3 min de lecture Attentat à Berlin

Attentat de Berlin : le Tunisien Anis Amri recherché, ses empreintes retrouvées dans le camion

La police allemande recherche toujours activement Anis Amri, un ressortissant tunisien de 24 ans identifié par le parquet anti-terroriste comme le principal suspect dans l'attentat sur le marché de Noël de Berlin.

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Selon les médias, la police allemande serait à la recherche d'un Tunisien Crédit Image : HANDOUT / POLICE JUDICIAIRE / AFP | Crédit Média : Blandine Milcent | Durée : | Date :
Julien Absalon
Julien Absalon
et Anne-Sophie Blot

La police allemande a un nouveau suspect pour l'attentat au camion-bélier sur un marché de Noël de Berlin faisant douze morts. Après la libération d'un premier homme interpellé quelques heures après le drame, les autorités recherchent désormais un ressortissant tunisien identifié comme étant Anis Amri (24 ans). L'information a été annoncée par le parquet antiterroriste allemand, mercredi 21 décembre en fin d'après-midi. "Il s'agit d'un individu classé dangereux, que les services de sécurité connaissaient et qui appartenait à la scène islamiste-salafiste", selon un spécialiste des questions de sécurité qui s'exprimait au côté du ministre allemand de l'Intérieur.

Selon les médias allemands, tels que le le magazine Spiegell'identification du Tunisien a pu être effectuée grâce à la découverte d'un document d'identité sous le siège conducteur du camion. Et l'étau se resserre désormais sur Anis Amri : les empreintes digitales du suspect ont été retrouvés dans le camion.

Une récompense de 100.000 euros

Une récompense de 100.000 euros est offerte pour la communication aux autorités allemandes d'informations déterminantes permettant de retrouver cet homme né à Ghaza (Tunisie), mesurant 1m78 et pesant 75 kg environ. Il peut être violent et armé, met en garde le parquet fédral. Un avis de recherche a été lancé pour l'Allemagne mais aussi pour l'espace Schengen, c'est-à-dire en Europe.

En parallèle, la police tunisienne a interrogé des membres de sa famille en Tunisie, selon une source sécuritaire. "Quand j'ai vu la photo de mon frère dans les médias, je n'en ai pas cru mes yeux (...) Je ne peux croire que c'est lui qui a commis ce crime", a réagi son frère, Abdelkader Amri. Mais "s'il s'avère qu'il est coupable, il mérite alors toutes les condamnations. Nous rejetons le terrorisme et les terroristes et nous n'avons aucune relation avec les terroristes". 

Déjà incarcéré en Italie

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L'homme est également connu pour avoir six identités différentes. Un ministre régional allemand de l'Intérieur, Ralf Jäger, a révélé que le suspect avait été débouté en juin de sa demande d'asile en Allemagne et qu'il faisait déjà l'objet d'une enquête pour soupçon de préparation d'attentat avant la tuerie de Berlin. Avant d'arriver en Allemagne, Amri avait aussi purgé quatre ans de prison en Italie pour un incendie dans une école, affirment des médias italiens. Selon ces médias, il serait arrivé en Italie en 2011 et se serait lui-même déclaré comme mineur non accompagné. 
Il était soupçonné de vouloir commettre un braquage pour acheter des "armes automatiques et probablement ensuite, avec l'aide de complices qu'il cherchait, de commettre un attentat", a révélé la justice berlinoise dans la soirée. Le suspect aurait été aussi en contact avec des recruteurs présumés de l'EI en Allemagne, selon la presse. Le parquet de Berlin, qui a récupéré l'enquête à son sujet en mars, s'est défendu face à la controverse naissante sur l'inefficacité de la justice en expliquant l'avoir surveillé de près. Mais en dehors d'une activité de "petit trafiquant de drogue" et une bagarre dans un bar, aucun élément justifiant son arrestation n'a été trouvé. Le dossier a été classé en septembre.

Dans le même temps, son expulsion n'a pu aboutir en raison d'un conflit administratif entre Tunis et Berlin. Selon les autorités allemandes, la Tunisie a refusé depuis juin de le reprendre, contestant qu'il soit l'un de ses ressortissants. Tunis n'a fini par le reconnaître, hasard de calendrier, que ce mercredi. La Tunisie est l'un des plus gros fournisseurs de combattants étrangers aux mouvements jihadistes: 5.500 Tunisiens sont partis combattre en Syrie, en Irak ou en Libye. 

L'avis de recherche en français lancé pour la capture d'Anis Amri, suspect principal de l'attentat de Berlin
L'avis de recherche en français lancé pour la capture d'Anis Amri, suspect principal de l'attentat de Berlin Crédit : HANDOUT / POLICE JUDICIAIRE / AFP

Sécurité renforcée à Berlin

Selon Bild, l'auteur présumé de l'attaque aurait été blessé au moment de passer à l'acte. Le chauffeur routier polonais, retrouvé mort dans la cabine, a sans doute cherché à éviter cette attaque. Un enquêteur cité par le quotidien, il était encore en vie lorsque le camion est arrivé sur la place. Il portait des traces de coups de couteau sur le corps. La police a indiqué examiner plus de 500 indices (traces ADN, vidéo-surveillance, témoignages).

Le chef du parquet fédéral antiterroriste affirmant auparavant ne pas savoir "de façon définitive" si les autorités devaient rechercher "un ou plusieurs auteurs". La police ne sait pas non plus si l'auteur de l'attentat a reçu l'aide de complices.

Berlin a d'ores et déjà renforcé ses mesures de sécurité et le maire de la ville a demandé à ses concitoyens d'être vigilants. On leur demande aussi de fournir aux autorités toutes les photos ou vidéos qu'ils auraient pu tourner sur ce marché de Noël au moment du drame.

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