3 min de lecture Attentats en Catalogne

Attentats en Espagne : Alcanar, la ville au cœur de l'enquête ?

ÉCLAIRAGE - Pour les enquêteurs, les terroristes prévoyaient à l'origine des attentats de plus grande ampleur, mais l'explosion à Alcanar, où ils préparaient leurs bombes, a précipité les attaques de Barcelone et Cambrils.

Une vingtaine de bonbonnes de gaz ont été retrouvées à Alcanar, où une explosion a fait un mort, la veille des attentats en Catalogne
Une vingtaine de bonbonnes de gaz ont été retrouvées à Alcanar, où une explosion a fait un mort, la veille des attentats en Catalogne Crédit : JOSE JORDAN / AFP
Eleanor Douet
Eléanor Douet
et AFP

Le 16 août, ce n'était qu'un simple fait divers, mais après les attentats qui ont fait 14 morts à Barcelone et Cambrils jeudi 17 août, l'explosion d'une maison à Alcanar, commune située à 200 kilomètres au sud de la capitale catalane, a pris une toute autre dimension.

Si dans un premier temps, les secours avaient conclu à une simple fuite de butane, Josep Lluís Trapero, le chef des Mossos d’Esquadra, la police catalane, a déclaré jeudi soir que l’explosion serait due "à la préparation d'un engin explosif" et que les liens entre cette explosion et les attentats "laissent peu de doutes".

La police catalane estime ainsi qu'"une seule cellule terroriste" est à l'origine des attaques. "Nous travaillons sur une hypothèse : l'attentat aurait été préparé longtemps à l'avance, pendant plusieurs semaines, depuis le logement d'Alcanar et par plusieurs individus", a déclaré le porte-parole de la police catalane.

Les terroristes pris de court ?

Retour deux jours plus tôt. Dans la nuit de mercredi à jeudi, une violente explosion souffle une maison occupée depuis quelques mois seulement. Un homme est retrouvé mort et sept personnes sont blessées. La découverte d'une vingtaine de bonbonnes de gaz conduit les enquêteurs sur la piste d'une explosion liée à une fuite de butane.

À lire aussi
Les familles de victimes se recueillent sur la mosaïque de Miro, sur les Ramblas de Barcelone, vendredi 17 août 2018, un an après les attentats en Catalogne Attentats en Catalogne
Attentats en Catalogne : un an après, Barcelone pleure ses victimes

Mais l'attentat de Barcelone, puis celui de Cambrils, engagent les autorités sur une nouvelle piste. Rapidement, les enquêteurs acquièrent la certitude que les deux affaires sont liées. Les attaques en Catalogne auraient peut-être même remplacé des attentats "de plus grande envergure", selon le porte-parole de la police catalane. Pour la police, les assaillants qui auraient perdu les composants nécessaires à la fabrication d'engins explosifs dans l'explosion d'Alcanar auraient changé leur plan initial. "L'explosion aurait pu les empêcher d'utiliser tout le matériel dont ils disposaient. Désespérés, ces individus se seraient précipités pour passer à l'action à Barcelone et Cambrils", a noté le porte-parole.

Les attentats de Barcelone et Cambrils auraient donc été conduits de "manière plus rudimentaire, sans être "de l'amplitude espérée" par les jihadistes, estime la police. Cette piste est prise très au sérieux par les autorités espagnoles. Selon le quotidien Vanguardia, qui cite des sources policières, l’explosion "aurait précipité la décision d’attaquer à Barcelone. Il semblerait que leur première intention était de placer les bonbonnes dans la fourgonnette et de la faire éclater à Barcelone."

Une cellule d'une douzaine de personnes

L'enquête sur les deux attentats a donc pris un virage important ce vendredi 18 août alors que la police est dorénavant sur la piste d'une véritable cellule. Elle pourrait avoir été impliquée dans les attaques menées à Barcelone puis à Cambrils.

Au total, une douzaine de personnes pourrait être impliquées. Quatre ont été arrêtées jeudi et vendredi, et un est en fuite. Cinq autres ont été abattus dans la nuit de jeudi vendredi à Cambrils alors qu'ils menaient l'attaque. Parmi les assaillants tués figurent trois jeunes Marocains vivant depuis leur enfance en Espagne : Moussa Oukabir, Saïd Aallaa et Mohamed Hychami, respectivement âgés de 17, 18 et 24 ans et tous habitants de Ripoll, une ville de quelque 10.000 habitants non loin des Pyrénées.

Trois autres personnes également impliquées sont identifiées, mais n'ont pas été interpellées. Deux d'entre elles pourraient avoir péri dans l'explosion à Alcanar, où le groupe tentait peut-être de confectionner des engins explosifs. 

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Attentats en Catalogne Terrorisme Espagne
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants