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Algérie : les "voix critiques réduites au silence" avant la présidentielle, selon Amnesty

Les élections présidentielles en Algérie se déroulent dans un contexte de répression, estime Amnesty International.

La police algérienne interpelle un manifestant opposé à la candidature d'Abdelaziz Bouteflika, le 1er mars à Alger (archives).
La police algérienne interpelle un manifestant opposé à la candidature d'Abdelaziz Bouteflika, le 1er mars à Alger (archives).
Crédit : AFP / FAROUK BATICHE
AFP

Amnesty International a accusé ce lundi les autorités algériennes d'avoir fait taire les voix critiques et limité la liberté d'expression à l'approche de l'élection présidentielle prévue jeudi.

Contestation écrasée

Le président Abdelaziz Bouteflika, 77 ans dont 15 à la tête de l'Algérie, apparaît comme le favori de ce scrutin malgré ses ennuis de santé qui l'ont empêché de mener lui-même campagne. "L'accumulation des atteintes à la liberté d'expression à l'approche de l'élection à venir en Algérie souligne les dérangeantes lacunes du pays en matière de droits de l'Homme", a indiqué l'ONG, basée à Londres, dans un communiqué.

La volonté de "faire taire les voix critiques et d'écraser la contestation sociale figure en tête des inquiétudes", a ajouté Amnesty. "Avec l'élection à venir, (les autorités algériennes) ont accru la répression et montré qu'elles ne toléraient la critique publique à aucun niveau", a affirmé dans un communiqué Nicola Duckworth, directrice générale chargée des recherches à Amnesty.

Doutes sur le scrutin, selon Amnesty

"Le manque de débat ouvert et les limites posées au droit de critiquer ou de protester pour exprimer des doléances sociales ou des demandes politiques jettent le doute" sur le scrutin, a estimé Amnesty.

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L'Algérie, qui a connu une guerre civile meurtrière dans les années 1990, a levé l'état d'urgence en 2011, "mais des restrictions sont toujours imposées à la liberté d'expression, d'association et d'assemblée", a-t-elle ajouté.

Evoquant "les troubles économiques et sociaux alimentés par la corruption, l'augmentation du coût de la vie, un taux de chômage important et le manque d'accès au logement", l'organisation indique que les autorités ont "répondu aux protestations en les dispersant par la force, en harcelant et en arrêtant des manifestants et militants syndicalistes".

Journalistes pris pour cibles

"Les autorités continuent de prendre pour cible les Algériens, notamment les journalistes, qui s'écartent du discours officiel pro-Bouteflika", a poursuivi Amnesty. L'épouse d'un journaliste ayant couvert des manifestations de l'opposition a "été attaquée par trois individus en civil, vraisemblablement des membres des forces de sécurité", a dit Amnesty.

"Ils lui auraient demandé sous la menace des armes que son époux cesse de critiquer les autorités sur Facebook, avant de jeter sur elle de l'eau chaude", a affirmé l'organisation sans citer de nom. Amnesty fait également référence à la fermeture le mois dernier d'une chaîne privée de télévision, Al-Atlas TV, perquisitionnée par les forces de sécurité après avoir critiqué les autorités dans ses émissions. 

"Attaquer une chaîne privée de télévision simplement parce qu'elle a osé diffuser un point de vue différent est une attaque répréhensible contre la liberté d'expression", souligne Duckworth.

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