2 min de lecture Terrorisme

Fusillade à Las Vegas : la revendication de Daesh suscite des interrogations

ÉCLAIRAGE - L'organisation jihadiste affirme être responsable de l'attaque, ce que les autorités américaines ne confirment pas.

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Procès Merah : "J'ai l'impression qu'il nous a nargués", confie un proche de victimes Crédit Image : Ethan Miller / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP | Crédit Média : Marc-Olivier Fogiel | Durée : | Date : La page de l'émission
Julien Absalon
Julien Absalon
et La rédaction de RTL

Autrefois rarement remises en question, les revendications de Daesh sont désormais prises avec des pincettes. Quelques heures après avoir affirmé avoir un lien avec l'attaque, l'organisation terroriste a endossé la responsabilité de l'attentat à Las Vegas qui a fait plus de 50 morts dans la nuit de lundi 2 octobre.

Selon le message relayé par Amaq, l'organe de propagande de Daesh, l'auteur de l'attaque est "un soldat de l'État islamique" ayant répondu "aux appels à prendre pour cible" les pays de la coalition internationale contre les jihadistes. Les deux premiers communiqués diffusés par l'un des comptes de l'organisation terroriste sur l'application Telegram n'étayent toutefois pas cette revendication. Il a également été annoncé que l'assaillant s'était "converti à l'islam il y a quelques mois".

Un mode opératoire "incompatible"

L'individu, Stephen Craig Paddock, ne correspond pourtant pas au profil habituel des terroristes de Daesh. Cet Américain blanc de 64 ans était originaire de Mesquite, petite ville d'environ 18.000 habitants, située à quelque 120 kilomètres au nord-est de Las Vegas dans le Nevada, à la frontière avec l'Arizona. "On a très peu d'éléments permettant d'établir les motivations et le parcours de l'individu", souligne Jean-Charles Brisard, spécialiste des questions liées au terrorisme, au micro de RTL.

Aussi, les autorités américains se montrent tout aussi prudentes. Donald Trump, dans une allocution tenue quelques heures après l'attaque, n'a pas mentionné l'organisation jihadiste qui avait pourtant déjà relayé sa revendication. Le FBI a même clairement fait savoir qu'il n'avait pour le moment établi "aucun lien à ce stade avec un groupe terroriste international".

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Le suicide du tireur, avant l'arrivée des forces de l'ordre dans la chambre d'hôtel où il s'était réfugié, alimente le doute. Jean-Charles Brisard explique : "C'est incompatible avec les modes opératoires classiques des jihadistes qui, généralement, tentent par tous les moyens de mourir les armes à la main". Dans la plupart des cas, ces terroristes affrontent les forces de l'ordre ou cherchent à faire le plus victimes possibles en activant leur ceinture explosive.

Des revendications hasardeuses ?

Les revendications de Daesh étaient auparavant considérées comme étant fiables. L'organisation jihadiste ne s'attribuait pas d'attentat qu'il n'avait pas commis ou qu'un de ses membres n'avait pas perpétré en son nom. La donne a toutefois récemment changé.

"Ça fait deux fois déjà, en quelques mois seulement, que l'État islamique revendique des actes avec lesquels ils n'ont manifestement aucun lien : l'attaque contre un casino à Manille, aux Philippines, et le mois dernier (le 17 septembre, ndlr) une fausse revendication concernant des explosifs qui auraient été dissimulés dans l'aéroport Charles-de-Gaulle à Paris. Il faut être extrêmement prudent concernant cette revendication".

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