20 et 50 corps ont été trouvés dans un camion garé sur une aire de stationnement d'autoroute, dans l'est de l'Autriche, non loin de la Hongrie, elle aussi débordée par un afflux de migrants. "Aujourd'hui est un jour sombre (...) ce drame nous affecte tous (...) Les trafiquants d'êtres humains sont des criminels", a réagi la ministre de l'Intérieur autrichienne Johanna Mikl-Leitner.

La police hongroise va se joindre à l'enquête, a annoncé Budapest, le camion ayant une plaque d'immatriculation hongroise. Le chauffeur du véhicule est un Roumain. "Il semble que les victimes étaient des migrants, dans une opération de trafic d'êtres humains", précise le porte-parole du Premier ministre hongrois Viktor Orban, Janos Lazar.

Pour Merkel, "c'est un avertissement"

"Nous sommes tous bouleversés par ces terribles nouvelles", a réagi Angela Merkel. "C'est un avertissement pour que l'on se mette au travail, pour résoudre ce problème et faire preuve de solidarité". La chancelière reconnaît que les pays des Balkans de l'Ouest font face à "d'énormes défis". "Il est de notre responsabilité d'aider ces pays". 

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La Macédoine et la Serbie, deux des principaux points de passage des dizaines de milliers de migrants qui tentent de rejoindre l'UE, appellent l'UE à adopter un plan d'action. "Nous faisons face à la plus grande crise de réfugiés depuis la Seconde Guerre mondiale", souligne le ministre serbe des Affaires étrangères Ivica Dacic. Son homologue macédonien Nikola Poposki précise que son pays accueille chaque jour 3.000 migrants venant de Grèce. "Nous devons agir maintenant", tance-t-il. 

La Hongrie débordée

La "route des Balkans de l'Ouest" est empruntée par des Syriens et des Irakiens fuyant la guerre, mais aussi par des Albanais, Kosovars ou Serbes en quête d'une vie meilleure, en bus, à pied, passant sous les barbelés ou prenant d'assaut les trains... Les scènes de chaos se multiplient en Europe orientale, à mesure que ces milliers de migrants avancent à travers le continent.

La Hongrie, membre de l'UE, qui fait face à un afflux record à sa frontière avec la Serbie, a annoncé ce jeudi qu'un nouveau record quotidien avait été atteint, avec 3.241 migrants arrivés mercredi. L'afflux s'est intensifié, alors que le pays doit achever le 31 août la construction d'une clôture grillagée le long des 175 km de sa frontière avec la Serbie. 

Nouveau drame en Méditerranée

En Méditerranée, dix opérations de sauvetage ont été lancées mercredi, pour récupérer des naufragés à bord d'embarcations ou de canots pneumatiques en difficulté, dans le canal de Sicile et non loin des côtes libyennes. 3.000 migrants ont été secourus, selon les gardes-côtes italiens. Mais 55 cadavres de migrants ont été découverts à bord de trois embarcations, dont 51 se trouvaient dans une cale. Les victimes seraient mortes asphyxiées par les émanations de gaz du moteur du petit bateau, selon des informations de presse. La semaine dernière, 5.300 personnes ont été secourues par la marine italienne et la mission européenne Triton. 

Confrontées à l'arrivée massive de migrants, l'Italie, la Grèce et la Hongrie se sont vu reprocher par certains de leurs partenaires de les laisser passer. Répondant aux critiques, le chef de la diplomatie italienne Paolo Gentiloni qualifie son pays de "modèle positif", sauvant "des dizaines de milliers de vies humaines" en Méditerranée. Un vice-Premier ministre tchèque, Andrej Babis, a, lui, appelé à la "fermeture" de la frontière extérieure de l'espace Schengen, pour "défendre" cette zone de libre circulation.

L'UE divisée sur le sujet

Les 28 n'arrivent pas à se mettre d'accord sur une répartition équitable des demandeurs d'asile. Ils peinent aussi à mettre en place les centres censés soulager les pays de première entrée, pour faire le tri entre migrants économiques et réfugiés. Le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier, dont le pays attend 800.000 demandes d'asile en 2015, a renouvelé son appel à réformer le système de Dublin, qui organise l'examen des demandes d'asile en Europe, "pour distribuer les réfugiés équitablement au sein de l'UE". 

Son homologue autrichien Sebastian Kurz estime lui aussi que la crise "nécessite désespérément une solution pan-européenne". "Si nous n'arrivons pas à trouver une solution européenne commune et rapide, de plus en plus de pays, comme la Hongrie et le Danemark, tenteront de résoudre la crise par des mesures unilatérales", avertit-il. "Cela ne marchera pas, et cela mettra en danger surtout notre conception européenne de frontières ouvertes". 

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