5 min de lecture Australie

Prise d'otages à Sydney : 5 otages sont sortis, le preneur d'otages évoque 4 bombes

Une prise d'otages a lieu à Sydney en Australie, dans un café sur les fenêtres duquel était plaqué un drapeau islamique noir. La police vient de lancer l'assaut.

L'une des otages du Lindt Café de Sydney curant vers les agents de police postés autour du bâtiment
L'une des otages du Lindt Café de Sydney curant vers les agents de police postés autour du bâtiment Crédit : SAEED KHAN / AFP
Nicolas Marischaël avec sa famille dans son atelier-boutique
La rédaction numérique de RTL
et AFP

Depuis une heure du matin (heure française) ce lundi 15 décembre, une prise d'otage est en cours dans un café du centre de Sydney. Entre vingt et trente personnes, selon les témoins, sont actuellement retenues par un homme armé dans le Lindt Chocolat Cafe de Martin Place, un square situé dans le quartier des affaires de la ville du sud-est de l'Australie. On ignore pour l'heure s'il s'agit d'une action terroriste organisée ou isolée.

Des images des télévisions ont montré un drapeau noir avec une inscription en caractères arabes plaqué par des otages contre une fenêtre de l'établissement. Il semblerait qu'il s'agisse de la shahada, ou profession de foi musulmane : "Il n'y a de Dieu qu'Allah et Mahomet est son prophète". Peu de temps après le signalement de la prise d'otages, la police est intervenue à l'Opéra de Sydney qui a été évacué à la suite d'une alerte au colis suspect. Aucun lien n'a été établi entre les deux événements pour l'instant.

Cinq otages sont sortis du café

Peu après 7 heures (heure française), ce lundi matin, cinq otages ont été libérés. Dans un premier temps, trois hommes sont sortis du café où avait commencé six heures plus tôt la prise d'otages, le Lindt Chocolate Cafe, à Martin Place, place piétonne située dans le centre des affaires de Sydney, a indiqué la police. Peu de temps après, deux femmes sont également sorties de l'établissement en courant. On ne sait pas encore s'ils ont été libérés ou s'ils ont réussi à s'enfuir. La chaîne télévisée Nine News Sydney affirme qu'un otage aurait été emmené à l'hôpital Saint-Vincent de Sydney.

Le preneur d'otages évoque 4 bombes dans Sydney

Selon la chaîne de télévision Channel Ten, qui a pu échanger avec deux otages retenus à l'intérieur du café, le preneur d'otages a demandé à parler au Premier ministre australien. Il a également demandé qu'on lui apporte un drapeau de l'État islamique et affirmé que quatre bombes ont été posées en divers endroits de la ville. La police n'a pas confirmé ces informations. Les deux personnes "disent qu'il y a quatre bombes, deux au Lindt Cafe et deux autres ailleurs dans le quartier d'affaires de Sydney", a ajouté la télévision

Qui est le preneur d'otages ?

À lire aussi
Un crocodile, sur l'île d'Hilton-Head, en Caroline du Sud (États-Unis). faits divers
Australie : un crocodile mord un plongeur au cou et à la tête

Selon plusieurs médias australiens, le preneur d'otages a été identifié par la police. Les forces de l'ordre ont demandé aux médias de ne pas communiquer sur son identité pour l'instant. L'homme est connu des services de police. Selon plusieurs experts, il s'agirait d'une action isolée menée par un loup solitaire.

Un journaliste de 7News a donné les premiers éléments de portrait du preneur d'otages. Il s'agirait d'un homme barbu à la peau claire, vêtu d'une chemise blanche, d'une capuche noire. Il serait muni d'un fusil à pompe.

Uber sous le feu des critiques

En pleine prise d'otage à Sydney, en Australie, le service de VTC Uber a augmenté jusqu'à 4 fois ses prix pour une course à l'intérieur de la ville, en ce moment bouclée. De nombreux utilisateurs ont en effet posté sur les réseaux sociaux que leur course pour sortir de la zone bouclée leur était facturée entre 100 et 180 dollars australiens (soit entre 65 et 120 euros).

Suite à de nombreuses plaintes sur les réseaux sociaux, Uber a changé de stratégie et a décidé de rentre toutes les courses à l'intérieur de la zone bouclée gratuites pour les passagers. Dans le reste de la ville, "de plus hauts prix sont encore en vigueur pour encourager les chauffeurs à entrer dans la zone bouclée". Le service de VTC est actuellement en train de rembourser les clients qui ont quand même dû payer leur trajet à l'heure de la prise d'otage.

L'Australie fait partie de la coalition des pays engagés contre l'EI

En septembre, l'Australie, engagée aux côtés des Etats-Unis dans la lutte contre l'organisation Etat islamique (EI), avait relevé son niveau d'alerte face à la menace terroriste représentée par les combattants jihadistes australiens de retour d'Irak et de Syrie.

Des témoins ont dit avoir entendu de fortes détonations qui ressemblaient à des coups de feu. Le nombre de personnes retenues en otages n'était pas connu. Selon les médias, entre dix et 50 personnes se trouvaient dans le café. Plusieurs ont été vues avec les mains en l'air. La police "traite un incident armé et des officiers spécialisés tentent de prendre contact avec les gens qui se trouvent à l'intérieur du café", a déclaré dans un communiqué la police de l'Etat de Nouvelle-Galles du Sud, dont Sydney est la capitale.

Réunion du comité de sécurité nationale

Patrick Byrne, un producteur de la chaîne de télévision Channel Seven, dont la rédaction se trouve en face du café, a indiqué que le personnel de la chaîne avait vu la prise d'otages se dérouler sous ses yeux. "Nous nous sommes précipités à la fenêtre et nous avons eu la vision choquante et glaçante de personnes plaçant leurs mains levées contre les vitres du café", a-t-il dit à l'Australian Broadcasting Corporation.

Martin Place est le centre financier de Sydney et de nombreuses administrations, dont les bureaux du Premier ministre de l'Etat de Nouvelle-Galles du Sud, Mike Baird, et le siège de la banque centrale. Le Premier ministre australien Tony Abbott a aussitôt convoqué le Comité de sécurité nationale réunissant les membres de son gouvernement et des conseillers chargés des questions de sécurité afin de faire face à la situation.

Motivations inconnues

Il a laissé entendre qu'un seul preneur d'otages était à l'oeuvre. "Nous ne connaissons pas les motivations de l'auteur, nous ne savons pas s'il agit pour des motifs politiques mais de toute évidence, il existe des éléments allant dans ce sens", a-t-il déclaré à la presse.

Je demande aux Australiens de vaquer à leurs occupations habituelles

Tony Abbott
Partager la citation

"Le but de la violence politique, c'est de faire peur aux gens pour qu'ils ne soient plus eux-mêmes. L'Australie est une société pacifique, ouverte et généreuse. Rien ne doit changer cela et c'est pour cela que je demande aux Australiens de vaquer à leurs occupations habituelles", a lancé Abbott.

Plus de 70 Australiens combattent dans les rangs jihadistes

Peu avant l'annonce de la prise d'otages, la police avait annoncé l'arrestation d'un homme à Sydney dans le cadre d'une enquête sur la préparation d'attentats en Australie. Le suspect, âgé de 25 ans, a été interpellé dans le cadre "d'investigations en cours sur la préparation d'un attentat sur le territoire australien et l'aide au voyage de citoyens australiens vers la Syrie pour participer à des activités armées", selon un communiqué de la police.

D'après les estimations, plus de 70 Australiens combattent actuellement dans les rangs jihadistes en Irak et en Syrie. Au moins 20 Australiens y ont été tués et les autorités craignent que de plus en plus de jeunes Australiens se radicalisent et commettent des attentats sur le territoire australien. Fin octobre, l'Australie a durci sa législation anti-terroriste en interdisant en particulier tout voyage sans raison valable vers des pays considérés comme des foyers du terrorisme international. Les contrevenants encourent jusqu'à 10 ans de prison.

La police lance l'assaut

Alors que six otages ont fui le café Lindt vers 16h20, la police a décidé de lancer l'assaut. Plusieurs coups de feu ont été entendus alors qu'au moins deux personnes ont été évacuées sur des brancards.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Australie Faits divers Océanie
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants