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Argentine : ce que l'on sait du San Juan, le sous-marin qui a disparu

Le submersible dont on est sans nouvelle depuis le 15 novembre avait signalé mercredi une avarie lors de sa dernière communication. La thèse de l'explosion semble privilégiée.

Le sous-marin argentin San Juan (à gauche) en juin 2014
Le sous-marin argentin San Juan (à gauche) en juin 2014 Crédit : ARGENTINA'S DEFENSE MINISTRY / AFP
Sarah Ugolini
Sarah Ugolini
et AFP

Qu'est-il advenu des 44 membres du San Juan, le submersible argentin porté disparu depuis mercredi 15 novembre ? Fabriqué en Allemagne en 1983, il est entré en service en 1985 dans la marine argentine, qui explique qu'il était "totalement opérationnel". Le submersible de 65 mètres de long était principalement utilisé pour des exercices et des missions de surveillance visant à faire respecter les zones de pêche de l'Argentine dans l'Atlantique Sud, où de nombreux navires étrangers s'aventurent illégalement. 

Lundi 20 novembre, quatre jours après sa disparition, des bruits sous-marins étaient détectés par le sonar de deux navires participant aux recherches. Ces empreintes sonores, dont l'analyse devrait prendre quelques heures, "ont été enregistrées à 360 km (des côtes argentines) où la profondeur moyenne est de 200 mètres", a déclaré le capitaine Enrique Balbi, lors d'une conférence de presse à Buenos Aires. Après avoir craint pour la capacité de renouveler l'air à l'intérieur du submersible, la thèse de l'explosion est désormais la seule piste envisagée, même si elle n'a pas pu être constatée, car le San Juan n'a pas encore été localisé. 


"Les stations hydroacoustiques HA10 (île de l'Ascension) et HA04 (Crozet) ont détecté le signal d'un événement impulsif sous-marin survenu le 15 novembre à 13h51 GMT, à proximité de la dernière position connue du San Juan", dit un communiqué de l'Organisation du Traité d'interdiction complète des essais nucléaires (Otice). L'explosion explique l'absence d'activation de la balise de détresse et la rupture totale des communications. 

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Le San Juan victime d'une panne de batterie ?

Le commandant du sous-marin, le capitaine de frégate Pedro Martin Fernandez, avait signalé à sa base une avarie, une panne de batterie. Dans une communication postérieure, le 15 novembre au matin, il indiquait mettre le cap sur la base de Mar del Plata, où il comptait arriver le 19 ou le 20, malgré l'avarie. 

Un sous-marin de ce type est généralement équipé de quatre batteries de 50 tonnes chacune. Elles contiennent du plomb et de l'acide sulfurique. "Il faut faire très attention avec les batteries. En cas de problème, les batteries dégagent de l'hydrogène, au-delà d'un certain pourcentage d'oxygène, l'hydrogène devient explosif. 

En cas d'explosion, tout est perdu sur un sous-marin", selon un ancien sous-marinier sud-américain sous couvert d'anonymat. 

Les recherches continuent, les secours s'organisent

Après avoir sillonné une zone de 500.000 km², les navires et avions se concentrent désormais sur la zone autour du point d'explosion communiqué par l'Otice, une organisation basée à Vienne, à l'affût des explosions d'origine nucléaire dans le monde (même si ce n'est pas le cas pour le San Juan). Dans cette région, la profondeur des eaux océaniques est de 200 à 350 mètres. 

"Si on dispose d'une position, il peut être trouvé. Si l'explosion l'a envoyé vers le fond, ils peuvent le localiser et l'atteindre, cela dépend de la profondeur". La femme d'un marin, peut-être en état de choc, a mentionné une profondeur de 3.000 mètres, qui ne correspond pas à la profondeur de la position communiquée depuis Vienne. S'il repose par 3.000 mètres de fond, il sera difficile d'atteindre le sous-marin. 


Deux navires ont quitté le port de Comodoro Rivadavia avec des militaires américains équipés de matériel de sauvetage : des petits sous-marins télécommandés et des capsules susceptibles de remonter à la surface les 44 marins argentins ou leurs corps. La Russie a envoyé jeudi le Yantar, qui était jusqu'à présent au large de la côte ouest de l'Afrique, un navire océanographique disposant d'équipements permettant d'"effectuer des recherches à une profondeur allant jusqu'à 6.000 mètres" grâce notamment à deux sous-marins miniatures. 

L'inquiétude augmente pour les proches des marins

Ces révélations ont été durement ressenties par les proches des marins, dont une centaine sont hébergés dans la base navale de Mar del Plata. "Ils ont beaucoup d'espoir. Les heures passent et le niveau d'inquiétude augmente. Le meilleur tranquillisant est l'information la plus précise", a dit le psychiatre Enrique Stein, affecté à la cellule de soutien psychologique.

"On ne sait rien. Nous sommes dans l'attente, avec beaucoup d'angoisse", a confié de son côté Andrea Ali, épouse de Franco Ali, électricien à bord du San Juan. Lundi 20 novembre, le président argentin s'est rendu auprès des familles pour les soutenir et participer à une prière.

Une survie de sept jours en totale immersion

Dix avions survolent également la zone autour de la dernière position communiquée mercredi par le San Juan, à 430 kilomètres des côtes de la Patagonie et de la péninsule de Valdés. La marine américaine a également envoyé quatre petits sous-marins sans pilote et une équipe de militaires spécialisés dans leur maniement. On ne sait pas si le submersible de 65 mètres est à la surface et s'il est à la dérive.

Aucune information sur le fait qu'il soit encore motorisé ou simplement privé de moyens de communication. Impossible de dire s'il est encore en immersion, ou s'il a sombré dans les abysses. En immersion complète, "sans renouvellement de l'air, la survie est de 7 jours", selon le capitaine Balbi. Le sous-marin aurait dû regagner Mar del Plata dimanche ou lundi.   

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Le submersible dont on est sans nouvelle depuis le 15 novembre avait signalé mercredi une avarie lors de sa dernière communication. La thèse de l'explosion semble privilégiée.
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2017-11-21 00:36:00
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