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Armes chimiques en Syrie : une "ligne rouge" toujours pas dépassée selon les USA

DÉCRYPTAGE - La France a annoncé mardi 4 juin détenir des preuves de l'usage de gaz sarin en Syrie. Les États-Unis voyaient là une "ligne rouge" pouvant déclencher une intervention. Ils jouent la prudence.

Dans la banlieue de Damas, le 25 mai 2013.
Dans la banlieue de Damas, le 25 mai 2013. Crédit : HO - Shaam News Network - AFP
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Faut-il intervenir ou non en Syrie ? Pour plusieurs nations occidentales, les Etats-Unis en tête, l'usage d'armes chimiques par le régime était considérée comme la "ligne rouge" à ne pas franchir. Pourtant, depuis plusieurs mois, les éléments de preuve s'accumulent contre Bachar el-Assad, sans que la communauté internationale ne se décide à agir sur le terrain.

Le Monde a ainsi publié il y a quelques jours le récit de deux de ses journalistes qui ont constaté à Damas les effets de ces armes sur les rebelles. Mardi, la France a confirmé détenir la preuve de l'usage du gaz sarin, interdit par la Convention sur l'interdiction des armes chimiques.

Quelles sont aujourd'hui les positions des nations occidentales après cette révélation ?

La France : "Nous n'avons aucun doute"

Sur les armes. Le ministère des Affaires étrangères a réalisé des analyses sur des échantillons en possession de Paris. Résultats : "Il y a du gaz sarin", a confirmé Laurent Fabius, invité mardi soir sur France 2. "Il ne fait aucun doute que c'est le régime et ses complices", a ajouté le chef du Quai d'Orsay.

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Et maintenant ? La France a remis les résultats à la Commission de l'ONU chargée d'enquêter sur l'utilisation des armes chimiques en Syrie. "Nous demandons (...) qu'elle puisse pénétrer en Syrie comme elle le demande", a réclamé Laurent Fabius. Indispensable car, reconnaît-on à Paris, une preuve "irréfutable" pour les Nations Unies est une preuve recueillie sur le terrain par un enquêteur onusien.

Laurent Fabius considère cependant qu'une "ligne est franchie incontestablement" et explique discuter avec ses partenaires, à savoir le Royaume-Uni et les Etats-Unis, des suites à donner à cette découverte. Pas question de parler d'intervention tout de suite. "Ou bien on décide de ne pas réagir", explique Laurent Fabius, "ou on réagit, y compris d'une façon armée là où est stocké le gaz".

Le Royaume-Uni : des informations "limitées mais convaincantes"

Sur les armes. Peu de temps après la France, le Royaume-Uni a lui aussi affirmé disposer d'informations "limitées mais convaincantes". "Nous avons obtenu des échantillons physiologiques de Syrie qui ont été testés" en Angleterre, et "les substances obtenues en Syrie ont révélé la présence de gaz sarin", a déclaré mercredi un porte-parole du gouvernement britannique. A l'origine : "très probablement" le régime.

Et maintenant ? Comme Paris, Londres demande au président Bachar el-Assad de laisser les enquêteurs de l'ONU accéder "sans restriction" au pays. "Assad a constitué des stocks d'armes (chimiques), a formé des unités militaires à leur utilisation, et continue de contrôler ces unités. Il lui revient donc la responsabilité urgente de mettre un terme à leur utilisation (...) et de permettre une enquête complète et sans entraves".

Les Etats-Unis : "Il nous faut enquêter davantage"

Sur les armes. Les États-Unis sont les plus prudents dans le dossier. Dans une lettre adressée le 25 avril dernier à plusieurs sénateurs influents, la Maison Blanche indique que "la communauté du renseignement a conclu avec différents degrés de certitude que le régime de Bachar el-Assad avait eu recours à de telles armes". "Pas suffisant" pour dépasser la fameuse "ligne rouge" théorisée par Barack Obama.

Et maintenant? La Maison Blanche a réagi mardi aux accusations de Paris, considérant que davantage de preuves étaient nécessaires. "Il nous faut enquêter davantage (...). Davantage de travail reste nécessaire pour établir qui est responsable de l'utilisation (de gaz), quelles quantités ont été utilisées, et recueillir davantage de détails sur les circonstances de leur utilisation", a jugé le porte-parole de Barack Obama, Jay Carney. Pas d'intervention au programme pour l'instant.

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